Biden retarde la hausse des admissions de réfugiés

Le président des Etats-Unis avait initialement affirmé souhaiter admettre jusqu'à 60 000 personnes lors de l'année budgétaire en cours, avant de porter le plafond à 125 000 lors de l'année budgétaire prochaine. (Photo, AFP).
Le président des Etats-Unis avait initialement affirmé souhaiter admettre jusqu'à 60 000 personnes lors de l'année budgétaire en cours, avant de porter le plafond à 125 000 lors de l'année budgétaire prochaine. (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 17 avril 2021

Biden retarde la hausse des admissions de réfugiés

  • Le président US conserve cette année le plafond historiquement bas de 15 000 personnes fixé par son prédécesseur
  • La décision a suscité des critiques virulentes au sein des démocrates, dont certains dénoncent «les politiques xénophobes et racistes de l'ère Trump»

WASHINGTON: Joe Biden a retardé vendredi son projet d'une augmentation importante du nombre de réfugiés admis aux Etats-Unis, et conserve pour l'instant cette année le plafond historiquement bas de 15 000 personnes fixé par Donald Trump, suscitant des critiques virulentes au sein de son camp démocrate.

Face au tollé, sans précédent dans son propre parti depuis son arrivée au pouvoir en janvier, la Maison Blanche a immédiatement tenté de rétropédaler en assurant qu'il ne s'agissait que d'une décision provisoire, appelée à être revue à la hausse d'ici mi-mai.

Le président des Etats-Unis avait initialement affirmé souhaiter admettre jusqu'à 60 000 personnes lors de l'année budgétaire en cours (qui s'achève en octobre), avant de porter le plafond à 125 000 lors de l'année budgétaire suivante -- une multiplication par huit par rapport aux chiffres légués par son prédécesseur républicain.

Cette promesse s'inscrit dans sa volonté affichée de renouer avec une politique migratoire «humaine» pour tourner la page des restrictions anti-migrants des années Trump.

Mais le gouvernement américain est aussi confronté à une crise à la frontière mexicaine, avec des arrivées par milliers de migrants. L'opposition républicaine accuse Joe Biden d'être responsable d'un «appel d'air».

Il a finalement confirmé le quota fixé par l'ex-président pour cette année, en raison du besoin de «reconstruire» le programme d'admission de réfugiés, a annoncé vendredi son conseiller pour la sécurité nationale Jake Sullivan sur Twitter.

Ce programme ne concerne que des réfugiés sélectionnés par les agences de sécurité et de renseignement américains dans les camps de l'ONU à travers le monde pour être réinstallés aux Etats-Unis, essentiellement parmi les plus vulnérables comme les personnes âgées, veuves, ou handicapées.

Le système a été laissé par le précédent gouvernement «plus mal en point que nous le pensions», «nécessitant une remise en ordre majeure pour atteindre les objectifs que nous avons fixés», a expliqué un responsable américain sous couvert d'anonymat.

«Absolument inacceptable»

Cela «nous permettra d'accueillir beaucoup plus de réfugiés dans les années à venir», a-t-il assuré, sans toutefois entrer dans les détails.

L'objectif de 125 000 réfugiés admis dès la prochaine année budgétaire, promesse emblématique du candidat Biden, n'a pas été remis en cause, mais il n'a pas non plus été explicitement réaffirmé vendredi.

Le président démocrate de la commission des Affaires étrangères du Sénat, Bob Menendez, a jugé que le nombre de 15 000 réfugiés était «terriblement bas» et déploré que les tergiversations de la Maison Blanche aient contribué à ralentir la remise en marche du système. Dans une lettre au président Biden, il a dit redouter que cette situation l'empêche de tenir ses ambitieux objectifs pour la suite.

D'autres élus démocrates se sont insurgés, à l'instar de la députée de l'aile gauche Alexandria Ocasio-Cortez qui a dénoncé un choix «absolument inacceptable».

«Biden a promis d'accueillir les immigrés, et les gens ont voté pour lui sur la base de cette promesse. Conserver les politiques xénophobes et racistes de l'administration Trump» est «tout simplement mal», a-t-elle protesté sur Twitter.

LIRS, une organisation impliquée dans l'aide aux réfugiés aux Etats-Unis, a relevé qu'à ce jour, seulement 2 000 d'entre eux ont été accueillis cette année dans le cadre de ce programme, déplorant la décision de maintenir le quota «honteux» fixé par Donald Trump.

En revanche, plusieurs élus républicains ont, à contre-courant, salué la décision de Joe Biden.

La porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki, a publié en communiqué en forme de réponse aux attaques venues notamment du camp présidentiel, reconnaissant que la décision de Joe Biden avait semé «une certaine confusion».

«En raison de l'état de délabrement du programme d'admission de réfugiés dont nous avons hérité», «son objectif initial de 62 500 semble hors d'atteinte», a-t-elle dit.

Mais le «mémorandum» qu'il a signé ce vendredi vise uniquement à remettre en marche la machine sans tarder, a-t-elle justifié en substance, et l'objectif reste provisoire. «Le président fixera d'ici le 15 mai un quota définitif, et revu à la hausse, de réfugiés pour le reste de cette année budgétaire», a assuré Jen Psaki.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.