Les organisations musulmanes boycottent l’examen de la stratégie britannique contre l'extrémisme

William Shawcross arborant sa médaille de commandeur de l'Ordre royal de Victoria (RVO) lors d'une cérémonie d'investiture au palais de Buckingham, le 10 mars 2011. (Getty Images)
William Shawcross arborant sa médaille de commandeur de l'Ordre royal de Victoria (RVO) lors d'une cérémonie d'investiture au palais de Buckingham, le 10 mars 2011. (Getty Images)
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Publié le Jeudi 18 mars 2021

Les organisations musulmanes boycottent l’examen de la stratégie britannique contre l'extrémisme

  • Un groupe de plus de 450 organisations islamiques du Royaume-Uni boycottera l’examen du programme antiradicalisation Prevent
  • William Shawcross, qui a dirigé l’UK Charity Commission de 2012 à 2018, est accusé d'avoir fait preuve par le passé d’hostilité envers l'islam et les musulmans

LONDRES: Un groupe de plus de 450 organisations islamiques du Royaume-Uni boycottera l’examen de Prevent, le programme antiradicalisation du gouvernement en raison de la nomination de son président.

En effet, William Shawcross, qui a dirigé l’UK Charity Commission de 2012 à 2018, est accusé d'avoir fait preuve par le passé d’hostilité envers l'islam et les musulmans.

Prevent a pour mission d’aider les écoles, les trusts médicaux, les prisons et les autorités locales qui signalent les individus qui, selon eux, risquent de se tourner vers des idéologies extrémistes.

Toutefois, des critiques s’élèvent depuis longtemps contre ce programme, estimant qu'il facilite la discrimination des minorités ethniques et religieuses du Royaume-Uni, et en particulier celle des membres de la communauté musulmane.

Beaucoup de voix se sont élevées pour réclamer un contrôle indépendant des modalités de ce programme, son impartialité étant remise en question.

L'opposition à Shawcross s’est développée après son passage à la Charity Commission où, sous sa direction, des organisations caritatives musulmanes ont déclaré avoir été injustement et disproportionnellement ciblées par des enquêtes sur leurs activités.

Des groupes qui comptent 350 mosquées, l'Association des avocats musulmans, le Réseau de la jeunesse musulmane et Advancing Voices of Women Against Islamophobia ont publié la déclaration suivante: «Aucun examen sérieux, objectif ni critique ne peut être entrepris par une personne ayant un tel bilan – nous devrions plutôt nous attendre à ce qu’il favorise un durcissement des politiques envers les musulmans.»

Ils ajoutent: «Si les organisations musulmanes s'engagent dans cet examen, cela renforcera sa légitimité et augmentera sa capacité à recommander des politiques plus néfastes pour la communauté.»

Neil Basu, l'un des principaux officiers de la police antiterroriste britannique, a qualifié cet examen de «pilier le plus important de notre stratégie antiterroriste»; mais il a averti que le manque de confiance dont fait preuve la communauté musulmane vis-à-vis de la nomination de Shawcross pour superviser son examen risquait de compromettre ses progrès.

«Nous allons, bien sûr, travailler avec l'examinateur choisi par le gouvernement, car nous croyons que le processus donnera à nos praticiens de Prevent l'occasion de partager leurs nombreuses années d'expertise et de perspicacité dans l'espoir d'apporter une amélioration durable à cette stratégie vitale», fait-il savoir.

«Mais nous reconnaissons également à quel point le soutien et la confiance de nos communautés seront importants si nous voulons continuer à protéger les personnes vulnérables, et c'est donc avec une grande déception que j'ai lu que certains groupes clés prévoyaient de boycotter complètement l'examen.»

La confiance affichée par Basu à l’égard de Prevent n’est pas partagée par les signataires de la déclaration de boycott de l’examen.

Le professeur Nasar Meer, de l'université d'Édimbourg, déclare ainsi: «Prevent constitue une mauvaise politique, qui n'a fait que s'aggraver avec le temps. On attend depuis longtemps que l’attaque contre la liberté d'expression, la restriction des libertés fondamentales et la criminalisation des communautés qu’il suscite soient soumis à une critique indépendante. Malheureusement, l’examen de Shawcross ne promet rien de tel.»

Selon la Dr Fatima Rajina, de l’université de Montfort, «la présence de Prevent dans les petites organisations au sein des communautés locales qui fournissent des services essentiels […] illustre son caractère pernicieux». Elle ajoute: «Prevent étend ses tentacules dans des espaces communautaires qui devraient rester sûrs pour les musulmans mais, encore une fois, il est là pour surveiller et contrôler.»

Un porte-parole du Home Office a défendu la nomination de Shawcross, déclarant: «Il est absolument faux de laisser entendre que Prevent se concentre sur un groupe, une ethnie ou une idéologie en particulier. Malheureusement, certaines organisations continuent de perpétuer des mensonges sur Prevent.»

«Un panel dirigé par un président indépendant a évalué des candidats [au poste d’] examinateur indépendant de Prevent et il a estimé que William Shawcross répondait aux critères et qu’il possédait l’expérience et les compétences requises.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.