La tapisserie «L'Ecole d'Athènes» prêtée par la France à la Grèce, berceau de la démocratie

La tapisserie «L'Ecole d'Athènes». (Shutterstock)
La tapisserie «L'Ecole d'Athènes». (Shutterstock)
Short Url
Publié le Mardi 23 mars 2021

La tapisserie «L'Ecole d'Athènes» prêtée par la France à la Grèce, berceau de la démocratie

  • Cette majestueuse tenture de laine et de soie est prêtée à la Grèce, pour cinq mois à un an, par l'Assemblée nationale française, à l'occasion des festivités du 200e anniversaire de l'Indépendance grecque de l'Empire ottoman
  • Au centre de la tapisserie réalisée par la manufacture des Gobelins entre 1779 et 1785, Platon, en vieillard barbu aux traits empruntés à Léonard de Vinci, est en train de débattre avec Aristote, plus jeune, qui porte sous son bras son «Ethique»

ATHENES: "L'Ecole d'Athènes", tapisserie tissée d'après la célèbre fresque de Raphaël au Vatican, a été accrochée lundi au parlement grec, prêtée pour la première fois par la France à l'occasion du bicentenaire de l'indépendance de la Grèce, pays de Platon et d'Aristote qu'elle représente.

Dans l'enceinte de la Vouli, le parlement hellénique, philosophes et savants de l'Antiquité grecque rejoignent les députés de la Grèce moderne pour les "inspirer dans leurs débats", s'est exclamé le président du parlement Konstantinos Tasoulas, se félicitant de ce "retour à Athènes".

Au centre de la tapisserie réalisée par la manufacture des Gobelins entre 1779 et 1785, Platon, en vieillard barbu aux traits empruntés à Léonard de Vinci, est en train de débattre avec Aristote, plus jeune, qui porte sous son bras son "Ethique". 

Mais ce sont aussi Epicure, Pythagore, Socrate, Ptolémée ou encore Héraclite, à qui Raphaël a donné les traits de Michel-Ange, qui ornent désormais les murs de l'édifice des représentants du peuple.

"Les députés grecs pourront prendre des décisions à la lumière de l'esprit des anciens philosophes (...) et mettre en oeuvre, ici au parlement, ce que Platon pensait être le meilleur moyen de gouverner", a ajouté M. Tasoulas.

"A exactement trois jours du bicentenaire du début de la révolution (grecque) de 1821, le parlement accueille l'oeuvre d'art la plus diplomatique et artistique qui lui ait jamais été offerte", a déclaré le président de la Vouli, peu après l'accrochage de la tapisserie.

Cette majestueuse tenture de laine et de soie est prêtée à la Grèce, pour cinq mois à un an, par l'Assemblée nationale française, à l'occasion des festivités du 200e anniversaire de l'Indépendance grecque de l'Empire ottoman.

Les fresques, peintes entre 1508 et 1511 par le peintre italien Raphaël dans l'appartement du pape Jules II, ont été d'abord copiées à la fin du XVIIe siècle sur des cartons et des toiles par l'Académie de France à Rome, créée par Louis XIV, puis transposées en huit tapisseries par la manufacture des Gobelins. 

La plus illustre, "L'Ecole d'Athènes" a donné lieu à deux tissages, tous deux exposés depuis 30 ans à Paris: l'un est toujours suspendu à l'Assemblée nationale, au dessus du perchoir (l'emplacement du président de l'assemblée), le second jusqu'ici à l'hôtel de Lassay, la résidence du président, a fait le voyage jusqu'à Athènes.

Attachement à la démocratie grecque 

Cette tapisserie "signifie tout l'attachement que nous avons pour la démocratie, elle rappelle ce que toutes les démocraties occidentales doivent à la démocratie grecque", a souligné Patrick Maisonnave, l'ambassadeur de France en Grèce. 

"Il est bon de rappeler que ces valeurs nées ici en Grèce doivent continuer à irriguer la démocratie demain", a-t-il souligné, se félicitant que "L'Ecole d'Athènes soit présente, au même moment, à l'Assemblée nationale française et au coeur même de la Vouli".

Avec ce prêt à l'initiative du président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, et du directeur du Mobilier national, Hervé Lemoine, c'est la première fois que la tapisserie "quitte la France et qu'elle vient en Grèce", a déclaré à l'AFP Gérald Rémy, conservateur du patrimoine et inspecteur des collections au Mobilier national.

Elle sera montrée aux Athéniens dans le cadre d'une exposition consacrée aux Philhellènes - ces combattants étrangers qui ont participé à la guerre d'indépendance de la Grèce - à la Vouli à partir du 19 avril.

Thododris Koutsogiannis, commissaire de l'exposition, s'est dit "très heureux et fier" de voir cette "oeuvre monumentale", dont le prêt illustre "les liens étroits entre nos deux pays" au côté d'autres oeuvres maîtresses célébrant "la libération grecque".

La Grèce fête jeudi le bicentenaire de son indépendance de l'empire ottoman. Invité, le président français Emmanuel Macron ne pourra finalement pas faire le déplacement en raison de la situation sanitaire en France, mais la ministre des Armées Florence Parly le représentera.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
Short Url
  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
Short Url
  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Short Url
  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".