Joe Biden «guest star» d'un sommet européen virtuel

Joe Biden sera en liaison avec les leaders européens à 20H45 (19H45 GMT), a précisé le porte-parole de Charles Michel (Photo, AFP).
Joe Biden sera en liaison avec les leaders européens à 20H45 (19H45 GMT), a précisé le porte-parole de Charles Michel (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 24 mars 2021

Joe Biden «guest star» d'un sommet européen virtuel

  • Joe Biden souhaite discuter «des intérêts communs en matière de politique étrangère, notamment la Chine et la Russie», selon la Maison Blanche
  • Ce sera sa première participation à une réunion avec les dirigeants des 27 pays de l'UE, mais ce ne sera pas une première

BRUXELLES: Les Etats-Unis et l'Union européenne vont concrétiser leur volonté de «reconstruire leur alliance» avec la participation jeudi du président Joe Biden à un sommet européen, première occasion pour lui de s'entretenir avec les dirigeants du Vieux Continent.

«Il est temps de reconstruire notre alliance transatlantique», a affirmé mardi le président du Conseil européen Charles Michel en annonçant la participation du président américain au sommet qu'il présidera jeudi et vendredi.

«Le président Biden s'entretiendra avec les dirigeants de l'Union européenne de son désir de revitaliser les relations entre les États-Unis et l'UE, de travailler ensemble pour lutter contre la pandémie, faire face au changement climatique et d'approfondir la relation la plus importante au monde en matière de commerce et d'investissement», a confirmé la Maison Blanche dans un communiqué.

Joe Biden sera en liaison avec les leaders européens à 20H45 (19H45 GMT), a précisé le porte-parole de Charles Michel.

Ce sera sa première participation à une réunion avec les dirigeants des 27 pays de l'UE, mais ce ne sera pas une première. Barack Obama avait participé à un sommet européen le 5 avril 2009 et George W. Bush avant lui en juin 2001 à Göteborg, en Suède.

«Symbole fort»

«On est dans une phase d’alignement des positions avec la visite de Blinken et aussi la simultanéité des sanctions contre la Chine avec les Etats-Unis et le Canada, sans oublier la visite de John Kerry début mars pour parler climat», a commenté Eric Maurice de la Fondation Robert Schuman, un centre de réflexion européen.

«C'est un symbole fort du dialogue, même si on sait que les intérêts peuvent être divergents sur certaines grandes questions comme la relation avec Pékin, la fiscalité et la réglementation du numérique», a-t-il souligné.

L'Union européenne a retrouvé un partenaire et un ami avec l'élection du démocrate Joe Biden. L'homme n'est pas un inconnu. Il a été le vice-président de Barack Obama et l'équipe qu'il a constituée compte bon nombre de pro-européen comme le secrétaire d'Etat Antony Blinken.

La reconstruction du partenariat transatlantique s'est imposée comme la priorité. Et les premiers actes ont très vite suivi avec un accord pour suspendre pour quatre mois les droits de douane imposés dans la vieille dispute entre l'avionneur européen Airbus à son rival américain Boeing.

Commerce: Washington et Paris discutent de la Chine et du litige entre Airbus et Boeing

La nouvelle représentante américaine du Commerce et le ministre français de l'Economie se sont engagés à «renforcer leur coopération» sur plusieurs objectifs communs liés à la Chine, au travail forcé et à la lutte contre le changement climatique. Ils ont aussi discuté de leur «solide intérêt» à résoudre le vieux conflit opposant Airbus et Boeing.

Washington et Bruxelles ont déjà signalé début mars leur volonté de prendre «un nouveau départ» dans leurs relations commerciales en annonçant une pause dans ce litige. Ils ont ainsi suspendu temporairement les droits de douane et ont aussi parlé de la question des surcapacités d'acier et d'aluminium au niveau mondial.

Au cours de cet entretien, Bruno Le Maire et Franck Riester «ont souligné l'importance pour la France du partenariat transatlantique et leur désir que l'Union européenne et les États-Unis continuent à entretenir des relations commerciales et d'investissement fortes».

Les capitales européennes ne cachent plus leur soulagement après les années conflictuelles de la présidence de Donald Trump.

Le sommet européen des 25 et 26 mars devait se tenir en présentiel à Bruxelles et il avait un ordre du jour conséquent, dominé par la lutte contre la pandémie.

Mais la virulence du virus dans plusieurs pays a contraint la plupart des dirigeants européens à adopter des mesures de confinement et le sommet est devenu une visioconférence, une formule qui ne permet pas de débats ni de décisions, a déploré un responsable européen. 

Joe Biden souhaite toutefois discuter «des intérêts communs en matière de politique étrangère, notamment la Chine et la Russie», selon la Maison Blanche.

Les Européens doivent pour leur part s'accorder sur leurs difficiles relations avec la Turquie, membre de l'Otan, dont le comportement suscite également de sérieuses préoccupations aux Etats-Unis avec l'achat à la Russie d'un système de défense antimissile.

«Ce n'est un secret pour personne que nous avons des différends avec la Turquie. Ce n'est pas non plus un secret que la Turquie est un allié de longue date et apprécié, et un allié que nous avons, je crois, un grand intérêt à garder ancré à l'Otan», a averti mardi Antony Blinken.

Le secrétaire d'État américain participe à Bruxelles à une réunion avec ses homologues de l'Otan pour préparer le sommet de l'Alliance prévu en juin. Il rencontrera mercredi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

La première visite physique de M. Biden en Europe devrait avoir lieu à l'occasion du sommet du G7 en Cornouailles, en Angleterre, du 11 au 13 juin, et il devrait participer ensuite à son premier sommet de l'Otan, prévu à la même période. Un sommet avec les dirigeants de l'Union européenne est également planifié pour ces dates.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.