La Grande-Bretagne a abandonné ses ressortissantes détenues en Syrie (ONG)

En 2019, plus de 500 personnes, pour la plupart des enfants, ont trouvé la mort dans un camp pour les membres et les familles de Daech, contrôlé par les Kurdes. (Fichier/Reuters)
En 2019, plus de 500 personnes, pour la plupart des enfants, ont trouvé la mort dans un camp pour les membres et les familles de Daech, contrôlé par les Kurdes. (Fichier/Reuters)
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Publié le Samedi 01 mai 2021

La Grande-Bretagne a abandonné ses ressortissantes détenues en Syrie (ONG)

  • « Dans la plupart des cas, le gouvernement britannique les prive de leur citoyenneté et les abandonne », confie l'association Reprieve à Arab News
  • Des centaines de femmes et de jeunes filles sont contraintes au mariage, à l'esclavage sexuel, à la servitude domestique et à d'autres formes d'exploitation

LONDRES : L'ONG de défense des droits « Reprieve » accuse le gouvernement britannique de faillir à ses obligations envers de jeunes filles qui ont été victimes de traite d’êtres humains et conduites en Syrie par Daech. Reprieve presse Londres de faciliter leur retour.

Une enquête menée par l'ONG révèle que « des centaines de femmes et de filles » ont été « contraintes au mariage, à l'esclavage sexuel, à la servitude domestique et autres types d'exploitation ».

« Reprieve » a par ailleurs constaté que 63 % des femmes britanniques, actuellement détenues dans les camps kurdes au nord-est de la Syrie, sont victimes de traite d’êtres humains.

« Au terme de nombreuses années d'exploitation, marquées entre autres par les mariages forcés, les viols et la servitude domestique, ces femmes britanniques ont réussi à s'échapper du territoire de Daech, avec leurs enfants. Elles se sont rendues dans le nord du pays contrôlé par les autorités kurdes. Là, elles sont désormais détenues pour une durée indéterminée dans des camps déserts, sans avoir été inculpées ni jugées », peut-on lire dans le rapport, qui qualifie de « terribles » les conditions de vie dans ces camps.

En effet, rien que dans un camp, 517 personnes sont mortes en 2019, pour la plupart des enfants, et au moins deux citoyens britanniques, dont un nourrisson, ont trouvé la mort alors qu'ils étaient détenus dans le nord-est de la Syrie.

L'association « Reprieve » exhorte le Royaume-Uni à rapatrier les femmes britanniques – dont un grand nombre ont été déchues de leur nationalité –  et à les traduire en justice en cas de délit.

« Le gouvernement britannique prétend mener la lutte mondiale contre la traite des êtres humains et l'esclavage moderne. Pourtant, en ce qui concerne des Britanniques victimes de traite d’êtres humains, il opte pour la déchéance généralisée de la citoyenneté, et refuse de rapatrier les familles et de leur accorder la moindre assistance consulaire », indique le rapport.

« Le gouvernement britannique est appelé à se conformer à ses obligations légales d'identifier, de protéger et de soutenir les femmes et les filles qui ont fait l'objet d'une traite et qui ont été conduites hors du Royaume-Uni par Daech ».

Maya Foa, directrice exécutive conjointe de l'association Reprieve, a confié à Arab News que « le comportement du gouvernement à l'égard de ces femmes et la façon dont elles sont dépeintes dans les médias ne correspondent absolument pas à qui elles sont en réalité ni à la façon dont elles se sont retrouvées détenues dans ces camps. Ce sont des femmes et des filles britanniques qui ont été conduites en Syrie contre leur gré ou manipulées par un trafic sophistiqué de la part de Daech, les  poussant à commettre une erreur terrible qui a bouleversé leur vie ».

Selon elle, « dans la plupart des cas, le gouvernement les prive de leur citoyenneté et les abandonne, au lieu de les considérer comme des victimes de traite d’êtres humains. Il lui incombe de rapatrier toutes les femmes britanniques présentes dans les camps et de les poursuivre devant les tribunaux britanniques en cas de motif valable ».

Dans le rapport, le député conservateur Andrew Mitchell affirme qu’ « il est indigne et injuste de laisser les victimes de la traite des êtres humains affronter la torture et la peine de mort. Cette affaire est complexe, mais il est impératif que la Grande-Bretagne montre l'exemple en tant que membre éminent des Nations unies ». D’après lui, « nous ne pouvons pas nous laver les mains de ces Britanniques pour les abandonner dans un endroit sans gouvernance ».

En début d'année, la Cour suprême britannique a statué contre la très médiatisée « mariée de Daech » Shamima Begum, jugeant qu'elle ne pouvait pas retourner au Royaume-Uni pour contester le retrait de citoyenneté.

Le ministère de l'Intérieur soutient qu'il privilégie la sécurité de ses citoyens en interdisant le retour au pays de personnes affiliées à Daech.

Cependant, des politiciens, dont Tobias Ellwood, Tom Tugendhat et David Davis, ont adressé l'année dernière une lettre ouverte dans laquelle ils ont affirmé que la « détention indéterminée de ces personnes dans des camps kurdes dans des conditions de plus en plus précaires constitue un défi important pour la sécurité du Royaume-Uni, et inflige un préjudice considérable aux enfants impliqués dans cette situation ».

De son côté, M. Ellwood a averti que si les Britanniques sont abandonnés pour une durée indéterminée dans les camps syriens, « nous assisterons à la naissance de Daech 2.  Al-Qaïda se regroupera à nouveau et constituera une menace très réelle ; une menace qui ne se limitera pas au Moyen-Orient, mais qui menacera également la Grande-Bretagne ».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.