Femmes dans la finance, l’expérience américaine

Allyson Kapin, General Partner du W Fund et co-fondatrice de Women Who Tech, jette un œil par sa porte arrière avant un entretien avec l'AFP à Washington, DC, le 24 février 2021. Des pourcentages dérisoires de l'argent du capital-risque vont aux startups féminines aux États-Unis, la part du lion revenant aux hommes, selon Kapin. (Nicholas Kamm / AFP)
Allyson Kapin, General Partner du W Fund et co-fondatrice de Women Who Tech, jette un œil par sa porte arrière avant un entretien avec l'AFP à Washington, DC, le 24 février 2021. Des pourcentages dérisoires de l'argent du capital-risque vont aux startups féminines aux États-Unis, la part du lion revenant aux hommes, selon Kapin. (Nicholas Kamm / AFP)
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Publié le Lundi 08 mars 2021

Femmes dans la finance, l’expérience américaine

  • Les expériences des femmes dans la finance américaine sont uniques. Trois d'entre elles témoignent
  • Il y a certainement "une marge de progression" pour améliorer la diversité dans la finance mais la situation évolue, estime Anna Zhou

NEW YORK : Entre des situations gênantes et la solidarité féminine, entre une carrière ralentie par la maternité et des opportunités inédites: les expériences des femmes dans la finance américaine sont uniques. Trois d'entre elles témoignent.

"Ça n'a jamais été facile"

"J'ai eu de la chance, j'ai été promue et soutenue par mes pairs et supérieurs tout au long de ma carrière", reconnait d'emblée Hermina Batson, aussi appelée Nina. Mais être une femme afro-américaine dans la finance n'a "jamais été facile".

Elle ne s'est pas sentie rejetée, mais s'est parfois trouvée dans des situations gênantes.

"Il m'est arrivé plusieurs fois d'arriver dans des salles de réunion que je devais animer et avoir des clients ou des supérieurs me tendre leur manteau ou s'asseoir à mon siège." Avec l'âge, elle a appris à leur tendre en retour son propre manteau.

Sa fascination dès le plus jeune âge pour les billets et le système bancaire avait poussé sa mère à l'emmener visiter l'antenne de la banque centrale américaine à New York, à six ans.

Tout en poursuivant ses études, Mme Batson a commencé dès la sortie du lycée à travailler dans des banques, gravissant peu à peu les échelons jusqu'à passer 25 ans avec la banque japonaise MUFG et y devenir responsable au sein du département en charge des produits titrisés.

"Je suis actuellement en transition, mais j'ai très envie de rester dans le secteur de la finance", explique-t-elle.

Elle prendra en juillet la tête de l'Association des femmes de la finance, une organisation créée en 1956 par huit femmes qui s'étaient vu refuser l'entrée dans un club masculin.

La nomination de Jane Fraser à la tête de Citigroup est à ses yeux une bonne nouvelle. "Pour toute personne venant d'une minorité, pouvoir voir quelqu'un qui lui ressemble, ou venant du même monde, est très très important pour faire bouger les choses."

Elle loue aussi les nouvelles règles ayant poussé les établissements financiers à se pencher sur la question de la diversité et à être plus transparents sur le sujet.

Mais "on n'y est pas encore", dit-elle en regrettant notamment les disparités salariales.

"J'ai vu s'ouvrir plus de portes"

Sélectionnée dans l'équipe d'escrime de la prestigieuse université Yale en 2016, Anna Zhou, 22 ans, n'avait pas vraiment d'idée précise sur son avenir à la sortie du lycée. Jusqu'à ce qu'elle rencontre l'organisation Girls Who Invest (GWI), qui cherche à promouvoir les femmes dans les métiers de la gestion de portefeuilles.

Entre deux années universitaires, elle a pu suivre une formation intensive à la finance puis des stages d'été dans la société d'investissements Wellington Management, basée à Boston.

Plusieurs femmes, à divers échelons de l'entreprise, l'ont épaulée. Ce soutien et la diversité des employés l'ont incitée à y accepter un emploi à la fin de ses études.

Il y a certainement "une marge de progression" pour améliorer la diversité dans la finance mais la situation évolue, estime Mme Zhou.

Depuis sa première année universitaire, elle a " vu s'ouvrir plus de portes vers la finance grâce en partie à des organisations comme GWI", assure-t-elle. "J'ai pu constater l'importance pour les femmes du secteur d'avoir un solide réseau et je promeus désormais cette idée autour de moi."

Chez Wellington, elle profite d'un programme mettant formellement en relation des responsables, hommes ou femmes, avec des employés plus jeunes.

Travailler à temps partiel, "une vraie différence"

"Avant même que ce soit populaire, S&P m'a donné l'opportunité de travailler à temps partiel quand j'ai commencé à avoir des enfants", explique Robin Prunty, 57 ans et depuis 1987 à l'agence de notation S&P Global Ratings. A l'époque, en 1993, "beaucoup de femmes devenant mère quittaient l'entreprise."

"Ce devait être une expérimentation de six mois, ça a duré 17 ans (...). Je pense que ça a fait une vraie différence pour les autres femmes de la compagnie. Ça a en tout cas été un important facteur dans ma décision de rester dans l'entreprise".

Sa carrière n'a probablement pas avancé aussi rapidement, reconnaît-elle. Mais ses supérieurs "appréciaient le fait de garder quelqu'un avec de l'expérience". Et quand elle a repris un emploi à temps plein, elle est rapidement devenue manager.

Elle est aujourd'hui responsable du département recherche et analyse sur les finances publiques américaines, un métier dont elle se dit "passionnée".

"Si on regarde les conseils d'administration, les directions, le secteur de la finance peut encore s'améliorer". Mais le fait d'avoir de plus en plus d'études démontrant l'avantage d'avoir une réelle diversité à tous les niveaux de l'entreprise, aide, selon elle, à faire avancer la situation.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.