Somalie: le président calme le jeu, rouvre les négociations pour des élections

Samedi, le président s'est placé dans le cadre d'un accord conclu le 17 septembre entre le gouvernement fédéral et les cinq Etats semi-autonomes du pays. (Photo, AFP)
Samedi, le président s'est placé dans le cadre d'un accord conclu le 17 septembre entre le gouvernement fédéral et les cinq Etats semi-autonomes du pays. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 02 mai 2021

Somalie: le président calme le jeu, rouvre les négociations pour des élections

  • Le président a plaidé pour la recherche d'une solution à la crise politique en cours, abandonnant de facto la prolongation de deux ans de son mandat présidentiel
  • «Nous sommes déterminés à organiser des élections libres, équitables et inclusives sans que personne ne se voie privé de ses droits»

MOGADISCIO: Le président somalien Mohamed Abdullahi Mohamed a rouvert samedi les négociations en vue de l'organisation d'élections dans les meilleurs délais, une décision que l'opposition a accueillie favorablement et qui éloigne le spectre de nouvelles violences meurtrières.

Dans un court discours devant les députés, retransmis en direct à la télévision, le président a plaidé pour la recherche d'une solution négociée à la crise politique en cours, abandonnant de facto la prolongation de deux ans de son mandat présidentiel adoptée le 12 avril.

Il a également désigné son Premier ministre comme responsable de l'organisation des élections, accédant ainsi à l'une des principales revendications de l'opposition pour sortir de l'impasse.

«Nous avons décidé de chercher une solution à travers des négociations et d'éviter de provoquer des violences au profit de ceux qui jouent avec le sang de la population», a déclaré le président, connu sous le surnom de Farmajo.

La Somalie, pays fragilisé par des décennies de guerre civile et par l'insurrection des islamistes radicaux shebab, affiliés à Al-Qaïda, connaît actuellement une des pires crises politiques de ces dernières années.

Les tensions se sont accrues depuis que le mandat du président a expiré le 8 février sans que des élections aient pu être organisées et le 12 avril, la prolongation de deux ans du mandat présidentiel a déclenché la fureur de l'opposition.

Au point de dégénérer en affrontements armés dimanche dernier à Mogadiscio, entre forces gouvernementales et pro-opposition, faisant trois morts.

Samedi, le président s'est placé dans le cadre d'un accord conclu le 17 septembre entre le gouvernement fédéral et les cinq Etats semi-autonomes du pays, comme le lui demandaient ses opposants et plusieurs pays partenaires.

Cet accord prévoit l'organisation d'élections selon un système indirect, similaire à celui adopté en 2017, où des délégués spéciaux choisis par de multiples chefs de clans élisent les parlementaires, qui votent ensuite pour le président.

«J'en appelle à vous tous (...) pour que nous retournions à l'accord inclusif» adopté en septembre, a-t-il ajouté.

«Je veux qu'il soit clair que le Premier ministre Mohamed Hussein Roble sera en charge de la préparation, du déroulement et de la sécurité de l'élection», a-t-il ajouté.

Le discours a ensuite été adopté à l'unanimité des 140 députés présents.

Dans la soirée, le Premier ministre a salué devant la presse «un jour historique» et remercié le président Farmajo pour son sens du «compromis».

«Nous sommes déterminés à organiser des élections libres, équitables et inclusives sans que personne ne se voie privé de ses droits», a-t-il déclaré, promettant de réunir les parties prenantes «très rapidement».

«Un pas en avant»

Dans un discours à la Nation dans la nuit de mardi à mercredi, le président avait déjà fait machine arrière et s'était prononcé pour des «discussions urgentes» avec les acteurs politiques somaliens en vue de l'organisation d'élections.

Dans un communiqué, la coalition de candidats d'opposition à la présidentielle, face à M. Farmajo, s'est réjouie des développements de samedi devant le parlement.

«J'applaudis la décision du parlement de revenir à la mise en oeuvre de l'accord du 17 septembre. C'est un pas en avant et quiconque a pris part à cette décision devrait être félicité pour cela», a souligné l'ancien président Sharif Sheikh Ahmed, président de la coalition.

De son côté, le ministère turc des Affaires étrangères, un partenaire clé du gouvernement somalien, s'est félicité dans un communiqué de la décision des députés, espérant qu'elle permettrait «sans délai» la reprise du dialogue politique.

L'élection du président Farmajo en 2017 avait suscité beaucoup d'espoir dans la population, qui voyait en lui un dirigeant soucieux de lutter contre la corruption et déterminé à lutter contre les shebab.

S'il a adopté une posture nationaliste forte durant son mandat, jusqu'à rompre les relations diplomatiques avec le Kenya et s'attirer ainsi la sympathie d'une partie de la population, le président s'est aussi fait beaucoup d'ennemis.

Partisan d'un Etat centralisé fort, il a tenté d'influer sur plusieurs élections dans les Etats semi-autonomes du pays pour y placer ses alliés. La prolongation de son mandat votée par le parlement a été perçue par beaucoup comme un passage en force pour se maintenir au pouvoir.

Par ailleurs, les shebab n'ont pas été particulièrement inquiétés pendant son premier mandat, malgré les déclarations martiales faites après son arrivée au pouvoir.

Et le gouvernement de Mogadiscio ne contrôle toujours qu'une faible portion du territoire national, avec l'aide cruciale des quelque 20 000 hommes de la force de l'Union africaine dans le pays (Amisom).


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.