Face aux pressions étrangères, Pékin sort les crocs

L'une des figures de cette génération de diplomates décomplexés est un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Zhao Lijian (Photo, AFP).
L'une des figures de cette génération de diplomates décomplexés est un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Zhao Lijian (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 05 avril 2021

Face aux pressions étrangères, Pékin sort les crocs

  • Aux prises avec l'Occident sur des différends de plus en plus nombreux, la Chine réplique désormais du tac au tac avec une diplomatie décomplexée
  • Le terme de «loup combattant» désigne notamment des diplomates chinois qui défendent à cor et à cri les positions de leur pays sur Twitter

PEKIN: Aux prises avec l'Occident sur des différends de plus en plus nombreux, la Chine réplique désormais du tac au tac avec une diplomatie décomplexée et des « loups combattants » qui n'hésitent plus à sortir les crocs.

Les récentes sanctions occidentales pour des violations supposées des droits de l'Homme par Pékin dans sa région du Xinjiang et la question des musulmans ouïghours donnent du grain à moudre aux diplomates chinois.

Qu'est-ce que les « loups combattants » ? 

Il est loin le temps où Deng Xiaoping, le numéro un chinois de 1978 à 1992, promouvait l'idée d'une diplomatie empreinte de prudence, préconisant selon un dicton ancien de « cacher ses capacités et attendre son heure ». 

Le ton a résolument changé avec l'arrivée au sommet du Parti communiste (PCC), fin 2012, du président Xi Jinping, initiateur d'un progressif changement de cap. 

Le terme de « loup combattant » désigne notamment des diplomates chinois qui défendent à cor et à cri les positions de leur pays sur Twitter, un réseau social pourtant interdit en Chine.

Ce surnom circule depuis quelques années dans le milieu de la sinologie, en référence au titre d'un film d'action chinois où un héros à la Rambo combat des mercenaires occidentaux.

Pourquoi ce changement de ton ?

Lors de la présidence américaine de Donald Trump, Pékin justifiait cette approche par les fulminations, pas toujours très diplomatiques, de l'ex-locataire de la Maison Blanche.

Depuis lors, de nombreux diplomates chinois investissent Twitter pour défendre, parfois avec véhémence, la position de leur gouvernement.

L'une des figures de cette génération de diplomates décomplexés est un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Zhao Lijian.

L'an dernier en pleine pandémie, Zhao avait provoqué une vive polémique en suggérant que des sportifs militaires américains avaient peut-être apporté la Covid-19 en Chine.

Une réplique aux accusations d'alors de « virus chinois » de l'ex-président Donald Trump, qui affirmait sans preuves que le coronavirus avait peut-être fuité d'un laboratoire chinois.

Nouvelle controverse en décembre avec l'Australie : sur fond de tensions avec ce pays, Zhao Lijian provoquait cette fois l'ire de Canberra pour un photo-montage controversé au sujet de crimes de guerre commis en Afghanistan. 

L'image polémique, qualifiée de « répugnante » par Canberra, montrait un homme habillé en soldat australien, tenant un couteau plein de sang contre la gorge d'un enfant afghan. 

Pourquoi les « loups » sont-ils à nouveau de sortie ?

L'arrivée à la présidence américaine de Joe Biden laissait entrevoir à Pékin l'espoir d'un retour à une relation plus apaisée entre les deux premières économies mondiales.

Mais la première prise de contact sino-américaine de l'ère Biden a, au contraire, été marquée en Alaska par un discours de fermeté de part et d'autre.

Le plus haut responsable communiste chinois pour la diplomatie, Yang Jiechi, s'en est ainsi pris vertement au secrétaire d'Etat américain Antony Blinken, pour le plus grand plaisir des milieux nationalistes en Chine.

« Un discours musclé » qui « semble avoir enhardi les diplomates chinois pour se livrer à des remarques incendiaires », estime Mathieu Duchâtel, directeur du programme Asie au groupe de réflexion Institut Montaigne.

Une semaine plus tard, le consul général de Chine à Rio de Janeiro, Li Yang, qualifiait sur Twitter le Canada de « chien de garde des Etats-Unis » et interpellait le Premier ministre canadien Justin Trudeau avec un terme fort peu habituel dans les milieux diplomatiques : « mon pote ».

Quant à l'ambassade de Chine en France, elle qualifiait de « petite frappe », « hyène folle », « troll idéologique » un chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), Antoine Bondaz, à qui elle reproche des positions « antichinoises ».

Et maintenant ?

Les pays qui dépendent du marché chinois « sont plus susceptibles d'être soumis » aux positions de Pékin, estime le politologue Chong Ja Ian, de l'Université nationale de Singapour.  

A l'inverse, les pays qui s'attirent déjà les foudres chinoises, notamment le Canada et l'Australie, sont plus enclin à s'adapter et résister, nuance-t-il.

Reste que Pékin peut aussi intensifier en ligne sa pression pour montrer ce qu'il en coûte de s'opposer à la Chine, prévient Duchâtel.

A condition toutefois de manier correctement les réseaux sociaux.

En septembre, un compte Twitter officiel de l'ex-ambassadeur de Chine au Royaume-Uni, Liu Xiaoming, avait « aimé » une vidéo pornographique.

Un piratage, avait alors plaidé l'ambassade.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.