Vaccins pour les pays pauvres: le patron de l'OMS en appelle à la solidarité du G7

L'OMS a appelé les pays disposant de suffisamment de vaccins à les partager via Covax. (Photo, AFP)
L'OMS a appelé les pays disposant de suffisamment de vaccins à les partager via Covax. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Mardi 04 mai 2021

Vaccins pour les pays pauvres: le patron de l'OMS en appelle à la solidarité du G7

  • «Les pays du G7 pourraient mobiliser une partie substantielle de ces fonds et prendre la tête des efforts mondiaux pour accélérer la vaccination dans le monde»
  • Cet instrument est confronté à un déficit de financement de 19 milliards de dollars sur les 22 nécessaires cette année

GENEVE: Le chef de l'OMS a appelé lundi les pays les plus riches du monde, regroupés au sein du G7, à payer l'essentiel des milliards qui manquent pour garantir un accès équitable aux vaccins pour lutter contre la pandémie.

L'enjeu, c'est l'efficacité de l'initiative collective lancée il y a tout juste un an pour tenter de niveler les inégalités d'accès aux vaccins, médicaments et autres équipements de santé dans la lutte contre la Covid-19 et connue sous le nom d'Accélérateur ACT (un acronyme anglais pour outils de lutte contre la Covid).

Cet instrument est «confronté à un déficit de financement de 19 milliards de dollars (sur les 22 nécessaires cette année, ndlr), et nous estimons que nous aurons besoin de 35 à 45 milliards de dollars supplémentaires l'année prochaine pour vacciner la plupart des adultes dans le monde», a prévenu le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, en conférence de presse.

«Les pays du G7 pourraient mobiliser une partie substantielle de ces fonds et prendre la tête des efforts mondiaux pour accélérer la vaccination dans le monde», a-t-il martelé.

Car, bien qu'ayant reçu lundi le soutien de Moderna et de la Suède, le système Covax, qui se fournit principalement en vaccins d'AstraZeneca, patine: il n'a livré que 49 millions de doses dans 121 pays et territoires, contre un objectif de 2 milliards en 2021.

«Nous espérons que, tout comme le G7 a pris de grandes décisions sur l'allègement de la dette et l'aide à l'Afrique, puis sur le VIH/SIDA il y a quelques années, il prendra une grande décision le 11 juin pour soutenir tous ceux qui ont besoin d'être vaccinés», a déclaré l'ancien Premier ministre britannique Gordon Brown, qui participait à la conférence de presse

Il a appelé les dirigeants du G7 - qui se retrouveront au Royaume-Uni en juin - à trouver une «formule équitable» pour assumer les deux tiers des coûts liés à la lutte contre la pandémie. M. Brown  propose que 27% de l'addition totale soit réglée par les Etats-Unis, l'UE payerait 23%, le Royaume-Uni 5%, le Japon 6% et le Canada 2%. Pour faire bonne mesure, l'Australie et la Corée du Sud participeraient aussi à hauteur de 2%.

Appel aux dons

Peu avant cet appel, Covax a annoncé qu'il allait acheter 500 millions de doses du vaccin anti-Covid de Moderna, mais plus de 90% des fioles ne seront pas disponibles avant 2022.

Outre Moderna, l'OMS a homologué le vaccin de Pfizer-BioNTech, les deux sérums AstraZeneca fabriqués en Inde et en Corée du Sud et celui de Johnson & Johnson (Janssen).

Le système s'est heurté à la volonté des Etats les plus riches, qui face à la pression populaire, se sont procuré le plus de doses possibles au détriment des autres. Le dispositif est également mis à mal par la décision prise par l'Inde de bloquer les exportations des doses produites par AstraZeneca via le Serum Institute of India (SII), le géant asiatique étant lui-même débordé par l'épidémie de Covid.

Aussi, l'OMS a appelé les pays disposant de suffisamment de vaccins à les partager via Covax.

Certains pays ont déjà fait des annonces, dont la France, la Nouvelle-Zélande et l'Espagne. La Suède à son tour a offert lundi un million de doses du vaccin AstraZeneca/Oxford, que le pays nordique n'autorise sur son territoire que pour les personnes âgées de 65 ans et plus.

Mais ces dons ne suffisent pas, Covax ayant un besoin urgent de 20 millions de doses pour ce deuxième trimestre, à la suite du blocage des exportations indiennes.

Selon le docteur Bruce Aylward, en charge du dossier Accélérateur ACT à l'OMS, ce coup d'arrêt décidé par Delhi a privé Covax de quelque 100 millions de doses.

«La priorité la plus urgente à l'heure actuelle pour nos donateurs et partenaires est de permettre à Covax de tenir ses promesses», a indiqué l'Alliance du vaccin (Gavi), en précisant que l'accord avec Moderna serait »suivi par d'autres dans les prochains jours».

Les Etats-Unis entendent pour leur part fournir à d'autres pays 60 millions de doses du vaccin AstraZeneca, sans préciser pour l'heure si ces distributions seraient faites via Covax. 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Short Url
  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Short Url
  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Short Url
  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.