Les dirigeants d'Asie du Sud-Est en réunion de crise sur la Birmanie

Les dirigeants des pays d’Asie du Sud-Est se retrouvent aujourd’hui en Indonésie pour discuter de la crise birmane (Photo, AFP).
Les dirigeants des pays d’Asie du Sud-Est se retrouvent aujourd’hui en Indonésie pour discuter de la crise birmane (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 24 avril 2021

Les dirigeants d'Asie du Sud-Est en réunion de crise sur la Birmanie

  • Le leader de la junte Min Aung Hlaing a mené une répression sanglante avec plus de 700 morts depuis sa reprise en main du pouvoir
  • Les dirigeants des pays de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean) doivent se pencher sur la crise birmane qui menace de déstabiliser la région

JAKARTA: Les dirigeants des pays d'Asie du Sud-Est convergent à Jakarta samedi pour une réunion de crise sur la Birmanie en présence de Min Aung Hlaing, le leader de la junte qui a mené une répression sanglante avec plus de 700 morts depuis sa reprise en main du pouvoir.

Le général birman a atterri dans la capitale indonésienne pour son premier déplacement à l'étranger depuis que les forces birmanes ont confisqué le pouvoir et assigné à résidence la cheffe du gouvernement civil Aung San Suu Kyi, ont confirmé les autorités indonésiennes.

Les dirigeants des pays de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean) doivent se pencher sur la crise birmane qui s'aggrave depuis le coup d'Etat militaire du 1er février et menace de déstabiliser la région.

Des manifestations de masse contre le coup d'Etat ont été réprimées dans le sang en Birmanie et environ 250 000 personnes ont fui les troubles, selon un rapporteur spécial de l'ONU. 

« Nous espérons que la réunion des dirigeants de l'Asean (...) va déboucher sur un accord sur les meilleures mesures pour le peuple birman afin d'aider la Birmanie à sortir de cette situation délicate », a déclaré vendredi soir Retno Marsudi, la ministre indonésienne des Affaires étrangères qui s'est entretenue avec plusieurs homologues cette semaine.

Samedi, le président indonésien Joko Widodo et le sultan de Brunei, pays qui préside l'Asean actuellement, doivent être rejoints par les dirigeants de la plupart des 10 nations de l'organisation qui comprend aussi la Birmanie, Singapour, la Malaisie, le Cambodge, la Thaïlande, le Vietnam, les Philippines et le Laos.

Les dirigeants de Thaïlande, des Philippines et du Laos se sont excusés et seront représentés par des ministres.

La réunion est fermée aux médias et de petites manifestations ont été dispersées autour du secrétariat de l'Asean, placé sous haute sécurité.

« Meurtrier en chef »

La venue annoncée du général birman a déclenché la colère des défenseurs des droits de l'homme et des opposants à la junte.

« Les réunions qui excluent le peuple birman mais incluent le meurtrier en chef Min Aung Hlaing (...) ne vont pas apporter de solution », a protesté dans un communiqué le gouvernement fantôme birman, mis en place par l'opposition, qui n'a pas été invité par l'Asean.

« La crise déclenchée par l'armée birmane sanguinaire et sans remords a englouti le pays et va provoquer des chocs graves, notamment humanitaires, dans la région toute entière », a averti Amnesty International dans un communiqué.

L'organisation a appelé les autorités indonésiennes à engager des poursuites contre le général Min Aung Hlaing et les autres membres de la junte qui se rendent à Jakarta.

Plusieurs personnalités ont appelé l'Asean à expulser la Birmanie. Mais l'organisation, fondée sur le consensus et la non-ingérence ne devrait pas annoncer une mesure aussi drastique.

Les analystes ne s'attendent pas à de grandes annonces mais voient la réunion comme un moyen d'amener la junte birmane à la table des négociations.

« Nous devons être réalistes. Je ne pense pas que le sommet va déboucher sur un plan complet sur les moyens de sortir la Birmanie de la crise », a souligné Mustafa Izzuddin, spécialiste des affaires internationales au cabinet Solaris Strategies de Singapour.

« Mais je pense plutôt que cela va entamer la conversation et peut-être déterminer les paramètres pour qu'une résolution soit trouvée ».

Alors que l'Union européenne et Washington ont renforcé les sanctions contre la Birmanie pour faire pression sur la junte, il est peu probable que l'Asean adopte une attitude aussi ferme, selon les analystes.

L'envoyée spéciale des Nations Unies pour la Birmanie, Christine Schraner Burgener, est aussi à Jakarta pour des entretiens en marge du sommet.

« Ce sommet est un vrai test pour la crédibilité de l'Asean pas seulement dans la région mais à l'extérieur », a observé Mustafa Izzuddin.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.