La Russie annonce le début du retrait de ses troupes près de l'Ukraine

Les gardes-frontières ukrainiens à la frontière russo-ukrainienne près des territoires contrôlés, le 10 novembre 2020 (Photo, AFP)
Les gardes-frontières ukrainiens à la frontière russo-ukrainienne près des territoires contrôlés, le 10 novembre 2020 (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 22 avril 2021

La Russie annonce le début du retrait de ses troupes près de l'Ukraine

  • La Russie a annoncé qu'elle lancerait le retrait de ses troupes massées près de l'Ukraine et en Crimée annexée
  • La présence de ces dizaines de milliers de soldats près de l'Ukraine a grandement alimenté les tensions entre Moscou, Kiev et les Occidentaux

MOSCOU: La Russie a annoncé jeudi qu'elle lancerait dès le lendemain le retrait de ses troupes massées près de l'Ukraine et en Crimée annexée, mettant fin à une présence militaire qui inquiétait l'Occident et Kiev. 

La présence de ces dizaines de milliers de soldats près de l'Ukraine, qui combat déjà depuis 2014 des séparatistes prorusses dans l'Est du pays, a grandement alimenté les tensions entre Moscou, Kiev et les Occidentaux et donné lieu à des passes d'armes verbales. 

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'est félicité de ce retrait, estimant qu'il conduisait à « une réduction proportionnelle de la tension » tout en assurant que son pays « restait vigilant ». 

Les autorités ukrainiennes avaient jusque-là accusé la Russie de chercher à « détruire » leur pays et de préparer une invasion, alors que le conflit avec les séparatistes a gagné en intensité depuis le début de l'année. 

Moscou a rétorqué que ses soldats menaient des « exercices » destinés à faire face aux « actes menaçants » de l'Otan à ses frontières orientales et aux « provocations » de Kiev. Et le Kremlin a souligné à plusieurs reprises « ne menacer personne ». 

« Les troupes ont démontré leur capacité à assurer une défense fiable du pays. J'ai donc décidé d'achever les activités d'inspection dans les districts militaires du Sud et de l'Ouest », frontaliers de l'Ukraine, a déclaré le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, ordonnant aux soldats de « retourner vers leurs points de déploiement permanents » à partir de vendredi.  

Les soldats déployés rentreront avant le 1er mai, a-t-il ajouté. 

M. Choïgou était arrivé quelques heures plutôt dans cette péninsule annexée par la Russie en 2014 pour assister à l'une des phases de ces exercices militaires impliquant 10.000 militaires, l'aviation, une quarantaine de navires de guerre, la défense antiaérienne et des troupes aéroportées. 

 « Dans l'impasse »  

Avant les manœuvres de vendredi en Crimée, plusieurs autres exercices avaient eu lieu les jours précédents en mer Noire, tandis que des dizaines de milliers de soldats -- jusqu'à 100 000 selon l'Union européenne -- étaient massés aux frontières ukrainiennes et en Crimée. 

Moscou a aussi limité pour six mois la navigation de navires militaires et officiels étrangers dans trois zones au large de la péninsule annexée, notamment autour de la presqu'île de Kertch. 

Cette dernière zone est la plus controversée car proche du détroit de Kertch reliant la mer Noire à la mer d'Azov, qui est d'une importance cruciale pour les exportations de céréales ou d'acier produits en Ukraine. 

Ces restrictions avaient été dénoncées comme une « escalade » par Washington. 

Si le retrait des troupes russes devrait faire baisser la tension, le conflit entre Kiev et séparatistes prorusses se poursuit dans l'Est de l'Ukraine et a fait des dizaines de morts depuis janvier. 

Un soldat ukrainien a été tué jeudi dans un bombardement sur la ligne de front, selon l'armée ukrainienne, qui accuse les rebelles de « violer intentionnellement le cessez-le-feu ». 

Peu avant l'annonce de la fin des manœuvres russes, des militaires ukrainiens postés près de la localité de Pisky, en périphérie de Donetsk, l'un des bastions des séparatistes, doutaient encore de la possibilité de résoudre la crise par le dialogue. 

« Tout est dans l'impasse, personne ne veut régler le conflit par les moyens diplomatiques mais personne ne veut la guerre non plus », a relevé Kyrylo, 35 ans, un militaire chargé de la reconnaissance.  

Estimant que l'Ukraine, une ex-république soviétique, faisait office de « tampon entre l'Est et l'Ouest », il a émis l'espoir que le pays rejoigne l'Alliance atlantique. 

« Si on adhère à l'Otan, la Russie sera entourée de toutes parts par l'Alliance et sera foutue », a renchéri un autre soldat au nom de guerre de « Joker », 24 ans. 

Le conflit dans l'Est de l'Ukraine a fait plus de 13 000 morts depuis 2014.  

Mardi, Volodymyr Zelensky a invité son homologue russe Vladimir Poutine à une rencontre dans la zone du front. Une proposition restée pour l'heure sans réponse. 

 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.