Roumanie : l'avion de Ceausescu vendu 120 000 euros aux enchères

Estampillé «République socialiste de Roumanie», le moyen-courrier «Rombac Super One-Eleven» était sorti en 1986 d'une usine de Bucarest, le cinquième d'un total de neuf conçus sous licence de la feu British Aircraft Corporation (BAC). (Photo, Archives/AFP)
Estampillé «République socialiste de Roumanie», le moyen-courrier «Rombac Super One-Eleven» était sorti en 1986 d'une usine de Bucarest, le cinquième d'un total de neuf conçus sous licence de la feu British Aircraft Corporation (BAC). (Photo, Archives/AFP)
Estampillé «République socialiste de Roumanie», le moyen-courrier «Rombac Super One-Eleven» était sorti en 1986 d'une usine de Bucarest, le cinquième d'un total de neuf conçus sous licence de la feu British Aircraft Corporation (BAC). (Photo, Archives/AFP)
Estampillé «République socialiste de Roumanie», le moyen-courrier «Rombac Super One-Eleven» était sorti en 1986 d'une usine de Bucarest, le cinquième d'un total de neuf conçus sous licence de la feu British Aircraft Corporation (BAC). (Photo, Archives/AFP)
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Publié le Vendredi 28 mai 2021

Roumanie : l'avion de Ceausescu vendu 120 000 euros aux enchères

  • Le projet du «Rombac Super One-Eleven», fabriqué à Bucarest sous licence de la British Aircraft Corporation, a été avalisé lors d’une visite d’Etat du «Conducator» à Londres en 1978
  • La Roumanie était le premier pays de l'Est à fabriquer des avions à réaction, hors URSS, de quoi «couronner l'indépendance industrielle» voulue par le dictateur face au pouvoir soviétique

BUCAREST : L'avion du dictateur roumain déchu Nicolae Ceausescu, qui symbolisait son indépendance face à l'Union soviétique, a été vendu 120 000 euros aux enchères jeudi à Bucarest, après avoir accompagné l'histoire mouvementée de la Roumanie pendant des décennies.

Environ 150 collectionneurs et passionnés d'aviation se sont disputés dans la soirée, au téléphone ou via internet, ce vestige mis à prix 25 000 euros, selon Alina Panico, la porte-parole de la maison de ventes Artmark, qui a son siège dans la capitale roumaine.

 

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Une voiture de luxe Paykan Hillman Hunter, seule automobile "made in Iran" pendant des décennies, offerte en 1974 à Ceausescu par le Shah d'Iran a été achetée 95 000 euros au cours de la même vente par un amateur roumain. (Photo, Archives/AFP)

 

Une voiture de luxe Paykan Hillman Hunter donnée en 1974 à Ceausescu par le Shah d'Iran a été achetée 95 000 euros au cours de la même vente par un amateur roumain.

Estampillé « République socialiste de Roumanie », le moyen-courrier « Rombac Super One-Eleven » était sorti en 1986 d'une usine de Bucarest, le cinquième d'un total de neuf conçus sous licence de la feu British Aircraft Corporation (BAC).

La Roumanie devenait ainsi le premier pays d'Europe de l'Est à fabriquer des avions à réaction, hors URSS. De quoi « couronner l'indépendance industrielle » voulue par Ceausescu face au pouvoir soviétique, rappelle Artmark.

« Pour les Roumains, ce fut une fierté de construire ce type d'appareil à la pointe de la technologie », se souvient auprès de l'AFP Gheorghe Marica, un ancien pilote de l'armée qui a pu tester le Rombac à l'occasion d'un vol de rodage.

Afin de répondre aux exigences du dictateur, la cabine devait être aménagée pour comporter une chambre à coucher et un bureau, afin qu'il puisse avec son épouse Elena jouer au backgammon, leur passe-temps favori, a confié sous couvert d'anonymat un ancien pilote qui avait volé avec le couple.

Mais celui qui gouvernait la Roumanie d'une poigne de fer depuis 1965 fut renversé par un soulèvement anticommuniste et exécuté par balles le 25 décembre 1989, aux côtés d'Elena.

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La vente aux enchères a permis de revenir à une époque révolue de la Guerre froide. Le train de vie de celui qui se faisait appeler modestement le « génie des Carpates » ou le « Danube de la pensée » n'avait rien de prolétaire, en témoigne la chambre à coucher de sa femme Elena. (Photo, AFP)

Calèche dorée

L'insolite histoire de cet avion remonte à 1978 : à l'occasion d'un séjour à Londres, une grande première pour un dirigeant communiste, Ceausescu signe un contrat d'un montant de 300 millions de livres avalisant la fabrication à Bucarest du modèle Rombac.

Perçu à l'époque comme une personnalité à part au sein du bloc soviétique, il avait été reçu avec les honneurs : il avait notamment eu droit à une promenade en calèche dorée au palais de Buckingham aux côtés de la reine Elizabeth et à un banquet d'Etat.

Pour la BAC, qui avait de plus en plus de mal à vendre ses avions performants mais jugés trop bruyants, ce pacte avait été une aubaine, raconte l'ancien pilote.

Les Britanniques souhaitaient par ailleurs « briser la glace avec les pays communistes grâce à quelqu'un ayant pris ses distances de Moscou », notamment pendant l'invasion de la Tchécoslovaquie en 1968 par les troupes du Pacte de Varsovie, estime M. Marica.

Parmi les neuf exemplaires du Rombac fabriqués en Roumanie, certains ont volé sous les couleurs d'une petite compagnie, LAR, créée dans les années 1970 par le régime communiste avec pour unique destination Tel Aviv.

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Même la salle de bain du camarade Ceausescu était décorée de dorures. (Photo, AFP)

Seul pays du bloc soviétique à avoir maintenu des liens diplomatiques avec Israël après la guerre des Six jours de 1967, la Roumanie était aussi la seule à opérer des vols vers cette destination.

Croupir au garage

Bucarest s'était engagé à fabriquer 80 appareils au total, mais la chute de Ceausescu en 1989 sonnera rapidement le glas de l'ambitieux projet. 

L'avion présidentiel aux motifs bleus est alors repris par la compagnie d'Etat Romavia, qui le louera à la société pakistanaise Aero Asia, avant de le laisser croupir au garage. Elle fera faillite en 2014 et ce sont ses biens qui sont désormais vendus.

D'autres seront loués à la compagnie à bas prix Ryanair, avant d'être démembrés ou abandonnés sur des aéroports aux quatre coins du monde.

Pour empêcher que le fameux avion ne finisse à la ferraille, une poignée d'enthousiastes ont obtenu en mars que l'aéronef soit inscrit par les autorités au « patrimoine national ».

« Il ne peut être ni démembré, ni modifié et ne peut surtout pas quitter le territoire roumain », explique Adrian Ciutan, un ancien technicien Rombac à l'origine de cette campagne.

Mais on peut le transformer en musée et il peut toujours voler, à condition que le nouveau propriétaire consente à un investissement important pour remplacer la motorisation, dit-il.

Toutefois, même si Artmark affirme que Ceausescu a volé à bord de l'engin, plusieurs aviateurs interrogés par l'AFP assurent qu'il lui préférait... le Boeing 707.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.