Changer de carrière ? Optimiser vos talents ? Karine Trioullier a les réponses

Karine Trioullier (Photo fournie)
Karine Trioullier (Photo fournie)
Karine Trioullier (Photo fournie)
Karine Trioullier (Photo fournie)
Session de e-learning sur Tida Bisa Academy ( Capture d'ecran )
Session de e-learning sur Tida Bisa Academy ( Capture d'ecran )
Changer de carrière en 4 mois_ Suivez les pistes proposées par Tida Bisa (Affiche fournie)
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Changer de carrière en 4 mois avec Tida Bisa (Affiche fournie)
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Changer de carrière ? Optimiser vos talents ? Karine Trioullier a les réponses

  • Karine Triouillier est basée à Dubaï où, à travers son agence Tida Bisa et son programme Tida Bisa Academy, elle prodigue de précieux conseils d’orientation et de développement professionnel
  • Elle répond aux questions d’Arab News en français tant en qualité d’entrepreneure que de femme à l’écoute des femmes, engagée en faveur de leur autonomisation

BEYROUTH : Consultante, ou plutôt véritable coach de carrière, Karine Triouillier est basée à Dubaï où, à travers son agence Tida Bisa et son programme Tida Bisa Academy, elle prodigue de précieux conseils d’orientation et de développement professionnel, en ligne aussi bien qu’en présentiel. En cette journée de la Femme sous le thème du « défi posé par la pandémie », celle qui a pour devise « developing people » répond aux questions d’Arab News en français tant en qualité d’entrepreneure que de femme à l’écoute des femmes, engagée en faveur de leur autonomisation.

Comment votre entreprise a-t-elle évolué en 2020 au milieu de la pandémie?

L’activité de Tida Bisa s’est bien portée en 2020 car 60% de notre activité était déjà online et le lancement de la Tida Bisa Academy était prévu pour mars, donc il a coïncidé avec le début du confinement et cela a permis un bon accueil de cette nouvelle offre de développement professionnel « live et online ». En plus de nos programmes de Leadership, public speaking, intelligence émotionnelle et women empowerment, nous avons créé de nouveaux contenus pour répondre à la situation :

  • Des formations sur-mesure pour les équipes de direction en « burn out » pour les aider à gérer leurs émotions et se former à engager et motiver leurs équipes à distance.
  • Des programmes en direct et en ligne pour accompagner les personnes qui songent à changer de carrière (« Build My Career » ou « My Career Choice ») ou qui cherchent à optimiser leurs recherches d’emplois et à se réinventer professionnellement pour créer d’autres sources de revenus.

Cela nous a amené à faire de la croissance alors que les formations en entreprises ont toutes été annulées du jour au lendemain.

De plus, la demande en outplacement a considérablement augmenté, donc 2020 a été une année très active dans notre secteur : Entre les personnes qui ont perdu leurs emplois et qui avaient besoin d’aide, celles qui s’interrogeaient sur leur devenir professionnel et enfin les clients qui voulaient profiter du home work pour consolider leurs compétences, les demandes ont augmenté.

Comment voyez-vous 2021 et 2022 pour votre entreprise, envisagez-vous des changements majeurs?

Après le confinement « mondial » de 2020, 2021 et 2022 vont être les années de la remise en question sur tous les plans : professionnel et personnel. Mon entreprise n’échappe pas à la tendance.

Le changement majeur concerne la pédagogie : former ou coacher en ligne est bien différent de l’exercice en présentiel. Coacher et former en ligne n’est pas nouveau pour Tida Bisa mais le fait que les clients soient saturés du « enligne » et présentent une « Zoom fatigue » nous a amené à repenser notre approche et à donner un ton encore plus personnel et singulier à nos contenus.

J’ai, en 2020, mené une refonte totale de l’approche pédagogique en retravaillant les contenus formation (découpage de la formation en sous parties vidéo courtes, fortes visuellement, métaphoriques et faciles à retenir, comme de la pub) et en créant de nouveaux outils pour faciliter la prise de conscience et le passage à l’action alors que les clients se connectent de chez eux et ne sont donc pas dans un espace neutre.

Je teste aussi régulièrement de nouvelles façons de créer l’engagement individuel et en groupe en utilisant le champ émotionnel et surtout l’humour. Les clients ont besoin de légèreté et de se sentir bien pour se développer. Se remettre en question et se recentrer constituent des gestes d’hygiène mentale qui doivent rester un plaisir.

Cette adaptation pédagogique est fondamentale dans un contexte où les leaders de la formation ou du coaching ne sont pas les mêmes qu’avant la Covid.

Le deuxième changement majeur à mener en 2021 -2022 concerne la communication digitale : La discrétion est un élément important de mon activité, comme pour les psychologues, et le bouche à oreille a toujours été le canal de prédilection qui a toujours fonctionné que ce soit en B2B et en B2C.

Avec les restrictions, les professionnels se rencontrent moins dans des conférences ou salons professionnels ou lors de moments sociaux et il devient incontournable de communiquer autrement et de networker aussi quel que soit notre domaine d’activité.

En développant le online, nous sommes face à une plus grande concurrence, sans frontière, puisque nos services sont en anglais et en français. C’est un changement important car il s’agit de créer un lien en continu pour installer l’expertise en partageant du contenu gratuit et en étant clair sur comment procéder si l’audience souhaite travailler avec nous. Un nouveau métier que j’apprends depuis moins de deux ans et qui occupe aussi mes week-ends.

Quels ont été pour vous les défis spécifiques résultant de la COVID?

Une des conséquences de cette période a été le mélange des sphères professionnelle et privée: Nous avons assisté à une simultanéité de l’exercice des différents rôles de vie (parent/époux(se),employé/entrepreneur, professeur/animateur) sans sas de décompression individuel.

Le quotidien est devenu plus épuisant car ces rôles se cumulent au lieu de s’enchainer. Les problèmes du quotidien sont devenus plus pesants et plus urgents à régler car constamment sous nos nez (ex : travail trop stressant ou moins intéressant, enfant en échec scolaire ou turbulent, absence de communication ou de partage des taches dans le couple…) Cette pandémie fut l’occasion de la confrontation de chacun avec sa vie, ses choix, ses succès et ses échecs. Le « faire » et l’être » se sont entrechoqués.

De nouveaux défis en ont résulté comme celui d’accepter de vivre au jour le jour et de mettre à jour nos systèmes de croyance : Par exemple, un job en entreprise n’est plus le gage de la sécurité.

Plus cette nouvelle façon de vivre s’inscrit comme une normalité, plus le prochain défi sera de s’intéresser aux autres. Chacun se recentre sur soi et le sentiment de solitude se répand de plus en plus y compris chez des personnes très entourées et très engagées.

Un autre défi est celui de voir les figures d’autorité remises en cause dans nos sociétés face à une pandémie difficile à endiguer. Les millénial et les plus jeunes (Générations Z et Y) accusent le coup encore aujourd’hui et on assiste à une vague d’anxiété et de dépression face à une société dans laquelle ils ont du mal à se projeter.

Enfin les couples ont été impactés dans leur manque d’intimité et dans leur manque de partage de moments « souvenirs ou romantiques » et cela a conduit à des demandes d’astuces ou de conseils pour les aider à diminuer les tensions.

De ce fait nous travaillons actuellement sur un programme en ligne de self-thérapie de couple pour aider les couples qui rencontrent des difficultés suite à cette pandémie à travailler ensemble avec cadre et méthode sans se rendre chez un psychologue et sans devoir livrer une intimité à un étranger(e). Les besoins notamment chez les couples milléniaux sont croissants et le protocole classique de thérapie de couple n’est pas toujours adapté à leurs demandes. Ils veulent juste apprendre à mieux communiquer ou à moins se disputer et à mieux s’aimer.

D’une façon plus générale cette pandémie a réveillé des désirs par rapport à ce que l’on pensait acquis. Cette expérience a rendu chacun plus conscient du cadeau de la vie et du besoin de vivre pleinement ses désirs en accord avec ses valeurs sans reporter au lendemain ni se trouver des excuses. Chacun veut prendre sa vie en main.

Quels changements majeurs avez-vous constatés dans le comportement et la gestion des employés, d'une manière générale, en raison de la pandémie ?

Du coté des entreprises, j’ai observé dans la région EMEA une mise en pause du développement professionnel. Les formations en présentiel se sont arrêtées et si les processus de coaching en cours se sont poursuivis, les nouvelles demandes ont généralement été bloquées.

De ce fait du côté des employés, beaucoup ont investi personnellement pour se former ou créer des projets en parallèle de leur travail.

Par contre certaines entreprises nous ont sollicités pour proposer à leurs employés et à leurs familles le soutien de psychologues et de coaches à travers des workshops sur la gestion de l’incertitude, du stress ou sur la manière de gérer le manque de contrôle mais aussi pour les aider dans la parentalité. Certains ont bénéficié d’une ligne 24h/24h notamment dans le cas de salariés éloignés de leurs familles.

Au niveau du recrutement, les services RH ont été dépassés par le nombre de candidatures et des préférences ont parfois été données aux personnes encore en poste plutôt qu’à des talents en recherche d’emploi. Depuis fin 2020 cette tendance s’est estompée et les recrutements ont repris doucement. Les postes sont pourvus en priorité à ceux qui ont moins de 12 ans d’expérience avec des salaires en moyenne moins élevé de 15 à 25%.

Les personnes de plus de 15 ans d’expérience rencontrent de vraies difficultés à retrouver un emploi dans la région. Elles se sentent « exclues » et dévalorisées de ne jamais être prises en considération par les recruteurs, même pour un poste plus junior et en acceptant un salaire divisé par 2.

Le plus grand changement est l’engouement de plus en plus grand de talents qui ont opté pour des postes en 100% « remote » dans des entreprises fonctionnant uniquement avec des collaborateurs à distance. Par exemple Doctify, GitHub, Zapier…

Pensez-vous que le travail à domicile est une nouvelle réalité partie pour durer

Oui, le travail à domicile est en augmentation régulière et ce depuis bien avant la pandémie et il va devenir un mode de travail de plus en plus répandu dans le monde. Le paradoxe est que les UAE étaient frileux avant la pandémie et ne proposaient que rarement officiellement à leurs employés de travailler de chez eux. Aujourd’hui cette tendance s’inverse et ce mode de travail va devenir la norme aux Émirats.

De plus en plus nombreuses sont les offres d’emplois en remote et elles ne concernent plus que les profils IT mais aussi les fonctions généralistes et supports : flexjobs, remote.co, justremote, we work remotely…

De plus tout est fait pour attirer les travailleurs « nomades » et/ou remote workers, pour faciliter leurs installations aux UAE. La position géographique des Émirats et le cadre de vie qu’ils offrent exercent un pouvoir d’attraction fort sur les salariés et entrepreneurs.

Nombreux sont les salariés qui apprécient de pouvoir gérer leur temps et ils ne sont pas prêts à revenir en arrière : s’absenter de 8am à 8pm, perdre du temps dans les transports. Beaucoup expriment une satisfaction à travailler de chez eux et à se rendre 1 à 2 jours par semaine au bureau. Le monde du travail a besoin de flexibilité tout comme ses acteurs. Le temps plein présentiel dans une même organisation pendant 20 ans fait déjà presque partie du passé.

Rester enfermé à travailler dans un bureau devant un ordinateur est parmi le top 5 des éléments dont ne veulent plus les salariés interrogés sur leur baisse de motivation. Cette façon de travailler est de plus en plus révolue et ne favorise pas l’émergence de nouvelles idées ni l’épanouissement professionnel.

Quelles grandes opportunités voyez-vous à travers les changements dus à la pandémie dans la nature du travail ?

Avant toute chose 2020 a été marquée par un quasi-arrêt de quelques mois (mars à septembre) de la « politique » en entreprise, cela a été très souvent souligné lors de séances de coaching en entreprise. Les salaries se sont réjouis d’être un peu libérés de ces aspects politiques et des tensions qu’ils engendrent.

Ce contexte a permis d’arrêter un peu le temps pour s’interroger sur ce qui est important et sur le sens de nos choix et de nos actions.

Un vrai questionnement professionnel émerge chez beaucoup de personnes qui aspirent à travailler « autrement ». La première question qui revient est celle de rester ou de quitter l’entreprise et puis vient la réflexion sur les opportunités ou alternatives. La pandémie a permis à de nombreux salariés de prendre conscience de leur besoin de gérer leur temps et de faire un travail utile, efficace et épanouissant.

En parallèle, le monde du travail se transforme à grands pas avec l’intelligence artificielle et l’automatisation : certains métiers, y compris ceux qui nécessitent de grandes qualifications, vont disparaitre, de nouveaux métiers ou de nouvelles compétences émergent, et pourtant ce sujet reste tabou dans de nombreuses entreprises et pour de nombreux salariés.

La principale opportunité due à la pandémie est celle de pouvoir, pour de nombreux salariés, prendre conscience de cette révolution qui arrive à grands pas et de l’urgence de s’y préparer et se concentrer sur des taches à forte valeur ajoutée dans lesquelles ils peuvent mettre une touche personnelle.

La vie professionnelle va s’inscrire de plus en plus dans la « pluralité ». Chacun doit apprendre à avoir plusieurs activités professionnelles, plusieurs sources de revenus pour continuer à évoluer, s’épanouir professionnellement et gagner sa vie. 

J’accompagne de nombreux talents sur ce chemin et je constate leurs difficultés à sortir de leur zone de confort et à décider de leur prochaine étape professionnelle, trop habitués à attendre les propositions de leurs employeurs. Pourtant leur désir est de se rendre utile et de faire quelque chose qui leur ressemble où ils puissent exprimer leurs talents, mais aussi leurs personnalités afin d’apporter de la valeur.

« Cette pandémie a mis en lumière certaines frustrations, et les femmes ont été les plus rapides à vouloir être plus satisfaite de leur vie professionnelle » Karine Trioullier

Les employés vont aspirer à un meilleur équilibre vie professionnelle - vie personnelle et vont chercher à se protéger de la peur de perdre leur emploi. Les alternatives ne se résument pas à choisir entre salarié ou entrepreneur.

Beaucoup de mes clients ont assumé leurs intérêts professionnels et mènent plusieurs métiers de front. Par exemple : Psychologue en activité principale et professeur de pilates et de mindfulness, ou autre exemple : un CFO intérim et aussi concepteur de ruches urbaines et producteur de miel aux Émirats.

Ces vies professionnelles doubles, voire triples, sont de plus en plus nombreuses et de plus en plus fréquentes notamment chez les plus de 40 ans qui vont devoir travailler plus longtemps que la génération de leurs parents sans pouvoir rester jusqu’au bout dans des entreprises qui se tournent davantage vers les moins de 40 ans.

Ces bouleversements dans le monde du travail représentent-ils selon vous une opportunité ou au contraire un obstacle pour l'autonomisation des femmes ?

Cette transformation du monde du travail est en marche et elle concerne aussi bien les hommes que les femmes. Mais cela constitue une vraie opportunité pour les femmes qui sont plus prêtes à envisager un changement de carrière ou un mode de travail plus flexible. Certaines ambitions ont parfois été mis en silence de peur de ne pas pouvoir mener à bien la vie personnelle.

Le travail à domicile a permis de réévaluer la charge familiale et de revoir la répartition des taches au sein du couple. Cela a donc remis en perspective la nécessité d’avoir deux revenus dans un foyer et de concilier les vies professionnelles respectives.

En d’autres termes, cette pandémie a mis en lumière certaines frustrations, et les femmes ont été les plus rapides à vouloir être plus satisfaite de leur vie professionnelle.

Je constate une augmentation des demandes de femmes souhaitant être accompagnées dans leur retour à l’emploi et la mise à jour de leurs compétences pour reprendre confiance, mais aussi de femmes employées souhaitant évoluer professionnellement et s’affirmer dans des choix professionnels plus audacieux. 

Quel est votre conseil pour saisir le meilleur de ces défis et les transformer en succès ?

Aucun employeur ne peut s’engager à utiliser 40 heures par semaine toutes vos compétences, ni à vous offrir des opportunités de développer votre potentiel régulièrement et encore moins de vous garantir un salaire à vie.

Aujourd’hui si vous voulez réussir professionnellement et aimer ce que vous faites, cela commence par accepter de prendre l’entière responsabilité de la gestion de votre carrière et de votre développement professionnel. Même si vous travaillez en entreprise, n’attendez pas que votre manager vous dise ce que vous devez occuper comme poste dans les 10 ans à venir. Prenez le temps de clarifier vos intérêts professionnels et de connaitre les ingrédients indispensables à votre satisfaction au travail pour décider de votre devenir professionnel et créer plusieurs sources de revenus et d’épanouissement. Soyez curieux et gardez en tête cette liste de 7 pistes pour toujours avoir le choix :

Piste 1 : Mon job actuel dans une autre entreprise plus stimulante (identifier 10 entreprises)

Piste 2 : Le prochain job qui me plait pour évoluer (Promotion)

Piste 3 : Mon job actuel dans un autre secteur (identifier 2 secteurs)

Piste 4 : Un autre métier qui me plairait (changement de carrière)

Piste 5 : Une formation qui m’intéresse et me permet d’évoluer

Piste 6 : Une idée business à concrétiser pour des revenus supplémentaires

Piste 7 : Un projet « adrénaline » que vous ne ferez qu’une fois dans votre vie (ex un Ted Talk)

Ceux et celles qui resteront très attachés et dépendants du confort du salaire mensuel et du titre tarderont à se connaitre professionnellement et à s’adapter au marché quand le salaire ou le titre ne leur conviendront plus.

Faire un travail que vous aimez et créer un espace pour évoluer et rester curieux sur le marché du travail est la meilleure façon d’y garder une place qui vous convienne.

Réseaux sociaux

Site: https://www.bespokebacktowork.com

FB: https://www.facebook.com/BespokeBackToWorkByTidaBisa/

Linkedin: http://www.linkedin.com/in/karinetrioullier

Insta: https://www.instagram.com/tidabisa/

Twitter: https://twitter.com/Ktrioull

Accès au replay de la Master Class « Comment faire un changement de carrière en 4 mois » : https://bit.ly/39NEAjA

Karine Trioullier est une professionnelle du développement professionnel et personnel. Elle aide les talents à évoluer dans leur carrière en performant et en utilisant leur potentiel. Avant de fonder Tida Bisa, elle a occupé pendant 15 ans de nombreux rôles dans les ressources humaines et notamment dans la gestion des talents dans des entreprises internationales.

 

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Middle East Energy 2026: la France mise sur des réseaux électriques plus intelligents et résilients dans le Golfe

 La France entend renforcer sa présence dans le secteur énergétique du Golfe à l’occasion de la 50e édition de Middle East Energy, qui se tiendra du 1er au 3 septembre au Dubai World Trade Centre. (Photo d'archive fournie)
La France entend renforcer sa présence dans le secteur énergétique du Golfe à l’occasion de la 50e édition de Middle East Energy, qui se tiendra du 1er au 3 septembre au Dubai World Trade Centre. (Photo d'archive fournie)
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  • Aux Émirats arabes unis, la stratégie énergétique à l’horizon 2050 prévoit entre 150 et 200 milliards de dirhams (40,8 à 54,5 milliards de dollars) d’investissements d’ici 2030, alors que le pays poursuit le développement de ses infrastructures
  • À Dubaï, la Dubai Electricity and Water Authority (DEWA) prévoit notamment d’investir 7 milliards de dirhams dans son programme de Smart Grid jusqu’en 2035

DUBAÏ : La France entend renforcer sa présence dans le secteur énergétique du Golfe à l’occasion de la 50e édition de Middle East Energy, qui se tiendra du 1er au 3 septembre au Dubai World Trade Centre. À travers un pavillon dédié de Business France, 13 entreprises françaises présenteront leurs technologies et leur expertise dans des domaines allant de la protection des réseaux à l’intégration des énergies renouvelables.

Cette participation intervient alors que les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) accélèrent la transformation de leurs systèmes électriques. L’augmentation de la demande en électricité, le développement rapide des énergies renouvelables et la numérisation des économies régionales placent désormais les réseaux électriques au cœur des stratégies énergétiques.

Pour la France, cette évolution ouvre un espace important pour ses entreprises spécialisées dans les infrastructures électriques, l’automatisation, la cybersécurité des systèmes industriels, le stockage et l’alimentation électrique critique.

Des investissements massifs dans les infrastructures électriques

Aux Émirats arabes unis, la stratégie énergétique à l’horizon 2050 prévoit entre 150 et 200 milliards de dirhams (40,8 à 54,5 milliards de dollars) d’investissements d’ici 2030, alors que le pays poursuit le développement de ses infrastructures énergétiques et de ses réseaux intelligents.

À Dubaï, la Dubai Electricity and Water Authority (DEWA) prévoit notamment d’investir 7 milliards de dirhams dans son programme de Smart Grid jusqu’en 2035. L’objectif est de recourir davantage aux technologies numériques, à l’automatisation et à l’analyse des données afin d'améliorer la fiabilité et l’efficacité du réseau et de faciliter l’intégration des énergies renouvelables.

Le mouvement dépasse les frontières des Émirats. Dans l’ensemble du CCG, les interconnexions électriques et la flexibilité des réseaux deviennent des priorités à mesure que les capacités de production évoluent.

Parmi les projets structurants figure notamment l’interconnexion directe entre Oman et le réseau électrique du CCG, portée par la GCC Interconnection Authority. Le projet prévoit environ 530 kilomètres de lignes de transport à 400 kV, afin de renforcer les échanges d’électricité entre Oman et le réseau régional et d’accroître la résilience du système électrique.

Le réseau, nouveau pilier de la transition énergétique

La transformation du secteur énergétique du Golfe ne se limite plus à la construction de nouvelles capacités de production. Elle concerne désormais l’ensemble de l’infrastructure permettant de transporter, distribuer, contrôler et sécuriser l’électricité.

Cette évolution est particulièrement importante avec l’essor du solaire et d’autres sources renouvelables, dont la production peut être variable. Les réseaux doivent ainsi devenir plus flexibles et capables de gérer des flux d’électricité plus complexes.

À l’échelle mondiale, les besoins d’investissement sont considérables. Selon le rapport Electricity 2026 de l’Agence internationale de l’énergie, les investissements annuels dans les réseaux électriques devront augmenter d’environ 50 % d’ici 2030, par rapport à leur niveau actuel d’environ 400 milliards de dollars, pour suivre la croissance de la demande mondiale.

La résilience des infrastructures, leur capacité à intégrer les énergies renouvelables et leur numérisation deviennent ainsi des enjeux stratégiques, aussi bien pour les économies développées que pour les marchés du Golfe.

Un partenariat franco-émirati qui s’élargit

La présence française à Middle East Energy s'inscrit également dans le renforcement des relations économiques entre Paris et Abou Dhabi.

Les Émirats arabes unis constituent le premier client de la France dans le Golfe. Les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint 10,8 milliards d’euros en 2025, contre 8,5 milliards en 2024 et 7,4 milliards en 2023.

La coopération bilatérale s’étend désormais à plusieurs secteurs stratégiques, notamment la transition énergétique, la lutte contre le changement climatique, les technologies avancées et l’intelligence artificielle.

En février 2025, Masdar, TotalEnergies et 2PointZero ont notamment signé un accord-cadre visant à favoriser le développement de l’accès aux énergies propres dans les marchés émergents, dans le cadre du UAE-France High-Level Business Council.

Cette coopération s’appuie également sur le Partenariat stratégique global dans le domaine de l’énergie, établi entre la France et les Émirats en 2022.

Treize entreprises françaises au rendez-vous

Le pavillon français réunira 13 entreprises couvrant plusieurs segments de la chaîne de valeur électrique.

Dans le domaine de la protection et de la résilience des réseaux, CITEL-2CP, France Paratonnerres, INDELEC, OBSTA et SERGI Transformer Protector présenteront notamment des solutions de protection contre les surtensions et la foudre, de prévention des explosions et incendies de transformateurs, ainsi que des technologies destinées aux infrastructures critiques.

Sur le volet de la mesure, de la supervision et de l’automatisation, Chauvin Arnoux Middle East / Chauvin Arnoux Energy, AOIP et Straton Automation proposeront des solutions de surveillance des réseaux électriques, de test et mesure, d’étalonnage et d’automatisation industrielle.

Michaud Export, Transalpes Composite et SOC EXPL General Produits Industriels mettront pour leur part en avant leur expertise dans les réseaux de distribution basse tension, les supports de réseaux et les solutions industrielles isolantes.

Enfin, EnerSys, Infosec UPS System et Terracotta présenteront des solutions liées à l’alimentation électrique critique, notamment les batteries, les chargeurs, les systèmes d’alimentation sans interruption et les équipements électriques.

Au-delà de la diversité des technologies présentées, cette présence française illustre une volonté de se positionner sur l’ensemble de la transformation des réseaux électriques du Golfe.

Alors que les pays de la région cherchent à concilier croissance de la demande, déploiement des renouvelables et sécurité énergétique, la prochaine étape de leur transition pourrait bien se jouer moins dans la seule capacité de produire davantage d’électricité que dans celle de disposer de réseaux capables de la transporter, de la gérer et de la sécuriser plus intelligemment.


La carte Visa marque le retour de la Syrie dans le système financier mondial: Al-Sharaa utilise sa carte pour acheter un café

« En espèces ou par carte, Monsieur le Président ? ». (AFP)
« En espèces ou par carte, Monsieur le Président ? ». (AFP)
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  • Les États-Unis ont retiré la Syrie de leur liste des États soutenant le terrorisme après 47 ans
  • « Prêts à reconstruire la nation », déclare Ahmad Al-Sharaa

RIYAD: « En espèces ou par carte, Monsieur le Président ? »

D’un simple geste sur un terminal de paiement à Damas, le président Ahmad Al-Sharaa a marqué le retrait de la Syrie de la liste américaine des États soutenant le terrorisme et le retour de ce pays arabe au sein du système financier mondial.

Dans une vidéo diffusée tôt jeudi matin, Al-Sharaa a utilisé une carte Visa pour payer un café alors qu’il était assis aux côtés de Safwat Raslan, le gouverneur de la banque centrale de la République arabe syrienne.

Raslan a publié la vidéo sur X, en déclarant : « Assister à ce moment aux côtés de Son Excellence le président Ahmad Al-Sharaa, et voir le premier paiement par carte Visa s'effectuer au cœur de Damas le lendemain du retrait de la Syrie de la liste des États soutenant le terrorisme, est pour moi un sentiment difficile à exprimer avec des mots. »


Lundi, les États-Unis ont franchi une étape historique en retirant la Syrie de cette liste après 47 ans, libérant ainsi ce pays arabe des graves conséquences économiques liées à cette désignation.

Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a déclaré dans un communiqué : « La mesure prise aujourd’hui contribuera à favoriser de nouveaux investissements en Syrie afin de promouvoir la stabilité politique et économique. »

Les rebelles menés par Al-Sharaa ont renversé Bachar al-Assad, qui dirigeait la Syrie depuis longtemps, en décembre 2024, au terme d’une guerre civile dévastatrice qui a duré 13 ans.

Al-Sharaa a salué cette décision en déclarant : « La Syrie se débarrasse d’une tache sombre et tourne la page sur un chapitre douloureux de son passé pour s’engager sur la voie du développement, de la reconstruction et du renouveau. »


Le ministre saoudien de l’Investissement : «Notre économie offre d’importantes opportunités aux entreprises françaises»

 Le ministre saoudien de l’Investissement, Fahad Al-Saif, et le ministre français de l’Économie, des Finances, de l’Industrie, de l’Énergie et de la Souveraineté numérique, Roland Lescure. Asharq Al-Awsat
Le ministre saoudien de l’Investissement, Fahad Al-Saif, et le ministre français de l’Économie, des Finances, de l’Industrie, de l’Énergie et de la Souveraineté numérique, Roland Lescure. Asharq Al-Awsat
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  • M. Al-Saif a indiqué que les entreprises françaises détenaient environ 650 licences d’investissement dans le Royaume.
  • Selon lui, cela reflète l’ampleur de l’activité des entreprises françaises et les opportunités croissantes offertes par l’économie saoudienne

PARIS: Le ministre saoudien de l’Investissement, Fahad Al-Saif, a déclaré lundi que les investissements directs étrangers (IDE) français en Arabie saoudite avaient atteint 16,3 milliards d’euros, soulignant que la France était la quatrième source d’IDE du Royaume.

Il a ajouté que la présence des entreprises françaises en Arabie saoudite s’étendait désormais à plus de 18 secteurs.

S’exprimant lors de l’ouverture de la Table ronde franco-saoudienne sur l’investissement organisée à Paris, à laquelle participait également Roland Lescure, ministre français de l’Économie, des Finances, de l’Industrie, de l’Énergie et de la Souveraineté numérique, M. Al-Saif a indiqué que les entreprises françaises détenaient environ 650 licences d’investissement dans le Royaume.

Selon lui, cela reflète l’ampleur de l’activité des entreprises françaises et les opportunités croissantes offertes par l’économie saoudienne.

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la visite officielle en France du prince héritier et Premier ministre Mohammed ben Salmane. Organisée par le ministère de l’Investissement, elle rassemble des responsables gouvernementaux, des chefs d’entreprise et des dirigeants de grandes sociétés des deux pays.

Les discussions portent sur les opportunités d’élargir les partenariats dans des secteurs tels que l’industrie, les transports et la logistique, l’intelligence artificielle et les infrastructures numériques, entre autres. La signature de nouveaux accords et protocoles d’accord est également prévue.

L’énergie, domaine phare de la coopération

Le ministre de l’Investissement a souligné que le secteur du pétrole et du gaz figurait parmi les industries les plus susceptibles de bénéficier du renforcement des relations saoudo-françaises, compte tenu de la présence de longue date des entreprises françaises dans le secteur énergétique du Royaume.

La coopération s’étend également à l’ensemble du paysage énergétique, notamment aux énergies renouvelables, à l’hydrogène et aux infrastructures de réseau, tandis que les entreprises françaises continuent de renforcer leur présence dans les domaines de l’énergie, de l’industrie, des transports, de la construction, de l’eau et des services.

L’énergie reste l’un des domaines phares de l’engagement français en Arabie saoudite, parallèlement aux opportunités croissantes dans de nouveaux secteurs étroitement liés à la dynamique de diversification économique du Royaume dans le cadre de la Vision 2030.

De l’énergie et de l’industrie à l’intelligence artificielle

Le partenariat d’investissement entre les deux pays s’étend de plus en plus au-delà des secteurs traditionnels pour s’orienter vers la nouvelle économie, en particulier l’intelligence artificielle, les infrastructures numériques, la culture, les industries créatives et l’exploitation minière.

L’intégration de ces secteurs à l’ordre du jour de la table ronde reflète les efforts des deux parties pour transformer des liens économiques bien établis en partenariats d’investissement dans certains des secteurs connaissant la croissance la plus rapide, en tirant parti de la demande croissante sur le marché saoudien et des capacités technologiques et industrielles des entreprises françaises.

Les entreprises françaises sont déjà présentes dans des secteurs tels que les transports et la logistique, les services liés à l’eau et à l’environnement, l’hôtellerie et la santé. À mesure que l’économie saoudienne poursuit son expansion, de nouvelles opportunités apparaissent dans les domaines des technologies de pointe et de l’industrie manufacturière.