François Depeaux, le magnat du charbon qui aimait les paysages de neige

Exposition de la collection de François Depeaux, « l’homme aux 600 tableaux », au musée des Beaux-arts de Rouen. (Lou Benoist/AFP)
Exposition de la collection de François Depeaux, « l’homme aux 600 tableaux », au musée des Beaux-arts de Rouen. (Lou Benoist/AFP)
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Publié le Dimanche 23 août 2020

François Depeaux, le magnat du charbon qui aimait les paysages de neige

  • L'industriel François Depeaux a joué un rôle clé dans l'essor des impressionnistes
  • Soixante-dix œuvres de sa lumineuse collection font pour la première fois l'objet d'une exposition au musée des Beaux-arts (MBA) de Rouen, jusqu'au 15 novembre

ROUEN : C'est l'histoire d'un "charbonnier", comme le désignait Monet, qui adorait les paysages de neige. L'industriel François Depeaux joua un rôle clé dans l'essor des impressionnistes. Avec sa lumineuse collection, il fait pour la première fois l'objet d'une exposition, à Rouen.

"C'est quelqu'un qui, par son savoir-faire d'entrepreneur, a installé l'impressionnisme parmi les grandes valeurs de son époque", en achetant beaucoup, en soutenant les prix, puis par des donations, explique Sylvain Amic, co-commissaire de "François Depeaux, l'homme aux 600 tableaux".

De "Moret au coucher du soleil" d'Alfred Sisley prêté par le Cincinnati art museum (États-Unis) à "Effet de neige, rue à Argenteuil" de Claude Monet, venu de Genève, l'exposition présente, au musée des Beaux-arts (MBA) de Rouen, jusqu'au 15 novembre, près de 70 tableaux (dont treize ont passé des frontières malgré le Covid-19). Parmi eux neuf Monet, 20 Sisley aux côtés de Renoir, Pissaro, Caillebotte, Toulouse-Lautrec.

Leur luminosité contraste avec l'activité qui permit à François Depeaux de les financer, le charbon. Sa société débarquait sur une île rouennaise de la Seine le minerai importé du pays de Galles pour l'y concasser. "Vous imaginez la poussière que ça dégageait, elle était noire cette île", relève M. Amic.

Or "François Depeaux adore les paysages, de neige" en particulier, poursuit le directeur du MBA de Rouen.

Le "magnat du charbon" voit le jour en 1853 dans une famille d'industriels, quelque vingt années avant la naissance de l'impressionnisme.

Sous son impulsion, la société familiale va connaître "un développement fulgurant". L'aisance financière acquise, il devient un acheteur "compulsif" de tableaux impressionnistes, à partir de 1884. "Il se jette dans cette activité, comme il s'est jeté dans le commerce du charbon", résume M. Amic.

A l'époque, beaucoup de tableaux impressionnistes partent pour quelques centaines de francs, quand les peintres académiques vendent les leurs des dizaines de milliers de francs.

Un patriotisme normand 

Le "négociant, armateur, propriétaire de mine" achète d'abord un Sisley, qui restera son favori. "C'est à mon sens, certainement celui dont la peinture contient le plus de poésie", écrira l'industriel en 1909, quinze ans après avoir hébergé le Britannique.

En 1894, François Depeaux est le premier à acquérir une des cathédrales de Monet, alors le seul impressionniste dont les prix sont élevés. "Monet dit +tout le monde a peur de mes prix sauf Depeaux+", raconte M. Amic. L'industriel est omniprésent durant la campagne des cathédrales, jusqu'à irriter le peintre. Mais le "charbonnier", comme Monet le qualifie dans une lettre à son épouse, se démène : il lui trouve un nouvel atelier, un réflecteur de lumière ou un paravent. Le plus connu des impressionnistes le traite donc avec les égards requis.

Au total, 600 tableaux auront été la propriété de François Depeaux dont 60 Sisley et 20 Monet. L'industriel s'attache au passage à "implanter l'esthétique impressionniste au Royaume-Uni". Il organise une exposition de 150 de ses tableaux au Pays de Galles, avec un catalogue traduit en anglais.

Mais qu'est-ce qui motive cet homme issu d'une famille sans collections ? "Il y a une forme de patriotisme. Il est très attaché à la Normandie. Ça lui plaît et en plus il y a des affaires à faire. Et ça lui permet de fréquenter un milieu qui n'est pas celui des industriels", répond M. Amic.

En 1906, un divorce houleux contraint cet amateur de plaisance et de chevaux à vendre 250 toiles, ce qui risque de faire plonger la cote des impressionnistes. C'est finalement un "triomphe" : François Depeaux parvient à en racheter 53. Il en fera don en 1909 au MBA de Rouen, un projet de longue date, "décisif à un moment où en France, on ne voit pas l'impressionnisme", ou peu et à Paris, souligne le conservateur en chef.

C'est un des trois dons de tableaux impressionnistes "les plus précoces".

Mais la Première guerre mondiale et son embargo sur les matières premières stratégiques mettent bientôt fin au commerce florissant de François Depeaux, qui s'éteint en 1920.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".