Dr. Seuss raciste? Des livres retirés, la droite américaine dénonce la «cancel culture»

« Ces livres représentent des personnages de manière inappropriée et blessante », a expliqué mardi Dr. Seuss Enterprises, l'organisation qui gère le patrimoine de l'auteur (Photo, AFP).
« Ces livres représentent des personnages de manière inappropriée et blessante », a expliqué mardi Dr. Seuss Enterprises, l'organisation qui gère le patrimoine de l'auteur (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Mercredi 03 mars 2021

Dr. Seuss raciste? Des livres retirés, la droite américaine dénonce la «cancel culture»

  • Parmi les titres écartés de la liste figurent «And To Think That I Saw it on Mulberry Street», qui présente notamment un «garçon chinois», portant un bol et des baguettes
  • Les livres de Dr. Seuss se sont vendus à plus de 600 millions d'exemplaires et l'univers qu'il a inventé a fréquemment été adapté au cinéma

NEW YORK: La mise à l'index de six albums du populaire auteur pour enfants Dr. Seuss pour leurs stéréotypes raciaux a déclenché une polémique aux Etats-Unis, des conservateurs dénonçant un nouvel exemple de la « cancel culture ».

Parmi les titres écartés de la liste figurent « And To Think That I Saw it on Mulberry Street », qui présente notamment un « garçon chinois », portant un bol et des baguettes.

Dans « If I Ran the Zoo », des personnages aux longues moustaches apparaissent dans ce qui ressemble à une tenue traditionnelle chinoise.

« Ces livres représentent des personnages de manière inappropriée et blessante », a expliqué mardi Dr. Seuss Enterprises, l'organisation qui gère le patrimoine de l'auteur, révélant que la décision du retrait a été prise l'an dernier, en accord avec l'éditeur, Penguin Random House.

« Retirer ces ouvrages de la vente n'est qu'un des aspects de notre engagement et de notre plan pour s'assurer que le catalogue de Dr. Seuss Enterprises représente et soutienne toutes les communautés et les familles », a ajouté le groupe dans un communiqué publié mardi.

Plusieurs personnalités conservatrices ont immédiatement dénoncé une forme de censure au nom du politiquement correct. 

Ils y voient un nouvel exemple de la « cancel culture » (culture de l'annulation), qui vise à ternir l'image ou perturber l'activité d'une personnalité ou d'une entreprise pour la contraindre à retirer des déclarations, des images ou des produits jugés offensifs ou discriminants, à s'excuser, voire à se retirer de la vie publique.

« Quand l'histoire examinera cette période, elle sera considérée comme un exemple de purge socio-politique dépravée, poussée par l'hystérie et la folie », a tweeté le sénateur républicain de Floride, Marco Rubio.

Plusieurs observateurs ont relevé que le président américain Joe Biden n'avait pas mentionné Dr. Seuss dans un communiqué célébrant la journée Read Across America, du nom d'un programme de promotion de la lecture chez les jeunes, à la différence de ses prédécesseurs Donald Trump et Barack Obama.

Interrogée mardi lors de son point de presse quotidien, la porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki a renvoyé les journalistes vers le ministère de l'Education.

Les ventes décollent

Theodor Seuss Geisel (1904-1991), plus connu sous le nom de Dr. Seuss, est devenu à partir des années 1930 l'une des références les plus marquantes de la littérature pour enfants aux Etats-Unis, et ses créations se sont exportées dans de nombreux pays du monde.

Les livres de Dr. Seuss se sont vendus à plus de 600 millions d'exemplaires et l'univers qu'il a inventé a fréquemment été adapté au cinéma, avec notamment « Le Grinch » (deux films), « Le Lorax », ou encore « Horton ».

L'univers de Dr. Seuss a souvent été critiqué par le passé en ce qu'il véhiculait, selon plusieurs observateurs, des clichés sur différentes communautés ethniques, et a même été accusé de promouvoir le suprémacisme blanc.

Une étude publiée en 2019 par l'association Conscious Kid, qui promeut l'égalité au sein de la jeunesse, mettait en avant l'utilisation de caricatures pour des personnages chinois, japonais, ou du Moyen-Orient.

Elle montrait également que les deux seuls personnages noirs aperçus dans les albums de Dr. Seuss étaient dépeints avec seulement un pagne, transportant des animaux sauvages.

L'étude présentait aussi les animaux de Dr. Seuss comme un vecteur de représentation raciale stéréotypée, en premier lieu le chat du « Chat Chapeauté », l'un des plus célèbres livres de l'auteur.

Selon plusieurs publications, le chat aurait été inspiré par la culture « blackface », représentation caricaturale de personnes noires par des acteurs blancs grimés.

L'oeuvre de Theodor Geisel et l'homme lui-même sont complexes. Durant la Seconde Guerre mondiale, l'illustrateur a réalisé plus de 400 dessins politiques pour le quotidien new-yorkais PM, la plupart critiquant l'isolationnisme américain et s'attaquant à Adolf Hitler, Benito Mussolini ou Joseph Staline.

Plusieurs auteurs de bande dessinée jeunesse nés avant-guerre ont été critiqués pour leur manière d'aborder les minorités, notamment le Belge Hergé et son « Tintin au Congo ».

Depuis les années 1980 et 1990, les représentations ont évolué et évitent le plus souvent désormais clichés et caricatures.

La polémique a fait donner un coup d'accélérateur aux albums de Dr. Seuss, qui occupaient, mardi en fin de journée, 14 des 20 premières places des ventes sur le site de commerce en ligne Amazon.

Sur eBay, des exemplaires anciens de « If I Ran the Zoo » se négociaient jusqu'à 1 300 dollars l'unité.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
Short Url
  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
Short Url
  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Short Url
  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".