Attentats de 2016: la Belgique se souvient des morts et des vies «bouleversées»

Le roi Philippe de Belgique et la reine Mathilde se recueillent lors d'une cérémonie en hommage aux victimes belges d'actes de terrorisme (Photo, AFP)
Le roi Philippe de Belgique et la reine Mathilde se recueillent lors d'une cérémonie en hommage aux victimes belges d'actes de terrorisme (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 22 mars 2021

Attentats de 2016: la Belgique se souvient des morts et des vies «bouleversées»

  • Revendiquées par l'organisation Etat islamique (EI), ces attentats perpétrés par trois kamikazes ont aussi fait plus de 340 blessés
  • Moment fort de cet hommage, organisé avec les associations de victimes V-Europe et Life4Brussels, Edmond Pinczowski a raconté la perte de ses deux enfants

BRUXELLES: « Aline, Patricia, Léopold, Gilles, Johanna, Loubna... ». Un hommage national a été rendu lundi aux 32 morts des attentats jihadistes du 22 mars 2016 à Bruxelles, les pires attaques vécues dans ce pays depuis la Seconde Guerre mondiale, qui devraient donner lieu à un procès hors normes l'an prochain. 

En début de matinée, le roi des Belges Philippe et la reine Mathilde, tous deux en manteau noir, se sont recueillis devant une fresque à la mémoire des victimes à la station de métro Maelbeek (16 morts) après avoir assisté à la lecture de leurs prénoms. 

Une heure plus tôt, un hommage similaire, avec une poignée de proches de victimes, pandémie oblige, avait eu lieu à l'aéroport de Zaventem, où une autre attaque suicide avait également fait seize morts le même matin il y a cinq ans. 

Revendiquées par l'organisation Etat islamique (EI), ces attentats perpétrés par trois kamikazes ont aussi fait plus de 340 blessés. 

« Une multitude d'existences furent bouleversées à jamais », a relevé le Premier ministre Alexander De Croo lors d'une troisième cérémonie, entrecoupée de musique, poésie et dépôts de fleurs, dans le quartier européen. 

Moment fort de cet hommage, organisé avec les associations de victimes V-Europe et Life4Brussels, Edmond Pinczowski a raconté la perte de ses deux enfants, Alexander et Sascha, 29 et 26 ans, qui devaient embarquer ce matin-là à Zaventem à bord d'un vol pour New York. 

« Alexander le gentil géant comme disaient ses amis, et ma fille Sascha, qui après les attentats de Paris (13 novembre 2015, 130 morts) s'était élevée contre la propagation du sentiment anti-musulman », s'est souvenu ce sexagénaire néerlandais. 

Lui et sa femme sont restés trois jours sans nouvelles de leurs enfants, après le chaos provoqué par la double explosion dans un hall d'aéroport bondé. « On nous a prévenus le matin du 25 mars que tous deux n'avaient pas survécu », a dit M. Pinczowski. 

Cet anniversaire intervient sur fond de critiques en raison des lenteurs de l'administration et des assurances pour prendre en charge les préjudices des attaques. 

« Des manquements »  

Life4Brussels a déploré l'abandon par le gouvernement belge d'un projet de « fonds de garantie », sur le modèle français, qui aurait permis aux victimes de percevoir une aide forfaitaire de l'Etat, à charge ensuite à ce dernier de se tourner vers les assureurs pour récupérer l'argent. 

En Belgique, les dossiers sont traités au cas par cas, « on laisse les victimes s'adresser elles-mêmes à une multitude d'organismes publics ou privés », a regretté l'association, parlant d'un sentiment d'« abandon » vécu par nombre d'entre elles. 

Me Nic Reynaert, qui voyageait dans la rame ciblée par le kamikaze du métro, a assigné ce mois-ci en justice l'Etat et un assureur pour « erreurs et négligences ». Il souffre de lésions neurologiques, selon lui mal diagnostiquées. 

D'autres blessés ont témoigné dans la presse de difficultés similaires pour faire reconnaître une incapacité de travail, qui dans certains cas a resurgi des mois après les attentats. 

« S'il y eu des manquements (de la part des pouvoirs publics), nous devrons faire mieux », a concédé Alexander De Croo lundi. 

Dans la procédure judiciaire, 720 parties civiles ont déjà été recensées, ce qui laisse entrevoir le plus grand procès de l'histoire du pays. 

Début janvier, dix suspects ont été renvoyés en cour d'assises pour « assassinats commis dans un contexte terroriste ». Le procès pourrait se tenir à partir de septembre 2022 à Bruxelles. 

Parmi les principaux accusés figurent, outre Salah Abdeslam (seul membre encore en vie des commandos du 13 Novembre), deux hommes qui accompagnaient les trois kamikazes morts le 22 mars. Il s'agit de Mohamed Abrini, « l'homme au chapeau », qui a renoncé à se faire exploser à l'aéroport, et Osama Krayem, qui, lui, a rebroussé chemin après être entré dans le métro. 

Le procureur fédéral Frédéric Van Leeuw a saisi l'occasion de cette journée du souvenir pour appeler les autorités belges à « se pencher un peu plus sur la Syrie » et la situation des camps où vivent encore des milliers de combattants jihadistes. Il faudrait selon lui rapatrier les Européens pour les juger dans leur pays. 

Le camp d'Al-Hol est « totalement incontrôlable » et pourrait devenir une base arrière de l'EI pour de futurs attentats, « ça risque de nouveau de nous péter à la figure », a averti le magistrat sur la chaîne d'information en continu LN24. 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.