Robes en algues et baskets en champignons, la mode tend vers le vert

La dLa créatrice américaine Charlotte McCurdy présentant un imperméable à base d'algues à New York. (Charlotte McCurdy/AFP)
La dLa créatrice américaine Charlotte McCurdy présentant un imperméable à base d'algues à New York. (Charlotte McCurdy/AFP)
Short Url
Publié le Lundi 24 mai 2021

Robes en algues et baskets en champignons, la mode tend vers le vert

  • La designer et chercheuse new-yorkaise Charlotte McCurdy a utilisé des algues qui absorbent naturellement le carbone pour faire un manteau imperméable
  • Dans le cadre de leur projet Living Color, les designers néerlandais Laura Luchtman et Ilfa Siebenhaar font des recherches sur la teinture par des bactéries

PARIS : Des robes en algues aux chaussures en champignons, les innovations se multiplient dans l'espoir d'améliorer le bilan environnemental aujourd'hui lamentable de l'industrie de la mode.

Des changements sont nécessaires de toute urgence dans ce secteur qui consomme 93 milliards de mètres cubes d'eau par an, rejette 500.000 tonnes de microfibres plastiques dans l'océan et représente 10% des émissions mondiales de carbone, selon la Fondation Ellen MacArthur.

La designer et chercheuse interdisciplinaire new-yorkaise Charlotte McCurdy a utilisé des algues qui absorbent naturellement le carbone pour faire un manteau imperméable dont le tissu ressemble à du plastique. De sa collaboration avec le styliste Phillip Lim est née une robe verte à sequins.

Pour l'instant de telles pièces ne sont pas vendues dans les grands magasins. Elle les voit davantage comme un moyen de montrer que les vêtements au bilan carbone négatif sont possibles.

"Je n'essaye pas de les monétiser. Je veux juste planter une graine", a déclaré à l'AFP Charlotte McCurdy qui se concentre sur la création d'un centre d'innovation et de sensibilisation.

Couleur bactérienne 

Dans le cadre de leur projet Living Color, les designers néerlandais Laura Luchtman et Ilfa Siebenhaar font des recherches sur la teinture par des bactéries. Certains micro-organismes libèrent des pigments naturels en se multipliant, et déployés sur du tissu, ils peuvent teindre les vêtements sans produits chimiques toxiques et utilisation intensive de l'eau.

Ils publient leurs recherches gratuitement en ligne.

Laura Luchtman, qui travaillait auparavant dans la "fast fashion", a vu "de près l'impact négatif de cette industrie" et veut désormais produire à petite échelle.

De telles innovations commencent toutefois à se développer au sein de grandes entreprises.

La start-up californienne Bolt Threads s'est récemment associée à Adidas, Lululemon, Kering et Stella McCartney pour développer Mylo, un cuir fabriqué à partir de racines de champignons. Stella McCartney a présenté sa première collection Mylo en mars et Adidas a promis des sneakers en champignons d'ici la fin de l'année.

"Impératif commercial"  

Certains experts doutent que de telles initiatives puissent conduire à une transformation à grande échelle.

"Peut-être que certaines vont s'implanter dans l'industrie, mais la barre y est très élevée", prévient Mark Sumner, expert en développement durable à l'Ecole de Design de l'Université de Leeds.

"Cette industrie compte des milliers d'usines et d'opérateurs. Ce n'est pas comme l'industrie automobile où il suffit de convaincre six ou sept grandes entreprises d'essayer quelque chose de nouveau."

Pourtant la pression venant des consommateurs et des associations commence à faire son effet.

"Les marques responsables considèrent désormais le développement durable comme un impératif commercial", dit-il à l'AFP.

Pour Celine Semaan, fondatrice de la Slow Factory Foundation, qui soutient plusieurs initiatives de justice sociale et environnementale autour de la mode, "la technologie ne résoudra pas les problèmes à elle seule. On a besoin de politique, de culture et d'éthique".

Tracer le coton 

Un domaine que beaucoup considèrent comme une priorité est la transparence, et ici la technologie a un rôle clair à jouer.

La complexité des chaînes d'approvisionnement est telle que "de nombreuses entreprises n'ont aucune idée d'où viennent leurs matières premières", souligne Delphine Williot, coordinatrice politique du groupe militant Fashion Revolution

La récente polémique suscitée par les informations selon lesquelles le coton du Xinjiang, province peuplée de Ouïghours en Chine, avait été cueilli par des travailleurs forcés (ce que Pékin dément) a mis en lumière la difficulté de savoir où aboutissait ce coton.

Fibretrace, qui a remporté cette année un prix du développement durable décerné par le magazine Drapers, offre une solution en implantant dans les fils un pigment bioluminescent indestructible. Tout vêtement fabriqué à partir de ce coton peut être scanné comme un code-barres pour trouver les origines du tissu.

"Vous ne pouvez pas connaître l'impact environnemental de quoi que ce soit si vous ne savez pas où il a été fabriqué", explique à l'AFP Andrew Olah, directeur commercial de Fibretrace.

Ce savoir-faire va de pair avec des sites de données comme SourceMap et Open Apparel Registry qui offrent aux entreprises la possibilité de tracer leurs chaînes d'approvisionnement, ce qui fait qu'il est de plus en plus difficile de plaider l'ignorance.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
Short Url
  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
Short Url
  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Short Url
  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".