Les Houthis peinent à réaliser des gains à Marib

Cette capture d'une vidéo de l'AFPTV prise le 25 avril 2021 montre un combattant fidèle au gouvernement yéménite qui tire son arme à partir d’un véhicule blindé lors d'affrontements à Marib. (Photo, AFP)
Cette capture d'une vidéo de l'AFPTV prise le 25 avril 2021 montre un combattant fidèle au gouvernement yéménite qui tire son arme à partir d’un véhicule blindé lors d'affrontements à Marib. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Mercredi 28 avril 2021

Les Houthis peinent à réaliser des gains à Marib

  • Des responsables militaires et des journalistes yéménites se sont rendus à Al-Kasara, et ont interviewé des soldats et des membres de tribus
  • Plus de 2 000 miliciens et soldats gouvernementaux ont été tués depuis le début du mois de février

AL-MUKALLA: L'armée yéménite et les membres des tribus alliées ont repoussé les assauts des Houthis contre la ville de Marib, a déclaré mardi un porte-parole de l'armée qui a également démenti les rapports médiatiques selon lesquelles les miliciens Houthis se rapprochent de leur cible.

Le major général Abdou Abdellah Majili affirme que les miliciens n'ont pas réussi à réaliser des gains importants dans leur offensive continue, et qu’ils ont perdu des centaines de combattants, dont de nombreux chefs militaires.

«Jusqu'à présent, l'armée nationale et les membres de la tribu yéménites ont infligé de lourdes défaites aux Houthis, en déjouant leurs attaques, tuant leurs combattants et détruisant leurs équipements», a-t-il déclaré à Arab News, ajoutant que les Houthis n’ont pas cessé d’envoyer des renforts sur les champs de bataille dans leur tentative de vaincre les troupes gouvernementales. «Les Houthis sont en train de propager des mensonges et des rumeurs dans le cadre de leur guerre psychologique afin de compenser leurs échecs sur les champs de bataille».

Dimanche, l'AFP a rapporté que les Houthis avaient réalisé des gains après avoir pris le contrôle d'Al-Kasara, au nord-ouest de la ville.

Des responsables militaires et des journalistes yéménites se sont rendus à Al-Kasara, et ont interviewé des soldats et des membres de tribus qui ont totalement nié que les Houthis aient fait de tels progrès.

«Nous sommes postés dans nos barricades, nos mains sont sur la gâchette», affirme un soldat du nom de Mohammed sur le site d’information officiel de l’armée. «Nous continuerons à nous battre contre les Houthis sur tous les fronts et à ne pas leur permettre d'avancer vers Marib», dit-il.

Le ministère de la Défense a annoncé mardi que les forces gouvernementales ont monté une contre-offensive à Al-Mashjah, à l'ouest de Marib, et ont tué de nombreux Houthis.

Les avions de guerre de la coalition arabe ont ciblé les rassemblements de miliciens et le matériel militaire, avec au moins 10 Houthis tués à Al-Makhdra après que les troupes aient attaqué leurs emplacements.

Plus de 2 000 miliciens et soldats gouvernementaux ont été tués depuis le début du mois de février, lorsque les Houthis ont repris leur offensive dans le but de prendre le contrôle de Marib, riche en pétrole.

Lundi, de hauts responsables militaires sécuritaires ont assisté au cortège funèbre du juge militaire, le major général Abdallah Al-Hadhri, tué lors des combats avec les Houthis à Marib.

Abdou Rabbo Meftah, vice-gouverneur de Marib, révèle que l'offensive a porté le nombre de personnes déplacées à plus de 2,3 millions, après que des milliers de personnes aient abandonné leurs camps près des champs de bataille et se soient réfugiées dans d’autres camps déjà bondés de la ville.

Dans la ville méridionale de Taïz, les troupes gouvernementales ont pris le contrôle de plusieurs villages du district de Maqbanah après des affrontements avec les Houthis.

Ils mènent à présent de féroces batailles pour expulser les miliciens du centre du district, a déclaré mardi le porte-parole de l’armée de Taïz, Abdel Basit Al-Baher, aux médias d’État.

Les combats ont eu lieu au moment où l’envoyé spécial de l’ONU pour le Yémen, Martin Griffiths, appelait à l’arrêt de l’assaut contre Marib. Il a exigé que les factions en guerre se conforment aux efforts de paix de l’ONU.

«Les parties doivent donner la priorité aux besoins du peuple yéménite, arrêter les combats et s'engager sérieusement dans les efforts de l'ONU», a-t-il souligné. «Je continuerai de poursuivre mes bons offices avec le soutien des parties intéressées régionales et internationales de manière à mettre fin aux hostilités militaires, alléger les souffrances et trouver une solution pacifique et durable afin de mettre fin au conflit yéménite».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Short Url
  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Short Url
  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Short Url
  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.