Le Portugal déconfine mais s'inquiète pour sa saison touristique

Un couple de femmes âgées marche dans une rue vide du quartier d'Alfama à Lisbonne, le 27 novembre 2020. Le quartier Alfama de Lisbonne se prépare à accueillir les touristes alors que le Portugal a entamé la dernière étape de son programme d'assouplissement des restrictions Covid-19. (PATRICIA DE MELO MOREIRA / AFP)
Un couple de femmes âgées marche dans une rue vide du quartier d'Alfama à Lisbonne, le 27 novembre 2020. Le quartier Alfama de Lisbonne se prépare à accueillir les touristes alors que le Portugal a entamé la dernière étape de son programme d'assouplissement des restrictions Covid-19. (PATRICIA DE MELO MOREIRA / AFP)
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Publié le Dimanche 02 mai 2021

Le Portugal déconfine mais s'inquiète pour sa saison touristique

  • En 2020, le Portugal, où le tourisme représentait plus de 10% du PIB, a perdu trois touristes sur quatre, soit près de 17 millions de visiteurs
  • Pour essayer de sauver la saison touristique, le Portugal, qui assure la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne, plaide dans le même temps pour l'adoption rapide d'un pass sanitaire facilitant les voyages au sein de l'UE

LISBONNE : Le Portugal est entré ce week-end dans l'ultime phase de son plan de déconfinement sanitaire mais, tant que le retour des touristes étrangers ne sera pas assuré, la filière redoute de voir s'échapper une deuxième saison d'été.

"J'ai le sentiment de repartir de zéro", soupire Judite Gomes, qui n'a pas rouvert aussitôt que possible ses restaurants dans l'Alfama, le quartier le plus emblématique du vieux Lisbonne.

Comme "il y aura peu de clients au début", cette cheffe d'entreprise de 63 ans a préféré attendre lundi pour rouvrir deux des trois établissements qu'elle possède dans une même ruelle de ce quartier pittoresque, avec ses balcons fleuris, ses places pavées et ses ruelles vallonnées.

Elle a décidé de commencer par le restaurant de cuisine typique et la maison de "fado", la traditionnelle chanson de Lisbonne, laissant sa boutique d'artisanat encore fermée à ce stade.

Avec son énorme trousseau de clés à la main, elle passe d'un endroit à un autre, pour nettoyer, redisposer les tables ou revoir la décoration afin de tenir compte des nouvelles règles de distanciation.

Après avoir dû se séparer de dix des treize salariés qu'elle employait avant la pandémie, elle va désormais miser sur une clientèle plus locale, quitte à baisser ses tarifs.

"La période la plus difficile"

En 2020, le Portugal, où le tourisme représentait plus de 10% du PIB, a perdu trois touristes sur quatre, soit près de 17 millions de visiteurs. Rien qu'à Lisbonne, une des destinations phares, les recettes ont chuté l'an dernier de 76%.

Et, avec le confinement du début de l'année, le nombre de nuitées enregistrées par les hôtels a chuté de 80% au premier trimestre. Sur la période, le PIB portugais s'est effondré de 5,4% sur un an, en raison notamment de la "réduction importante du tourisme étranger", a indiqué vendredi l'Institut national des statistiques.

"Le secteur a traversé la période la plus difficile de son histoire", reconnaît la principale association patronale de l'hôtellerie et de la restauration, qui a salué la décision du gouvernement d'entamer samedi, soit deux jours plus tôt que prévu, la dernière phase de déconfinement, avec notamment la réouverture de la frontière terrestre avec l'Espagne ou l'élargissement des horaires des cafés et restaurants. 

"Cette décision va donner un nouvel élan" à la filière, a estimé l'Association des hôtels, restaurants et établissements similaires du Portugal (AHRESP) dans un communiqué.

Cependant, les restrictions aux voyages vers le Portugal, autorisés seulement pour les déplacements jugés "essentiels", ont été prolongées au moins jusqu'à mi-mai, a annoncé samedi le gouvernement.

"Les touristes vont revenir"

Pour essayer de sauver la saison touristique, le Portugal, qui assure la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne, plaide dans le même temps pour l'adoption rapide d'un pass sanitaire facilitant les voyages au sein de l'UE.

Le certificat sanitaire européen, qui a franchi une étape clé jeudi en étant validé par les eurodéputés, fait encore l'objet de négociations, mais Bruxelles souhaite qu'il soit opérationnel avant la fin juin.

"Il faut agir sans tarder" pour "prendre des mesures décisives en faveur du tourisme, juste avant le début de l’été", a fait valoir la secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Ana Paula Zacarias, devant le Parlement européen.

Dans l'Alfama, le retour des touristes étrangers est crucial pour des entrepreneurs plus traditionnels comme Judite Gomes, mais aussi pour certains investisseurs qui, en dépit du contexte sanitaire, ont fait le pari de maintenir leurs projets.

C'est le cas d'un hôtel de luxe qui doit ouvrir en juin dans un ancien hôtel particulier rénové. "Nous sommes persuadés que les touristes vont revenir, a affirmé à l'AFP son directeur, Luis Casqueira. Après cette période de confinement, les gens vont avoir envie de voyager".


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.