Brexit: près de la moitié des européens du Royaume-Uni s'inquiètent pour leurs droits

L'aéroport de Londres Gatwick vide après les restrictions de voyage imposées par plusieurs pays (Photo, AFP)
L'aéroport de Londres Gatwick vide après les restrictions de voyage imposées par plusieurs pays (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 14 mai 2021

Brexit: près de la moitié des européens du Royaume-Uni s'inquiètent pour leurs droits

  • Selon le ministère de l'Intérieur, un visa est désormais requis pour venir travailler dans le pays, mais pas pour participer à des réunions, des conférences ou des entretiens, ni pour négocier ou signer des contrats
  • Un répondant sur 10 (11%) envisage de quitter le Royaume-Uni après le 30 juin 2021, à la fin de la période de grâce pour s'enregistrer

LONDRES: Près de la moitié des ressortissants de l'Union européenne vivant au Royaume-Uni craignent de voir le respect de leurs droits se dégrader et de ne pas être traités comme les Britanniques à l'avenir, indique une étude publiée jeudi. 

Les citoyens de l'UE conservent les mêmes droits de vivre, travailler et accéder à la sécurité sociale au Royaume-Uni après le Brexit s'ils vivaient dans ce pays avant le 31 décembre 2020 et s'enregistrent via un programme, le « EU settlement scheme », avant le 30 juin. 

Si une majorité de sondés considère être traitée de manière identique aux citoyens britanniques, près d'un sur deux (44%) n'est pas confiant dans le fait d'être traité sur un pied d'égalité à l'avenir, indique l'étude menée l'Independent Monitoring Authority (IMA), une organisation chargée de protéger leurs droits. 

Cette étude est dévoilée au moment où le journal britannique The Guardian fait état de l'expulsion, à leur arrivée au Royaume-Uni, de ressortissants européens venus notamment y passer un entretien d'embauche, en pleine confusion sur les règles migratoires post-Brexit.  

Selon le ministère de l'Intérieur, un visa est désormais requis pour venir travailler dans le pays, mais pas pour participer à des réunions, des conférences ou des entretiens, ni pour négocier ou signer des contrats.  

Toutefois, selon le Guardian, au moins une dizaine d'Européens ont été détenus dans des centres de rétention à leur arrivée à l'aéroport londonien de Gatwick puis expulsés, en l'espace de seulement 48 heures la semaine dernière. Le journal évoque d'autres cas également ailleurs dans le pays.  

« Je suis toujours sous le choc », a confié au quotidien Maria, une Espagnole de 25 ans venue chercher un emploi, qui a passé trois jours dans un centre de rétention début mai. Son passeport a été confisqué.  

Selon un porte-parole du Premier ministre Boris Johnson, la « grande majorité » des Européens ne rencontrent aucun problème à l'arrivée. 

Soulignant que « les citoyens européens sont nos amis et nos voisins », il a rappelé que le gouvernement a veillé à communiquer, au sein de l'UE, « pour encourager les ressortissants européens à vérifier les documents et visas nécessaires ».  

« Manque de confiance »  

L'étude de l'IMA, menée en ligne auprès de quelque 3 000 personnes issues de 27 pays, révèle aussi un « manque de confiance » dans les institutions exprimées par une « minorité significative » des citoyens européens, a indiqué Kathryn Chamberlain, directrice générale de l'IMA lors d'une conférence de presse à l'association de la presse étrangère (FPA). 

Un répondant sur deux n'ont pas « entendu parler de leurs droits de citoyens ». 

Parmi les droits les moins connus, celui de la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles, dont seuls 48% sont au courant. 

Un répondant sur 10 (11%) envisage de quitter le Royaume-Uni après le 30 juin 2021, à la fin de la période de grâce pour s'enregistrer. Parmi les raisons évoquées d'un possible départ, un « manque de confiance » dans le gouvernement, un sentiment que le Royaume-Uni est un « endroit moins accueillant » à cause du Brexit, et des inquiétudes sur le fait que leurs droits ne seront pas maintenus. 

D'après une estimation du Bureau national des statistiques (ONS) de 2019, 3,6 millions de citoyens européens vivaient au Royaume-Uni. Toutefois, à fin mars 2021, le ministère de l'Intérieur avait reçu 5,4 millions de demandes d'enregistrement. 

Dans ses conclusions, l'IMA estime que « les pouvoirs publics ont un rôle crucial à jouer pour instaurer la confiance avec les citoyens européens » et doivent accorder une attention particulière aux personnes « vulnérables et marginalisés ». 

 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.