Mort de George Floyd: une ultime journée de procès pour faire basculer le jury

Des manifestants se rassemblent à Minneapolis le 18 avril pour protester contre les morts de George Floyd et de Daunte Wright (Photo, AFP).
Des manifestants se rassemblent à Minneapolis le 18 avril pour protester contre les morts de George Floyd et de Daunte Wright (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 19 avril 2021

Mort de George Floyd: une ultime journée de procès pour faire basculer le jury

  • Derek Chauvin, un policier blanc de 45 ans, est jugé pour meurtre, homicide involontaire et violences volontaires ayant entraîné la mort de George Floyd, un Afro-Américain, le 25 mai 2020
  • Pendant trois semaines de procès, deux thèses se sont affrontées sur les causes de la mort de cet homme à l'imposant gabarit, surnommé par ses proches le «doux géant»

MINNEAPOLIS: Derek Chauvin a-t-il provoqué la mort de George Floyd ? L'accusation et la défense ont lundi une ultime occasion de faire pencher la balance au procès du policier américain, avant de laisser le jury délibérer dans un climat de fortes tensions après un nouvelle bavure policière.

Derek Chauvin, un policier blanc de 45 ans, est jugé pour meurtre, homicide involontaire et violences volontaires ayant entraîné la mort de George Floyd, un Afro-Américain, le 25 mai 2020 à Minneapolis.

Pendant plus de neuf minutes, il avait maintenu un genou sur le cou du quadragénaire qui était allongé sur le ventre, les mains menottées dans le dos.

Son agonie, filmée en direct par des passants, a suscité des manifestations antiracistes d'une ampleur historique et une vague d'indignation mondiale contre les brutalités policières.

Pendant trois semaines de procès, deux thèses se sont affrontées sur les causes de la mort de cet homme à l'imposant gabarit, surnommé par ses proches le « doux géant ».

L'accusation, qui a appelé à la barre près de 40 témoins, réaffirmera dans ses réquisitions que c'est bien le policier qui tué George Floyd.

Il est mort d'un « manque d'oxygène » provoqué par la pression de Derek Chauvin sur son cou et son dos, ont expliqué plusieurs médecins. L'Afro-Américain avait des problèmes cardiaques mais même une personne en bonne santé « serait morte de ce que Floyd a subi », a affirmé le pneumologue Martin Tobin.

Le policier a aussi fait un usage injustifié de la force alors que George Floyd ne présentait plus une menace, selon des spécialistes des méthodes policières.

Condamnations rares

Le chef de la police de Minneapolis, Medaria Arradondo, a affirmé que son ancien subordonné avait « violé les règles » et « les valeurs » de l'institution.

Des experts et des témoins de la scène ont aussi fustigé l'inaction de Derek Chauvin alors que George Floyd était inconscient.

Pour David Schultz, professeur de droit à l'université du Minnesota, les procureurs « ont fait du très bon travail » pour démontrer que le policier n'avait pas agi « de manière raisonnable ».

Reste à savoir si l'avocat de Derek Chauvin, Eric Nelson, qui sera le dernier à s'exprimer lundi, et les sept témoins de la défense, ont réussi à semer le doute dans l'esprit du jury.

Les condamnations de policiers pour meurtre sont très rares, les jurés ayant tendance à leur octroyer le bénéfice du doute.

Selon Eric Nelson, George Floyd est mort d'une crise cardiaque due à des problèmes de cœur, aggravés par la consommation de fentanyl, un opiacé, et de méthamphétamine, un stimulant, et par l'inhalation de gaz d'échappement pendant qu'il était allongé au sol.

L'ancien policier a utilisé des procédures légales pour maîtriser un individu qui se débattait et le maintenir au sol, d'après la défense. 

Des témoins ont aussi évoqué une « foule hostile » qui représentait une « menace » et a détourné l'attention du policier du sort de George Floyd.

Derek Chauvin, lui, a refusé de s'expliquer, usant du droit de tout accusé aux Etats-Unis à ne pas apporter de témoignage susceptible de l'incriminer.

Tensions

Outre ces témoignages, les jurés - neuf femmes et cinq hommes - ont vu plusieurs fois la vidéo effroyable du calvaire d'un homme criant à de multiples reprises « Je ne peux pas respirer » avant de sombrer dans l'inconscience. 

Ils ont entendu les récits bouleversants des passants, d'abord inquiets puis en colère contre des policiers ignorants les supplications de George Floyd.

Les quatre agents impliqués, qui ont tous été révoqués, intervenaient sur le soupçon que George Floyd avait écoulé un faux billet de 20 dollars pour acheter un paquet de cigarettes, une infraction mineure.

Les policiers ont refusé à George Floyd le bénéfice « de la considération, du professionnalisme (...), de la désescalade qui profite si souvent aux citoyens américains blancs », a fustigé Ben Crump, l'avocat de la famille. « Il n'a même pas eu le bénéfice de l'humanité ».

Les jurés s'isoleront ensuite pour délibérer. Ils devront rendre un verdict unanime pour chacun des trois chefs d'inculpation. Si le jury ne parvient pas à se mettre d'accord sur l'ensemble des charges, le procès sera déclaré « nul ».

Tout autre scénario qu'une condamnation inquiète les autorités locales.

La tension est très forte dans la ville, qui s'était déjà embrasée après la mort de George Floyd. Les commerces sont calfeutrés derrière des plaques de bois, et des soldats de la Garde nationale patrouillent dans les rues.

La mort également la semaine dernière de Daunte Wright, un jeune Afro-Américain tué par une policière blanche lors d'un banal contrôle routier dans la banlieue de Minneapolis, n'a fait qu'augmenter cette tension.

Les forces de l'ordre ont annoncé que, dimanche matin, deux soldats de la Garde nationale avaient été visés par des tirs depuis une voiture qui a ensuite pris la fuite. Les deux militaires n'ont pas été touchés par les balles, et n'ont reçu que des blessures superficielles notamment à cause de verre brisé.

L'issue du procès de Derek Chauvin aura aussi un impact sur celui des trois autres agents, qui doivent être jugés en août pour « complicité de meurtre ».


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.