Le célèbre couturier Elie Saab retrouve sa maison en ruines à Beyrouth

Le célèbre couturier Elie Saab retrouve sa maison en ruines à Beyrouth
Short Url
Publié le Mercredi 19 août 2020

Le célèbre couturier Elie Saab retrouve sa maison en ruines à Beyrouth

  • Le couturier, connu dans le monde entier, est le porte-drapeau de l'industrie de la mode au Liban, qui compte de nombreux noms reconnus à l'international
  • Elie Saab n'était pas le seul grand nom de la mode au Liban à posséder une boutique/maison près du port

BEYROUTH : Réduite en ruines, la maison de haute couture du styliste libanais, Elie Saab, est devenue l'une des images emblématiques de la destruction à Beyrouth de bâtisses traditionnelles par une explosion dévastatrice il y a deux semaines.

es
Elie Saab inspectant ce qui reste de sa demeure. (Photo Anwar Amro/AFP).

Le couturier, connu dans le monde entier, est le porte-drapeau de l'industrie de la mode au Liban, qui compte de nombreux noms reconnus à l'international.

Elie Saab a habillé la duchesse de Cambridge, Kate Middleton, parmi une longue liste de célébrités comme les actrices Halle Berry ou Helen Mirren qui ont porté ses robes sur les tapis rouges.

Son élégante maison de couture, surplombant la rue principale du quartier de Gemmayzé, était fréquentée par des stars libanaises ou étrangères.

La maison, comme le quartier, a été complètement détruite par l'explosion le 4 août provoquée, selon les autorités, par un incendie dans un entrepôt du port où était stockée une énorme quantité de nitrate d'ammonium. La déflagration a défiguré des secteurs entiers de Beyrouth, tuant plus de 170 personnes et blessant 6.500 autres.

es1
Le célèbre couturier libanais Elie Saab, son fils Elie Saab Junior et son assistant de longue date, Johnny Zeinoun, dans sa maison en ruines à Beyrouth, le 17 août 2020. (Anwar Amro/ AFP)

"Grâce à Dieu, tout le monde va bien", lance M. Saab à ses équipes, en retournant pour la première fois depuis le drame dans sa maison. Le sol est encore jonché de verre et une table en marbre porte les stigmates de l'explosion.

La façade du bâtiment datant du début du XXe siècle a été éventrée, laissant à découvert l'intérieur de ce joyau de l'architecture traditionnelle libanaise, qui avait survécu aux ravages de la guerre civile (1975-1990).

"Pas de sang"

"Ce lieu respirait la vie", affirme à l'AFP Johnny Zeinoun, un assistant du couturier. "Le voir comme ça...", soupire-t-il, en observant les dégâts.

Très peu de monde se trouvait dans la maison le 4 août et personne n'a été blessé, raconte M. Zeinoun, en montrant une vidéo du hall principal après la déflagration.

Des débris, dont le verre brisé des miroirs traditionnels damascènes incrustés de nacre, ont complètement recouvert le sol.

M. Saab a d'abord demandé si quelqu'un était blessé, se souvient M. Zeinoun. "Il a dit: 'je ne veux pas entendre qu'il y a eu du sang'."

Le grand couturier a acquis la maison en 2006 et l'a rénovée. Il a voulu préserver la beauté des maisons traditionnelles, avec leurs fenêtres en arc et hauts plafonds, déclare à l'AFP le journaliste de mode Ali Jaffal.

es2
Un vinyle de Feyrouz... Le Liban pour toujours. (Photo Anwar Amro/AFP).

Des photos publiées dans le magazine de décoration Architectural Digest en 2009 montrent l'élégant hall principal, orné de colonnes en marbre et de triptyques de fenêtres, réchauffé par des chandeliers de style ottoman.

Aujourd'hui, les colonnes sont brisées, à terre, les fenêtres et le balcon détruits et l'un des chandeliers n'est plus qu'un amoncellement de verre suspendu à un enchevêtrement de fils.

De l'autre côté de la rue, les maisons sont également éventrées.

Les quartiers les plus touchés abritaient une importante concentration de galeries d'art et boutiques, ainsi que des bars et restaurants branchés. 

La déflagration a porté un coup très dur au secteur créatif, déjà très affecté par la pire crise économique qu'ait connue le Liban.

"En un instant"

M. Saab n'était pas le seul grand nom de la mode au Liban à posséder une boutique/maison près du port.

La boutique principale de Zuhair Murad se trouve à quelques mètres seulement du port. Des images partagées par le styliste sur les réseaux sociaux montrent des débris sortant des vitrines autrefois étincelantes, aujourd'hui brisées.

"Les efforts de plusieurs années sont partis en fumée en un instant", a-t-il écrit. Toute son équipe a quitté les bureaux peu avant la déflagration, en voyant une première fumée s'élever du port. Le styliste s'est dit "extrêmement reconnaissant que (son équipe) soit en sécurité".

Dans la rue d'Elie Saab, se trouve l'atelier de Rabih Kayrouz, qui a habillé Céline Dion ou encore Jada Pinkett Smith, installé dans le palais Dagher datant du XIXe siècle.

M. Kayrouz a publié sur Instagram des photos des tuiles arrachées du toit du palais. "Nous laissons cette belle dame se remettre" du drame, a-t-il écrit. "Nous serons de retour rapidement."

Malgré les dégâts, la pandémie de nouveau coronavirus et la crise économique, M. Saab veut reconstruire, indique M. Zeinoun. "Nous pouvons recommencer", lui a dit le styliste.


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Short Url
  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Short Url
  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Short Url
  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.