La Russie déclare les USA et la République tchèque «inamicaux»

La politique adoptée par Vladimir Poutine envers les capitales occidentales ne peut que rappeler les grands moments de la Guerre froide, tout comme la parade de la victoire du 9 mai à Moscou qui, elle, n'a pas pris une ride. (Photo, AFP)
La politique adoptée par Vladimir Poutine envers les capitales occidentales ne peut que rappeler les grands moments de la Guerre froide, tout comme la parade de la victoire du 9 mai à Moscou qui, elle, n'a pas pris une ride. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 15 mai 2021

La Russie déclare les USA et la République tchèque «inamicaux»

  • Les deux pays ont été intégrés à cette liste nouvellement créée pour avoir « mené des actions inamicales » visant la Russie, des citoyens russes ou des organisations russes
  • Les tensions entre Moscou et l'Occident se sont multipliées ces derniers mois sur une longue série de sujets, allant du sort de l'opposant Navalny au dossier ukrainien ou à des accusations de cyberattaques et d'espionnage

MOSCOU : La Russie a annoncé vendredi avoir classé la République tchèque et les Etats-Unis sur une liste de « pays inamicaux », décision prise sur fond de tensions russo-occidentales croissantes marquées par de nombreuses expulsions croisées de diplomates.

Selon un décret gouvernemental signé jeudi mais publié vendredi sur le portail officiel russe, les deux pays ont été intégrés à cette liste nouvellement créée pour avoir « mené des actions inamicales » visant la Russie, des citoyens russes ou des organisations russes.

En conséquence, la République tchèque n'a le droit d'embaucher que 19 membres du personnel étrangers dans son ambassade de Moscou, les Etats-Unis étant eux frappés d'une interdiction totale en la matière, décision qui va fortement perturber le fonctionnement de leurs services consulaires.

Le président russe Vladimir Poutine avait ordonné fin avril au ministère des Affaires étrangères d'établir une liste de « pays inamicaux » dans le but de « protéger les intérêts et la sécurité » de la Russie alors que de nombreux diplomates russes étaient expulsés de leur poste à l'étranger, notamment à Prague et Washington.

La signature de ce décret intervient à quelques jours de la première rencontre du chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov et du secrétaire d'Etat américain Antony Blinken, en marge du sommet du Conseil de l'Arctique le 20 mai en Islande, qui doit préparer un sommet Joe Biden-Vladimir Poutine en juin.

Les tensions entre Moscou et les capitales occidentales se sont multipliées ces derniers mois sur une longue série de sujets, allant du sort de l'opposant emprisonné Alexeï Navalny au dossier ukrainien ou à des accusations répétées de cyberattaques et d'espionnage.

Parallèlement, les relations américano-russes ont continué de se dégrader depuis l'arrivée à la Maison-Blanche de Joe Biden. Celui-ci a ordonné mi-avril l'expulsion de dix diplomates pour leur rôle dans une cyberattaque et des ingérences dans les élections américaines.

Moscou, qui dénonce des accusations infondées, a toujours pris des mesures de représailles, comme lorsqu'elle a déclaré 10 diplomates américains non grata, interdit d'entrée sur son territoire plusieurs responsables américains et interdit à ses ressortissants de travailler pour les représentations diplomatiques américaines.

« Volonté de dialogue »

« Moscou a toujours souligné sa volonté de dialogue », a toutefois assuré vendredi le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, cité par l'agence de presse TASS, soulignant que seuls ces deux pays étaient inclus à la liste alors que les médias russes évoquaient une dizaine de pays au total, dont le Royaume-Uni.

De son côté, la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova a indiqué dans un communiqué que l'interdiction d'embaucher du personnel étranger est une décision « définitive et irrémédiable » et que Washington doit remettre « au plus tard le 1er août » la composition du personnel de sa représentation diplomatique.

Cette semaine, l'ambassade américaine avait déjà annoncé suspendre l'essentiel de ses services consulaires à cause de sanctions russes l'ayant forcé à se séparer de l'ensemble de son personnel local et à réduire « sa main d'œuvre de 75% ». Elle a ensuite annoncé reprendre son travail, la mesure étant « reportée ».

« Nous considérons cette mesure comme une nouvelle étape dans l'escalade des relations non seulement avec la République tchèque, mais aussi avec l'UE et ses alliés », a commenté à Prague la porte-parole de la diplomatie tchèque, Eva Davidova, assurant qu'elle s'est faite « au propre détriment » de Moscou.

Le gouvernement tchèque a accusé fin avril les services secrets russes d'avoir causé l'explosion en 2014 d'un dépôt de munitions, provoquant la mort de deux personnes. Prague a ensuite expulsé 18 diplomates russes présentés comme des espions, ce à quoi Moscou avait répondu en expulsant 20 diplomates tchèques.

Plusieurs pays européens avaient ensuite expulsé des diplomates russes en soutien à Prague.

 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.