Birmanie: nouvelles sanctions contre la junte, les manifestations se poursuivent

Le personnel médical et les étudiants brandissent le salut à trois doigts lors d'une manifestation contre le coup d'État militaire à Rangoun le 5 mars 2021. STR / AFP
Le personnel médical et les étudiants brandissent le salut à trois doigts lors d'une manifestation contre le coup d'État militaire à Rangoun le 5 mars 2021. STR / AFP
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Publié le Vendredi 05 mars 2021

Birmanie: nouvelles sanctions contre la junte, les manifestations se poursuivent

  • La pression internationale s'intensifie sur la junte birmane, toujours sourde aux critiques face à l'escalade de sa répression contre les manifestants pro-démocratie encore dans la rue ce vendredi
  • Le rapporteur spécial des Nations unies recommande au Conseil de sécurité, qui se réunit vendredi à huis clos pour discuter de la situation dans ce pays, de lui "imposer un embargo mondial sur les armes"

RANGOUN : Appel à un embargo mondial sur les livraisons d'armes, réunion à huis clos du Conseil de sécurité de l'ONU, nouvelles sanctions américaines: la pression internationale s'intensifie sur la junte birmane, toujours sourde aux critiques face à l'escalade de sa répression contre les manifestants pro-démocratie encore dans la rue ce vendredi.

Au moins 38 personnes, d'après les Nations unies - plus lourd bilan depuis le putsch du 1er février - ont été tuées mercredi par les forces de sécurité, qui ont tiré à balles réelles sur des rassemblements de contestataires, suscitant de nouvelles protestations internationales.

Dans un rapport rendu public jeudi, Thomas Andrews, un expert indépendant mandaté par l'ONU, souligne que "même si l'avenir de la Birmanie est déterminé par son peuple, la communauté internationale doit agir de manière urgente et décisive pour le soutenir".

Le rapporteur spécial des Nations unies recommande en conséquence au Conseil de sécurité, qui se réunit vendredi à huis clos pour discuter de la situation dans ce pays, de lui "imposer un embargo mondial sur les armes", comme le font déjà, selon lui, les Européens et le Canada, appelant en outre à "des sanctions économiques ciblées" contre les généraux birmans.

Malgré la crainte des représailles, des manifestations étaient organisées dans plusieurs villes du pays ce vendredi. A Rangoun, la capitale économique du pays, le quartier de San Chaung faisait comme les jours précédent l'objet d'un face à face pour le moment pacifique avec les forces de l'ordre, les manifestants se protégeant derrière des barricades de fortune construites avec de vieux pneus, des sacs de sable, et du fil de fer barbelé. Un groupe de plusieurs centaines d'ingénieurs manifestaient dans les rues de Mandalay, la deuxième ville de Birmanie, scandant "libérez notre leader!" et "ne servez pas l'armée, partez!".

Dans la ville moyenne de Bago, au nord-est de Rangoun, un petit groupe marchait les 3 doigts levés en signe de résistance, brandissant des panneaux sur lesquels était inscrit "nous n'acceptons pas le coup d'Etat militaire".

54 civils tués depuis le 1er février

La junte semble plus déterminée que jamais à éteindre ce vent de fronde soufflant sur la Birmanie depuis le putsch qui a renversé le gouvernement civil d'Aung San Suu Kyi.

Au moins 54 civils ont été tués depuis le coup d'Etat, selon l'ONU. Parmi eux, quatre mineurs, dont un adolescent de 14 ans, d'après l'ONG Save the Children. On compte aussi des dizaines de blessés.

L'armée a fait état pour sa part de la mort d'un policier. Sollicitée, elle n'a pas répondu aux multiples requêtes de l'AFP. "Le recours à la force meurtrière (...) montre à quel point les forces de sécurité craignent peu d'être tenues pour responsables de leurs actes", a souligné Richard Weir, de l'ONG Human Rights Watch.

Une foule très importante a participé jeudi à Mandalay (centre) aux funérailles d'une femme de 19 ans décédée la veille. "Il n'y aura pas de pardon pour vous jusqu'à la fin du monde", a scandé l'assemblée, réunie devant son cercueil entouré de fleurs. Kyal Sin est devenue un symbole: une photo où on la voit, peu de temps avant qu'elle ne soit atteinte par un tir mortel, portant un t-shirt sur lequel est écrit "Tout ira bien", est devenue virale sur les réseaux sociaux. Une enquête pour déterminer les causes exactes de sa mort a été ouverte, a affirmé vendredi le Global New Light of Myanmar, l'organe officiel du régime.

Sanctions américaines

Les Etats-Unis ont annoncé jeudi de nouvelles sanctions commerciales contre la Birmanie: le ministère américain du Commerce a précisé avoir imposé de "nouvelles restrictions aux exportations" vers le pays et avoir inscrit sur sa liste noire les ministères birmans de la Défense et de l'Intérieur, "responsables du coup d'Etat", ainsi que "deux entités commerciales détenues et gérées par le ministère de la Défense".

Ces mesures s'ajoutent aux sanctions financières déjà imposées aux chefs de la junte militaire qui a renversé le 1er février Aung San Suu Kyi et son gouvernement. "Nous allons continuer à prendre des mesures contre la junte", a prévenu dans un tweet le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price.

La Chine et la Russie, des alliées traditionnelles de l'armée birmane, n'ont quant à elles pas officiellement condamné le coup d'Etat, considérant la crise comme "une affaire intérieure". La répression se poursuit aussi sur le terrain judiciaire.

Aung San Suu Kyi, tenue au secret par l'armée, est désormais visée par quatre chefs d'inculpation, dont "incitation à des troubles publics", tandis que l'ex-président Win Myint est notamment accusé d'avoir enfreint la Constitution.

Plus de 1.700 personnes ont été arrêtées depuis le 1er février, d'après l'ONU.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.