Les géants de la mode, mauvais élèves du développement durable

Le rapport est le premier d'une série d'analyses basées sur «l'indice de durabilité» que le site spécialisé Business of Fashion publiera dans la perspective de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques qui aura lieu à Glasgow, en novembre 2021. (Photo, AFP)
Le rapport est le premier d'une série d'analyses basées sur «l'indice de durabilité» que le site spécialisé Business of Fashion publiera dans la perspective de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques qui aura lieu à Glasgow, en novembre 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 23 mars 2021

Les géants de la mode, mauvais élèves du développement durable

  • Les pires résultats s'affichent dans le domaine des déchets, avec presque 40 millions de tonnes de textiles envoyées dans des décharges ou incinérées chaque année
  • La mode est responsable de 8 à 10% des émissions mondiales de carbone, «plus que tous les vols internationaux et le transport maritime réunis»

PARIS: Les géants de la mode peinent à honorer leurs engagements écoresponsables, selon un rapport publié lundi par le site spécialisé Business of Fashion qui déplore l'écart entre les discours et les faits. 

L'étude, qui a été rédigée par un groupe d'experts internationaux indépendants, établit «l'indice du développement durable» pour quinze groupes: cinq dans le secteur du luxe parmi lesquelles Kering et LVMH, cinq enseignes de grande distribution (H&M, Levi Strauss, Gap...) et cinq dans le sportswear dont Nike et Adidas. 

Ce rapport est le premier d'une série d'analyses basées sur «l'indice de durabilité» que Business of Fashion (BoF) publiera dans la perspective de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques qui aura lieu à Glasgow, en novembre 2021. 

«Avec moins de 10 ans pour atteindre les objectifs mondiaux en matière de climat et de développement durable, le temps presse et il ne suffit plus de déclarer simplement une ambition de changement», stipule l'étude. 

Les groupes sont évalués dans six domaines: la transparence, les émissions de Co2, l'utilisation de l'eau et des produits chimiques, les matériaux, les droits des travailleurs et les déchets. 

Aucune entreprise n'obtient plus de 50 sur 100 dans ce classement, la holding suisse Richemont (Chloé, Ralph Lauren..), la société japonaise Fast Retailing (Uniqlo, Princesse Tam Tam...) et le groupe américain Under Armour ayant obtenu des scores inférieurs à 25. 

Sollicités, Richemont (avec la note de 14 sur 100) et Under Armour (9) n'ont pas répondu. Les meilleurs élèves sont Kering (Gucci, Saint Laurent...) et Nike, qui ont obtenu respectivement 49 et 47.

«Parmi les plus grandes entreprises de la mode, beaucoup ne savent toujours pas ou ne divulguent pas d'où viennent leurs produits, et plus on descend dans la chaîne d'approvisionnement, plus les choses deviennent opaques», indique le rapport. 

«Cela ouvre la voie à l'exploitation et aux violations des droits humains et crée des difficultés pour mesurer l'impact environnemental de l'industrie.»

Une étude réalisée en 2019 par l'Alliance des Nations Unies pour la mode durable a révélé que la mode était le deuxième plus grand consommateur d'eau et était responsable de 8 à 10% des émissions mondiales de carbone, «plus que tous les vols internationaux et le transport maritime réunis». 

De nombreuses entreprises ont déclaré leurs objectifs de réduire leurs émissions, mais communiquent peu sur la façon dont elles procèdent. 

Richemont, Under Armour et LVMH n'ont de leur côté pas fixé du tout d'objectifs dans ce domaine, selon le rapport. 

Moins de la moitié des entreprises se sont fixé des objectifs de réduction de la consommation d'eau et de l'utilisation de produits chimiques dangereux, et seulement quatre ont un objectif limité dans le temps pour remplacer le polyester, matière synthétique dérivée du pétrole, par des alternatives recyclées. 

Les pires résultats s'affichent dans le domaine des déchets, selon le rapport qui cite une étude récente de la Fondation Ellen MacArthur selon laquelle 40 millions de tonnes de textiles sont envoyées dans des décharges ou incinérées chaque année.

«Les entreprises parlent plus de l'économie circulaire qu'elles ne l'adoptent», écrit le rapport du BoF.  

Le bilan en termes des droits des travailleurs est également lamentable.

Selon Anannya Bhattacharjee de l'Asia Floor Wage Alliance, une des autrices du rapport, la situation reste inchangée depuis plus de 10 ans. «Les engagements en faveur d'un salaire décent n'ont aucun sens si les prix d'achat ne couvrent pas le coût du salaire décent».


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".