Repus? Fainéants? Pourquoi les éléphants de mer dodus prennent moins de risques

Photo prise le 01 juillet 2007 de deux éléphants de mer sur l'île de la Possession dans l'archipel des Crozet (Terres Australes et Antarctiques Françaises). MARCEL MOCHET / AFP
Photo prise le 01 juillet 2007 de deux éléphants de mer sur l'île de la Possession dans l'archipel des Crozet (Terres Australes et Antarctiques Françaises). MARCEL MOCHET / AFP
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Publié le Jeudi 18 mars 2021

Repus? Fainéants? Pourquoi les éléphants de mer dodus prennent moins de risques

  • En dépit des apparences, ces mammifères marins de la famille des phoques, replets et placides, sont de formidables athlètes
  • "Il nous est difficile d'imaginer ce que ces animaux endurent au cours de leur migration de sept mois et de 10.000 kilomètres, car c'est si fondamentalement différent de la manière dont nous vivons"

WASHINGTON : Les gros éléphants de mer préfèrent se cacher de leurs prédateurs lors de leurs longues expéditions loin des terres à la recherche de nourriture, tandis que leurs congénères plus minces doivent prendre plus de risques pour devenir aussi dodus, a montré une étude mercredi.

Ces résultats, publiés dans la revue Science Advances, sont les premiers à mesurer les changements de comportement d'animaux sauvages sur la durée, en fonction de leur masse graisseuse, vérifiant la théorie selon laquelle ils prennent des décisions en comparant les risques et les bénéfices.

L'autrice principale de l'étude, Roxanne Beltran, professeure d'écologie et de biologie de l'évolution à l'université de Santa Cruz, en Californie, a confié à l'AFP avoir longtemps été fascinée par cette espèce, dont les individus se rassemblent sur les plages californiennes en hiver pour procréer, s'occuper de leurs nouveaux-nés et muer, avant d'embarquer pour leur périple estival dans le nord de l'océan Pacifique.

"Il nous est difficile d'imaginer ce que ces animaux endurent au cours de leur migration de sept mois et de 10.000 kilomètres, car c'est si fondamentalement différent de la manière dont nous vivons", explique la biologiste.

En dépit des apparences, ces mammifères marins de la famille des phoques, replets et placides, sont de formidables athlètes.

Au cours de leur voyage, ils plongent à 700 mètres de profondeur à la recherche de poissons et de calamars, pendant 23 minutes en moyenne, avant de reprendre leur souffle lors d'un bref répit de deux minutes à la surface. Si nécessaire, ils peuvent retenir leur respiration jusqu'à deux heures.

Pour mieux comprendre les mécanismes décisionnels des Mirounga angustirostris, les chercheurs ont équipé 71 femelles de puces GPS et de capteurs mesurant la profondeur en fonction du temps, avant de les suivre entre 2004 et 2012.

L'un des objectifs de l'étude était de comprendre comment les éléphants de mer répondent à un dilemme fondamental: doivent-ils profiter de l'obscurité de la nuit pour se nourrir, alors que leurs proies se trouvent à proximité de la surface, plus accessibles? Ou au contraire mettre à profit ces quelques heures pour se reposer, à l'abri de leurs propres prédateurs, requins et orques?

Conscience de leur propre poids

Grâce à ces données, les chercheurs ont déterminé que les phoques plongent sous le niveau de la surface pour plusieurs raisons: expéditions de chasse en profondeur, simples déplacements, ou immersion de repos, au cours desquelles les mammifères marins se laissent dériver et semblent dormir.

Ces phases de repos ont permis aux chercheurs de calculer la masse graisseuse des éléphants de mer, grâce à leur flottabilité dans l'eau.

"Cela nous permet de suivre leur poids presque en continu, ce qui n'a jamais été fait" pour d'autres animaux, souligne Roxanne Beltran.

Amaigris par l'hiver, les phoques s'enfoncent dans l'eau au début de leur migration. Mais ils prennent du poids au cours de leur périple, jusqu'à être capables de flotter lorsque leur masse graisseuse atteint 30%.

Autre découverte des chercheurs: plus les animaux prennent du poids, plus ils sont susceptibles de se reposer la nuit, plutôt que de se risquer à chasser dans les abondantes eaux nocturnes. L'étude prouve donc une théorie déjà ancienne selon laquelle l'état dans lequel se trouvent les animaux influence leur prise de risque.

L'équipe de Roxanne Beltran suppose aussi que les éléphants de mer savent à quel point ils flottent ou, autrement dit, à quel point ils sont gros. Les individus les plus gras se reposent en effet plus loin de la surface que leurs congénères plus minces, un comportement qui suggère qu'ils savent qu'ils flottent mieux et dériveront ainsi vers la surface mieux éclairée et ses dangers.

Alors que l'industrie de la pêche se tourne désormais vers la zone aphotique de l'océan, entre 200 et 1.000 mètres de profondeur, l'Homme pourrait consommer de plus en plus les mêmes poissons que l'éléphant de mer.

Les résultats de cette étude, en plus d'étendre notre connaissance de cet écosystème encore mystérieux, jettent ainsi une lumière nouvelle sur les efforts de conservation à mettre en œuvre pour protéger les éléphants de mer, conclut Roxanne Beltran.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".