Sans Trump, la désinformation politique se fait discrète... pour l'instant

« Le facteur le plus important a été de priver Donald Trump de son audience », soutient le professeur Russell Muirhead (Photo, AFP).
« Le facteur le plus important a été de priver Donald Trump de son audience », soutient le professeur Russell Muirhead (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 28 mars 2021

Sans Trump, la désinformation politique se fait discrète... pour l'instant

  • Près de trois mois après la suspension du compte Twitter de Donald Trump, le nombre de publications aux affirmations politiques erronées ou trompeuses a connu une baisse spectaculaire aux Etats-Unis
  • Mais l'effet risque d'être de courte durée, dans un environnement en ligne où l'actualité façonne la désinformation

WASHINGTON: Lorsque Twitter a annoncé la suspension permanente du compte de Donald Trump après l'assaut du 6 janvier sur le Capitole américain, le réseau social s'est justifié en évoquant le risque de nouvelles incitations à la violence.

L'annonce était intervenue après des semaines de contestation de la victoire de Joe Biden à la présidentielle de 2020 par le milliardaire.

Près de trois mois plus tard, le nombre de publications aux affirmations politiques erronées ou trompeuses a connu une baisse spectaculaire aux Etats-Unis, une tendance dont Twitter et Facebook souhaitent s'attribuer le mérite.

Avec Trump privé de porte-voix et Biden bien plus discret dans les médias, l'absence d'élection à court terme pousse les Américains à délaisser la vie politique et s'intéresser davantage à la reprise économique et à la campagne de vaccination contre la Covid-19.

C'est cette bascule, plutôt qu'un changement fondamental dans la manière dont se répandent les fausses informations, qui est à l'origine de ce faible niveau de publications mensongères, selon des experts.

« Le facteur le plus important a été de priver Donald Trump de son audience », soutient le professeur Russell Muirhead, co-auteur de « A Lot of People Are Saying » (« Beaucoup disent que... », non traduit), une expression que l'ancien président américain utilisait régulièrement avant de lancer des affirmations sans fondement.

« Cela a entraîné la disparition d'une tempête quotidienne de désinformation dans l'écosystème », déclare-t-il.

Mais l'effet risque d'être de courte durée, dans un environnement en ligne où l'actualité façonne la désinformation. Les théories du complot sur les vaccins ont par exemple proliféré au début de 2021.

« Une situation étrange »

« On peut s'attendre à voir le volume de fausses informations remonter à l'approche d'une élection », souligne Russell Muirhead.

Donald Trump possédait plus de 88 millions d'abonnés sur son compte Twitter avant sa suspension. Ses tweets et publications Facebook étaient son moyen préféré d'affirmer sans fondements -- plus de 60 recours de ses équipes ont été déboutés par la justice -- qu'une fraude électorale de grande ampleur lui a coûté un second mandat.

« Le sujet prépondérant de désinformation en 2020 était l'intégrité de cette élection », analyse Joshua Tucker, professeur de sciences politiques et expert en analyse de données et des réseaux sociaux à l'université de New York.

« Nous sommes dans une situation étrange où deux-tiers des républicains sont toujours convaincus que l'élection était frauduleuse. La période d'attente de deux mois et demi entre (l'élection de) novembre et l'investiture a donné un aspect intéressant à la désinformation pour eux car il y avait cette question non-résolue de qui serait président le 21 janvier », au lendemain de la cérémonie d'investiture, souligne-t-il.

« Cette question a perdu beaucoup de son intérêt après le 21 janvier », ajoute-t-il.

Un réseau social Trump ?

Mais le récit complotiste ne s'est pas éteint pour autant.

Après l'investiture de Joe Biden, les tenants des théories du complot QAnon ont affirmé que Trump reviendrait au pouvoir le 4 mars. Une affirmation qui a conduit les autorités fédérales à renforcer la sécurité autour des lieux de pouvoir à Washington.

La date du 4 mars est passée sans incidents, poussant encore plus à la marge la nébuleuse QAnon, tenante d'une théorie selon laquelle Joe Biden et les démocrates font partie d'un complot mondial sataniste et pédophile.

Pourquoi certains continuent-ils de partager des informations erronées ? Début mars, des chercheurs ont affirmé que les Américains propagent de fausses informations sur les réseaux sociaux simplement parce qu'ils ne se demandent pas si le contenu est vrai ou faux.

Trump, privé de ses caisses de résonance qu'étaient Twitter et Facebook, a laissé poindre son isolement relatif dans quelques interviews sans panache, même si son entourage a laissé entendre qu'il pourrait lancer son propre réseau social pour l'aider à effectuer son grand retour.

Mais Joshua Tucker s'est dit sceptique sur la capacité d'un tel réseau social à dépasser la sphère politique.

« Trump est content de démarrer de nouvelles choses, s'il pense qu'il peut se faire de l'argent. Mais il y a plein de raisons pour lesquelles les gens sont sur les réseaux sociaux, au-delà de la politique », explique-t-il.

Les réseaux sociaux comme « TikTok ou Clubhouse visent l'ensemble du marché américain. Mais si vous êtes Trump, vous commencez avec un handicap. Le fait qu'une plateforme soit affiliée à Trump signifiera que beaucoup de gens refuseront de s'en approcher », précise le chercheur.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.