Des centaines de milliers de Birmans menacés par la faim depuis le coup d’État

Sur cette photo prise le 21 mai 2021, des hommes et des femmes attendent de recevoir des sacs de riz distribués par le Programme alimentaire mondial (PAM) dans le cadre des efforts d'aide alimentaire pour soutenir les habitants des communautés pauvres de la périphérie de Rangoun. (Photo / AFP)
Sur cette photo prise le 21 mai 2021, des hommes et des femmes attendent de recevoir des sacs de riz distribués par le Programme alimentaire mondial (PAM) dans le cadre des efforts d'aide alimentaire pour soutenir les habitants des communautés pauvres de la périphérie de Rangoun. (Photo / AFP)
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Publié le Vendredi 28 mai 2021

Des centaines de milliers de Birmans menacés par la faim depuis le coup d’État

  • «Mon mari se retrouve au chômage. Il accepte tous les petits boulots, même creuser des fosses septiques»
  • Selon le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM), jusqu'à 3,4 millions de personnes supplémentaires auront du mal à se procurer de la nourriture au cours des trois à six prochains mois

RANGOUN : Ne manger qu'une seule fois par jour, uniquement du riz accompagné de légumes, s'endetter pour survivre : depuis le coup d’État, des centaines de milliers de Birmans pauvres ont perdu leur emploi et ont de plus en plus de difficultés à se nourrir.

"On ne fait plus qu'un repas quotidien. Je ne veux pas que ma famille souffre de la faim", soupire Win Naing Tun, 26 ans.

Avant le putsch militaire du 1er février contre le gouvernement civil d'Aung San Suu Kyi, ce père de trois enfants était employé de nuit dans une usine de transformation de poissons.

Le couvre-feu imposé par la junte l'empêche désormais de s'y rendre et il reste désœuvré dans sa petite maison en bois et en tôle d'Hlaing Thar Yar, une banlieue pauvre de Rangoun.

Plus question d'acheter du porc, mais seulement "quelques légumes et un peu de pâte de poisson", explique-t-il.

Non loin de là, Aye Mar doit aussi se contenter de cuisiner du riz et des feuilles, inquiète de ne pas répondre aux besoins nutritionnels de ses sept enfants.

"Mon mari se retrouve au chômage. Il accepte tous les petits boulots, même creuser des fosses septiques", raconte-t-elle.

S'aventurer dans les rues pour trouver un travail à la journée reste très risqué : le quartier a été en mars le théâtre de violents affrontements entre les habitants et les forces de sécurité. Ces dernières, qui n'ont pas hésité à tirer sur les civils, restent déployées en nombre.

Économie paralysée

Beaucoup d'habitants d'Hlaing Thar Yar travaillaient avant le coup d’État dans le secteur manufacturier, notamment dans une des dizaines d'usines de textile qui fournissent les marques occidentales.

Aujourd'hui, les grèves et les violences ont contraint la plupart des ateliers à fermer et les habitants n'ont plus accès aux maigres prestations sociales, car le système bancaire est en grande partie paralysé. Beaucoup s'endettent et s'enfoncent dans la misère.

Cette banlieue n'est pas un cas isolé : sous l'effet conjugué de la pandémie et de la crise liée au coup d’État, la pauvreté risque de doubler et de toucher la moitié de la population birmane dès l'année prochaine, un retour en arrière de 16 ans, a averti l'ONU.

Et, selon le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM), jusqu'à 3,4 millions de personnes supplémentaires auront du mal à se procurer de la nourriture au cours des trois à six prochains mois.

D'autant que les prix des denrées alimentaires sont en nette hausse : le riz a augmenté de 5%, l'huile de cuisson de près de 20%, d'après le PAM.

La situation est particulièrement délicate dans les zones urbaines.

Les chaînes d'approvisionnement sont très perturbées et l'essence a flambé de 30%, rendant difficile le transport de marchandises des zones agricoles vers les villes.

Les régions plus reculées, où la recrudescence des affrontements entre l'armée et des factions ethniques a fait ces dernières semaines des dizaines de milliers de déplacés, sont aussi touchées : le prix du riz a doublé dans l’État Kachin, dans le nord de la Birmanie. 

Le PAM a annoncé fin avril débloquer une aide alimentaire qui vise jusqu'à deux millions de personnes à travers le pays.

D'autres organismes encouragent les habitants de Rangoun qui ont un surplus de nourriture à donner aux plus démunis.

"Nous dépendons uniquement des dons. Si cette situation perdure, nous allons certainement mourir de faim", s'inquiète Ni Aye, une mère au foyer de 51 ans.

D'autres, comme Aung Kyaw Moe, envisagent de fuir la capitale économique où "tout est devenu hors de contrôle".


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.