Le génocide vu par un enfant : «Petit Pays» de Gaël Faye, sur grand écran

L'écrivain franco-rwandais Gaël Faye, (G) et auteur du roman "Petit Pays", le réalisateur Eric Barbier (C) et la directrice de casting Dida Nibagwire lors de l'avant- première du du roman à Kigali, le 7 mars 2020. (Simon WOHLFAHRT / AFP)
L'écrivain franco-rwandais Gaël Faye, (G) et auteur du roman "Petit Pays", le réalisateur Eric Barbier (C) et la directrice de casting Dida Nibagwire lors de l'avant- première du du roman à Kigali, le 7 mars 2020. (Simon WOHLFAHRT / AFP)
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Publié le Mardi 25 août 2020

Le génocide vu par un enfant : «Petit Pays» de Gaël Faye, sur grand écran

  • A l'écran, le petit Gabriel, fils d'un Français et d'une réfugiée rwandaise au Burundi, fait redécouvrir son paradis perdu
  • « Ce roman et ce film sont la preuve que même si vous parlez de vous-même, de vos origines et de votre histoire propre, vous pouvez parler au monde entier »

PARIS : Le génocide et la guerre civile par les yeux d'un enfant de 10 ans : "Petit Pays", adaptation pudique et déchirante du roman de l'auteur compositeur franco-rwandais Gaël Faye, sort vendredi en salles.

Le réalisateur Eric Barbier ("La promesse de l'aube") livre une traduction émouvante de ce roman inspiré notamment de l'enfance de Gaël Faye, sur fond de montée du conflit entre Hutu et Tutsi et de séparation des parents. Succès de librairie, et révélation pour son auteur en 2016, le roman a été couronné par plusieurs prix littéraires, et traduit en près de 40 langues.

A l'écran, le petit Gabriel (Djibril Vancoppenolle), fils d'un Français et d'une réfugiée rwandaise au Burundi, fait redécouvrir son paradis perdu, le Bujumbura heureux de cette période. Puis le basculement dans la guerre civile en 1993, qui marque la fin de son innocence. Six mois plus tard au Rwanda voisin, le génocide emporte la minorité tutsi.

Lors d'une projection avant la sortie en salles, retardée par l'épidémie de coronavirus et programmée exceptionnellement vendredi, Gaël Faye s'était dit ébranlé de redécouvrir son roman d'une façon nouvelle, sur grand écran.

"Ce qui m'a choqué déjà, c'est le fait que ce soit resserré (...). On ne met pas sur pause, on est là dans la salle. C'est aussi l'empilement des situations, ce moment où on a l'impression d'être en apnée sur la fin du film", explique Gaël Faye, 38 ans.

"Quand Eric (Barbier) s'empare de cette histoire, il l'écrit d'une autre façon. Et je suis obligé de baisser la garde, parce qu'il faut que je rentre dans son histoire", dit encore le chanteur, compositeur et écrivain, qui a grandi lui-même au Burundi et dont une partie de la famille est réfugiée, originaire du Rwanda.

Là où le livre mettait l'accent sur l'évocation nostalgique et poétique d'une enfance perdue à travers l'histoire d'une bande de garçons vivant au grand air, vue à hauteur d'enfant, le film l'aborde aussi, mais se resserre davantage sur la cellule familiale. 

Il montre aussi la montée de la violence et ses répercussions sur une famille de façon plus frontale que le livre mais sans images démonstratives, en racontant le quotidien de Gabriel, de ses parents (Jean-Paul Rouve et Isabelle Kabano) et de sa petite soeur, dans leur maison d'où ils entendent les récits et les bruits de la guerre.

Présenté à Kigali

"J'ai poussé le fait qu'il y a cette maison. Tout se passe là", explique Eric Barbier, soulignant qu'"au fur et à mesure, les choses se referment" dans un "huis clos qui est plus anxiogène".

Le film a déjà été présenté en mars, avant la pandémie, lors d'une émouvante avant-première à Kigali, dans trois salles bondées de l'unique cinéma du pays, en présence de l'épouse du président, Jeannette Kagame - elle-aussi née au Burundi - de plusieurs ministres et de nombreux représentants de la scène artistique rwandaise.

"Ce roman et ce film sont la preuve que même si vous parlez de vous-même, de vos origines et de votre histoire propre, vous pouvez parler au monde entier", avait alors déclaré Gaël Faye : "+Petit Pays+ parle de ce rêve des réfugiés de pouvoir un jour rentrer dans leur pays".

Le film a été tourné au Rwanda et non au Burundi "en raison de la situation politique" dans ce pays, plongé dans une crise politique depuis 2015, selon l'écrivain et musicien, très impliqué dans l'écriture du script et le choix des acteurs rwandais.

Le Rwanda n'ayant pas réellement d'industrie cinématographique, Gaël Faye et le réalisateur s'étaient résolus à faire tourner principalement des amateurs. Le film, d'un budget de cinq millions d'euros, a été intégralement tourné au Rwanda, en grande partie dans la région de Gisenyi, près de la République démocratique du Congo (RDC).


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".