La vaccination des enfants, prochaine étape dans la lutte contre la pandémie

Les trois entreprises américaines ont déjà commencé, parfois depuis plusieurs mois, des essais cliniques pour tester leur vaccin sur les adolescents (à partir de 12 ans). AstraZeneca étudie de son côté l'effet de son vaccin dès 6 ans.(AFP)
Les trois entreprises américaines ont déjà commencé, parfois depuis plusieurs mois, des essais cliniques pour tester leur vaccin sur les adolescents (à partir de 12 ans). AstraZeneca étudie de son côté l'effet de son vaccin dès 6 ans.(AFP)
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Publié le Mardi 16 mars 2021

La vaccination des enfants, prochaine étape dans la lutte contre la pandémie

  • Actuellement, le vaccin anti-Covid de Pfizer est autorisé pour les personnes âgées de 16 ans et plus, et ceux de Moderna et de Johnson & Johnson pour les 18 ans et plus
  • Selon le très respecté immunologue Anthony Fauci, les enfants américains de moins de 12 ans pourront «très probablement» être vaccinés début 2022

WASHINTON: L'entreprise américaine Moderna a annoncé mardi avoir commencé des essais de son vaccin contre le Covid-19 sur des milliers d'enfants âgés de 6 mois à 11 ans, une nouvelle étape considérée comme nécessaire pour arriver à mettre un terme à la pandémie.

S'ils constituent une part importante de la population, les enfants sont toutefois moins exposés aux cas graves de la maladie, tout en la transmettant moins pour les plus jeunes d'entre eux. Leur vaccination n'a donc jusqu'ici pas été une priorité.

Actuellement, le vaccin anti-Covid de Pfizer est autorisé pour les personnes âgées de 16 ans et plus, et ceux de Moderna et de Johnson & Johnson pour les 18 ans et plus.

Les trois entreprises américaines ont déjà commencé, parfois depuis plusieurs mois, des essais cliniques pour tester leur vaccin sur les adolescents (à partir de 12 ans). AstraZeneca étudie de son côté l'effet de son vaccin dès 6 ans.

La société de biotechnologie Moderna prévoit elle désormais que 6 750 enfants et bébés participent à des essais aux Etats-Unis et au Canada. Ils seront suivis sur 12 mois après la seconde injection. Leur nombre est inférieur aux dizaines de milliers de recrues pour les essais sur les adultes, car il s'agit ici surtout de déterminer quel dosage est le mieux adapté pour eux, expliquent des experts. Le mécanisme du vaccin en lui-même, ainsi que sa sûreté, ont déjà été étudiés.

Selon le très respecté immunologue Anthony Fauci, les enfants américains de moins de 12 ans pourront «très probablement» être vaccinés début 2022, avait-il déclaré le mois dernier.

«Haute priorité»

«Je considère qu'il s'agit bien d'une haute priorité», a estimé auprès de l'AFP la Dr. Lee Savio Beers, présidente de l'American Academy of Pediatrics.

«Les enfants de moins de 10 ans transmettent moins le virus, mais cela ne veut pas dire qu'ils ne le transmettent pas du tout», y compris à des personnes à risque, a-t-elle argué.

Et «même s'ils ont moins de chance de tomber terriblement malades, ils peuvent aussi l'être», y compris parfois sur plusieurs mois, a-t-elle dit, rappelant que plusieurs centaines de décès d'enfants ont été enregistrés.

De plus, ils sont «touchés disproportionnellement» par certaines conséquences de la pandémie, comme les fermetures d'écoles.

«Le plus de personnes nous pouvons vacciner, le mieux ce sera», abonde Henry Bernstein, professeur de pédiatrie.

Aux Etats-Unis, environ un cinquième de la population a moins de 18 ans. Et cette proportion peut-être plus élevée dans d'autres pays.

Il semble donc en outre peu probable que ce que l'on appelle l'immunité collective, nécessaire pour stopper l'épidémie, puisse être atteinte sans inclure les plus jeunes.

On ne sait pas encore exactement quel pourcentage de population vaccinée sera nécessaire pour arriver à cette immunité collective : peut-être entre 70%... ou 85%, selon le Dr. Fauci.

Nécessaires à l'immunité collective

«Une immunité collective efficace nécessitera la vaccination des enfants», ont écrit en février dans la prestigieuse revue scientifique NEJM les spécialistes en pédiatrie Perri Klass et Adam J. Ratner. Il s'agit d'une «obligation éthique et d'une nécessité pratique», selon eux.

Les bénéfices seront à la fois «directs» (les enfants tomberont moins malades), et «indirects« (ils ne transmettront pas la maladie), soulignent-ils.

Toutefois, «le calcul du rapport risques/bénéfices sera différent lorsque vous vaccinerez un enfant de 9 ans ou quelqu'un de 90 ans«, nuance auprès de l'AFP Amesh Adalja, du Centre Johns Hopkins pour la sécurité sanitaire.

Ce contre quoi les vaccins sont très efficaces, à savoir les cas graves de Covid-19, les hospitalisations et les décès, «sont très rares lorsque vous considérez la population plus jeune».

Dans ce contexte, «quel niveau d'effets secondaires est tolérable?», demande-t-il, avançant l'idée d'une répartition par groupes d'âge, qui prioriserait les adolescents plus âgés sur les petits enfants.

Parce qu'ils n'ont pas fini leur développement, les essais cliniques sur les enfants visent à comprendre comment leur système immunitaire réagit à différents stades de croissance.

Procéder par étape en descendant progressivement les classes d'âge est une démarche standard dans le développement de traitements.

Mais selon Amesh Adalja, il est aussi possible que la pandémie soit sous contrôle avant même que la distribution des vaccins pour les enfants n'aboutisse.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.