«Cela me manque beaucoup le cinéma»: l'évasion le temps d'une séance près de Brest

Le cinéma Le Bretagne a répondu, comme une vingtaine d'autres en France, à un appel national pour protester contre la fermeture des salles lancé par le Groupement national des cinémas de recherche (GNCR) et l'Association du cinéma indépendant pour sa diffusion (Acid).(AFP)
Le cinéma Le Bretagne a répondu, comme une vingtaine d'autres en France, à un appel national pour protester contre la fermeture des salles lancé par le Groupement national des cinémas de recherche (GNCR) et l'Association du cinéma indépendant pour sa diffusion (Acid).(AFP)
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Publié le Dimanche 14 mars 2021

«Cela me manque beaucoup le cinéma»: l'évasion le temps d'une séance près de Brest

  • «Le cinéma sur son canapé c'est bien, mais dans une salle c'est une toute autre expérience», se réjouit Lucille Quenhervé, peu avant d'assister à la première projection de la journée dans le cinéma de la petite ville de 8 000 habitants
  • «Ça me manque beaucoup le cinéma, je comprends qu'il y ait des choix qui doivent être faits mais je trouve difficile que les salles de cinéma, où on ne bouge pas, où il n'y a pas de brassage, soient fermées»

SAINT-RENAN : «Ça me manque beaucoup le cinéma»: comme une vingtaine de salles en France, Le Bretagne, à Saint-Renan (Finistère), a accueilli dimanche des spectateurs avides d'évasion le temps d'une séance marquant l'anniversaire de la première fermeture des cinémas en raison de l'épidémie de Covid-19.

«Le cinéma sur son canapé c'est bien, mais dans une salle c'est une toute autre expérience», se réjouit Lucille Quenhervé, peu avant d'assister à la première projection de la journée dans le cinéma de la petite ville de 8 000 habitants située à une quinzaine de kilomètres de Brest.

«Ça me manque beaucoup le cinéma, je comprends qu'il y ait des choix qui doivent être faits mais je trouve difficile que les salles de cinéma, où on ne bouge pas, où il n'y a pas de brassage, soient fermées», poursuit cette femme, médecin de profession, venue voir «Il mio corpo», un film de Michele Pennetta qui met en parallèle la vie en Sicile de deux frères rêvant d'un autre destin et celle de deux jeunes migrants partageant les mêmes espoirs d'une vie meilleure.

«C'est important pour moi de pouvoir avoir une vie en dehors du travail, de pouvoir avoir des loisirs», souligne pour sa part Stéphanie Louboutin, au moment de franchir la porte d'entrée de ce cinéma associatif qui a enregistré une cinquantaine d'inscriptions à la séance.

«J'enseigne dans des classes où il y a 35, 36 élèves et a priori ça ne pose pas de problème et là on est dans un cinéma où on est très espacés et ça poserait problème?» s'interroge cette cinéphile habitant dans la petite ville connue pour son grand marché du samedi matin.

 «244 jours de fermeture»

Le cinéma Le Bretagne a répondu, comme une vingtaine d'autres en France, à un appel national pour protester contre la fermeture des salles lancé par le Groupement national des cinémas de recherche (GNCR) et l'Association du cinéma indépendant pour sa diffusion (Acid).

«Ce week-end, cela fera un an que toutes les salles de cinéma ont fermé leurs portes pour la première fois et ont, depuis, cumulé 244 jours de fermeture», annonce aux spectateurs avant la projection Céline Michell, présidente de l'association Le Bretagne.

«Parce que nous croyons à notre mission d'intérêt général, nous faisons le choix de vous ouvrir nos portes», poursuit-elle, avant d'être applaudie par le public masqué et séparé d'au moins deux sièges entre chaque groupe.

«On organise aujourd'hui des séances un peu spéciales, des séances professionnelles qui servent un peu à tester les films qui ne sont pas encore sortis», explique à l'AFP Maxime Iffour, seul salarié de ce cinéma associatif classé «Art et essai».

«C'est un acte un peu militant pour montrer qu'on est capable d'accueillir des personnes de manière sécurisée», souligne le programmateur de la salle, disant ne pas comprendre «le refus obstiné du gouvernement de répondre» aux attentes des salles obscures. 

«Ce sont des séances privées qui accueillent du public, c'est la manière de se mettre dans un cadre qui soit le plus légal possible», note auprès de l'AFP le réalisateur Clément Schneider, co-président de l'Acid.

Des films inédits sont ainsi montrés à des spectateurs inscrits au préalable via internet. Au terme de la séance, gratuite, le public est invité à remplir un questionnaire censé permettre aux distributeurs de préparer la sortie des films.

«La lumière qui s'éteint, l'écran qui s'allume, voir un film en vrai et non plus dans un minuscule écran, ça c'est un grand, grand plaisir pour moi», avoue Irène Ménat en prenant place dans la salle de 300 places, laissant entrevoir derrière son masque un large sourire.

 


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".