Les symboles de la géométrie signent peut-être la singularité de l'être humain

Une équipe de chercheurs de NeuroSpin a mené une expérience montrant «que des intuitions de géométrie sont présentes chez les humains, mais absentes chez les babouins» (Photo, AFP).
Une équipe de chercheurs de NeuroSpin a mené une expérience montrant «que des intuitions de géométrie sont présentes chez les humains, mais absentes chez les babouins» (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 09 mai 2021

Les symboles de la géométrie signent peut-être la singularité de l'être humain

  • Les humains disposent d'un «langage de pensée» symbolique sans doute propre à leur espèce
  • Une équipe de chercheurs de NeuroSpin a mené une expérience montrant «que des intuitions de géométrie sont présentes chez les humains, mais absentes chez les babouins»

PARIS: L'être humain serait doté d'une capacité innée à distinguer des formes géométriques, signant sa singularité face aux autres primates, incapables d'apprendre ce « langage », selon une étude empirique de chercheurs en neurosciences. 

De la plus ancienne gravure attribuée à Homo sapiens --des lignes parallèles datant de 73 000 ans-- aux maisons dessinées par les enfants modernes dès leur plus jeune âge, le goût pour les formes géométriques régulières est universel chez l'Homme. 

Il indique que les humains disposent d'un « langage de pensée » symbolique sans doute propre à leur espèce, selon l'étude signée par le doctorant Mathias Sablé-Meyer, de l'Université Paris-Saclay (PSL)/Collège de France.

Une équipe de chercheurs de NeuroSpin (le centre de recherche sur l'imagerie cérébrale du CEA dirigé par le neuroscientifique Stanislas Dehaene) a mené une expérience montrant « que des intuitions de géométrie sont présentes chez les humains, mais absentes chez les babouins », affirme l'étude publiée fin avril dans les Proceedings de l'Académie américaine des sciences. 

L'expérience consiste à « trouver l'intrus » parmi six formes géométriques simples, -des quadrilatères-, dont une seule a une irrégularité, comme un côté un peu plus long, une erreur de parallélisme ou un angle différent. Puis à répéter l'opération, toujours avec un quadrilatère, mais de plus en plus complexe.   

Enfants de maternelle

Elle exploite l'effet de régularité géométrique, qui postule que l'on repère l'intrus d'autant plus simplement et rapidement que la forme examinée est une figure régulière, comme un carré. Et qu'inversement, il est plus difficile de le repérer quand la figure est plus compliquée, en passant du losange au trapèze, jusqu'à un quadrilatère irrégulier, c'est à dire sans angle droit ni côtés identiques ou parallèles.

Typiquement l'humain testé trouve quasiment toujours l'intrus parmi des carrés. Son taux d'erreur monte à 40% avec un quadrilatère irrégulier. 

Avec la collaboration de Joël Fagot, du laboratoire de psychologie cognitive du CNRS (Université Aix-Marseille), des babouins ont été entraînés à ce jeu. Avec d'excellents résultats avec des images non-géométriques, comme une cerise rouge à distinguer au milieu de tranches de pastèque. 

Mais dès qu'ils sont passés à des formes géométriques, « leurs performances se sont effondrées », selon l'étude. « Les babouins se trompent partout », quelles que soient les formes, a expliqué Mathias Sablé-Meyer.  

Facile, diront les sceptiques. Les adultes réussissent mieux que les babouins car ils ont retenu leurs leçons de géométrie.

Et non ! Car même s'ils sont moins efficaces à la tâche, on observe le même effet de régularité géométrique chez des enfants de maternelle, à peine sortis de l'âge où l'on joue au cube, et chez ceux de première année d'école primaire.

Nomades de Namibie

Encore facile, diront les plus sceptique, les enfants testés ayant des rudiments de géométrie, et vivant dans un univers fait de lignes et d'angles.   

Et encore raté. Les chercheurs, avec l'aide de Serge Caparos, du département de psychologie de Paris-8 Nanterre, ont fait passer le test à des adultes Himbas, un peuple pastoral du nord de la Namibie. Avec des résultats comparables à ceux des jeunes enfants français.

Pourtant « on sait qu'ils n'ont pas de noms pour les formes géométriques, ni d'éducation formelle sur leurs propriétés », rappelle Sablé-Meyer. 

Nomades, ils vivent de surcroît dans un environnement « non-charpenté », libre de formes géométriques, souligne l'étude, qui met en regard celui des babouins testés, qui « ont grandi dans un environnement de laboratoire, très construit ». 

Les chercheurs en concluent que l'humain dispose d'une capacité d'abstraction symbolique, un « langage » utilisant des notions comme l'angle droit ou le parallélisme, qui lui est propre.

Ils ont confirmé leur proposition en utilisant deux modèles d'intelligence artificielle. Le premier, qui « copie superficiellement la structure du cortex visuel », -lié à des taches de perception-, prédit plutôt bien le comportement des babouins. Mais pour rendre compte de celui des humains, il faut passer par un deuxième, en le nourrissant « d'informations symboliques, des principes de géométrie euclidienne ».

L'étude porte une citation de Galilée, pour qui l'Univers « est écrit en langue mathématique, et ses caractères sont des triangles, des cercles et d'autres formes géométriques,... ».


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.