La République tchèque expulse 18 diplomates russes, accusés d'espionnage

«Dix-huit employés de l'ambassade russe doivent quitter notre république dans les 48 heures», avait déclaré auparavant le ministre Jan Hamacek aux journalistes. (Photo, AFP)
«Dix-huit employés de l'ambassade russe doivent quitter notre république dans les 48 heures», avait déclaré auparavant le ministre Jan Hamacek aux journalistes. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 18 avril 2021

La République tchèque expulse 18 diplomates russes, accusés d'espionnage

  • «Nous avons des bonnes raisons de penser que des agents de l'unité 29155 du GRU sont impliqués dans l'explosion d'un dépôt de munitions à Vrbetice»
  • Ces révélations vont «nuire aux relations russo-tchèques», a déploré M. Hamacek

PRAGUE: La République tchèque va expulser 18 employés de l'ambassade russe que ses services de renseignement ont identifiés comme des agents des services d'espionnage de Moscou, a annoncé le ministre tchèque des Affaires étrangères samedi.

La police tchèque a indiqué peu après rechercher deux hommes porteurs de passeports russes ayant la même identité que les suspects de la tentative d'empoisonnement au Novitchok de l'ex-agent double Sergueï Skripal en Grande Bretagne en 2018.

Ces deux hommes sont recherchés par la police tchèque pour leur rôle présumé dans l'explosion d'un dépôt de munitions qui avait fait deux morts en 2014, a précisé la police sur son site internet.

«Dix-huit employés de l'ambassade russe doivent quitter notre république dans les 48 heures», avait déclaré auparavant le ministre Jan Hamacek aux journalistes. 

Le Premier ministre tchèque Andrej Babis a expliqué de son côté que son pays avait «des preuves irréfutables» impliquant des agents du GRU, le renseignement militaire russe, dans l'explosion d'un dépôt de munitions qui avait tué deux personnes en 2014.

«Nous avons des bonnes raisons de penser que des agents de l'unité 29155 du GRU sont impliqués dans l'explosion d'un dépôt de munitions à Vrbetice», dans l'est du pays, a dit le Premier ministre.

Il a précisé avoir reçu cette information vendredi.

«L'explosion a provoqué d'immenses dégâts matériels et mis en danger les vies de nombreuses personnes, mais elle a surtout tué deux de nos compatriotes», a ajouté M. Babis.

L'explosion de Vrbetice a eu lieu le 16 octobre 2014 dans un dépôt qui contenait 58 tonnes de munitions. Une autre explosion avait suivi en décembre de la même année dans un dépôt contenant 98 tonnes de munitions.

Suspects de l'affaire Skripal

L'unité tchèque responsable du crime organisé (NCOZ) a souligné que les deux hommes de nationalité russe recherchés étaient Alexander Petrov, né en 1979, et Ruslan Boshirov, né en 1978, soit les mêmes agents que ceux qui sont recherchés par le Royaume-Uni dans l'affaire Skripal.

«Les deux hommes étaient présents sur le territoire tchèque en octobre 2014» lorsque l'explosion de Vrbetice a eu lieu, a fait valoir le NCOZ, ajoutant qu'ils avaient aussi des passeports du Tadjikistan et de la Moldova.

Le Premier ministre tchèque a fait savoir que la décision d'expulser 18 diplomates russes avait le total soutien du président tchèque Milos Zeman.

M. Zeman, prorusse, avait critiqué à plusieurs reprises les services de renseignement de son pays pour avoir accusé la Russie d'être impliquée dans des récentes cyberattaques contre le ministère tchèque des Affaires étrangères, parmi d'autres cibles.

Ces révélations vont «nuire aux relations russo-tchèques», a déploré M. Hamacek, qui venait de prendre par intérim la place de son homologue pro-européen Thomas Petricek aux Affaires étrangères tout en gardant ses fonctions de ministre de l'Intérieur.

M. Petricek avait été mis à pied lundi par le président Zeman après s'être opposé à un recours au vaccin russe contre la Covid-19 Spoutnik V sans le feu vert européen.

Social-démocrate pro-européen, M. Petricek avait également critiqué l'éventuelle participation de la Russie à un chantier nucléaire.

«Nous nous trouvons dans une situation similaire à celle du Royaume-Uni au lendemain de la tentative d'empoisonnement à Salisbury en 2018», a ajouté M. Hamacek en référence au cas de Sergueï Skripal, un ancien agent double qui avait survécu à une attaque des services russes sur le sol britannique.

M. Hamacek a précisé qu'il avait convoqué l'ambassadeur russe Alexandre Zmeïevski ce samedi soir.

La Pologne avait annoncé jeudi avoir expulsé trois diplomates russe accusés d'«actions hostiles», après que les Etats-Unis ont pris des mesures similaires dans le cadre d'une riposte contre une série d'actes imputés à Moscou.

Washington a annoncé jeudi une nouvelle vague de sanctions à l'encontre de la Russie, en riposte à une série d'actes qu'il lui impute, dont des cyberattaques massives et des ingérences dans l'élection présidentielle américaine de novembre. Moscou dément de son côté toute implication.

La Russie a annoncé vendredi qu'elle allait en réponse expulser dix diplomates américains.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.