Assaut du Capitole: malgré le traumatisme, l'impossible accord sur une enquête

Vue du Capitole, Washington. (Photo, AFP)
Vue du Capitole, Washington. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 29 mai 2021

Assaut du Capitole: malgré le traumatisme, l'impossible accord sur une enquête

  • Malgré le profond traumatisme causé par l'assaut du Capitole, démocrates et républicains n'ont pas pu parvenir vendredi à un consensus sur une commission d'enquête indépendante
  • Un échec symbole des profondes divisions qui tiraillent toujours les Etats-Unis et de la profonde influence qu'exerce encore l'ex-président républicain sur son camp

WASHINGTON : Des manifestants pro-Trump forçant l'entrée du vénérable Capitole, les élus fuyant l'arrivée des émeutiers, des membres armés de la sécurité tentant de protéger l'hémicycle et plusieurs morts... 

Malgré le profond traumatisme provoqué par le violent assaut du siège du pouvoir parlementaire américain, démocrates et républicains n'ont pas pu parvenir vendredi à un consensus sur une commission d'enquête indépendante.      

Un échec symbole des profondes divisions qui tiraillent toujours les Etats-Unis près de cinq mois après l'attaque du 6 janvier, et de la profonde influence qu'exerce encore l'ex-président républicain sur son camp. 

« Les Américains sont plus enclins à se rassembler, selon moi, que le Congrès et les élus », a déclaré Joe Biden vendredi.

Il fallait dix voix républicaines ajoutées aux 50 démocrates pour franchir un vote de procédure et parvenir ensuite au vote final sur sa création, déjà approuvée par la Chambre des représentants. 

Seuls six républicains ont voté pour: Bill Cassidy, Susan Collins, Lisa Murkowski, Rob Portman, Mitt Romney et Ben Sasse.

Les autres, derrière leur chef de file au Sénat Mitch McConnell, voyaient dans cette commission un « exercice purement politique » qui n'ajouterait rien aux enquêtes de police déjà en cours, avec près de 450 arrestations. 

Le 19 mai, seuls 35 des 211 républicains de la Chambre des représentants avaient voté pour. 

Pourtant, rétorquaient ses défenseurs, la commission aurait compris cinq membres choisis par les démocrates et cinq autres choisis par les républicains, sur le modèle exact de celle créée après le 11-Septembre, qui avait bénéficié d'un fort soutien dans les deux camps. 

Mais la donne est bien différente, et l'Amérique, ultra-divisée après quatre ans de mandat de Donald Trump. 

Car c'est bien lui qui fut au cœur des débats. 

De quoi les républicains ont-ils « peur? La vérité? Avez-vous peur que le grand mensonge de Donald Trump soit démenti? », leur a lancé vendredi le chef de la majorité démocrate au Sénat Chuck Schumer. 

« Allumé la mèche »

Le milliardaire n'a jamais concédé explicitement sa défaite à la présidentielle du 3 novembre 2020. 

Plus de quatre mois après avoir quitté la Maison Blanche, le 20 janvier, il continue d'affirmer que le scrutin lui a été volé, malgré l'échec de tous ses recours en justice pour dénoncer des fraudes massives. 

« Arrêtez le vol! »: c'est justement sous ce mot d'ordre que des milliers de ses partisans s'étaient rassemblés devant la Maison Blanche le 6 janvier. 

Plusieurs centaines avaient ensuite forcé l'entrée du Capitole, où les parlementaires certifiaient la victoire de son rival Joe Biden. 

Juste avant, le président sortant leur avait lancé: « Battez-vous comme des diables ».

Pour les démocrates, pas de doute: Donald Trump « a allumé la mèche » des violences. 

Accusé d' « incitation à l'insurrection » par la Chambre des représentants, l'ancien président avait été acquitté par le Sénat en février au terme d'un procès en destitution, faute de voix suffisantes du côté républicain. 

Les chefs de son parti au Congrès avaient toutefois souligné la « responsabilité » de l'ex-président dans l'attaque, tout en martelant que le Sénat n'était pas compétent pour le juger.

Elections des « midterms » en jeu

Mais la plupart des élus républicains sont désormais déterminés à tourner la page, avec un objectif en vue: les élections parlementaires de mi-mandat, ou « midterms », de novembre 2022, lorsqu'ils espèrent reprendre le contrôle des deux chambres du Congrès. 

Pour Calvin Jillson, professeur de sciences politiques à l'université Southern Methodist de Dallas, les chefs du « Grand Old Party » ont fait un « pari »: 

Assumer aujourd'hui l'avalanche de critiques provoquée par leur blocage de cette commission indépendante plutôt que d'avoir à répondre aux conclusions potentiellement embarrassantes de son rapport, prévu d'ici le 31 décembre et qui deviendrait donc « le centre d'attention » début 2022, lorsque la longue campagne des « midterms » aura démarré. 

D'autre part, « ils craignent d'aliéner la base (d'électeurs) de Donald Trump s'ils sont trop proactifs dans l'examen des événements de janvier », renchérit Capri Cafaro, enseignante à l'American University et ancienne élue démocrate de l'Ohio.

Interrogé sur la commission cette semaine, Mitch McConnell avait admis ses visées électorales: à l'automne 2022, les Américains « doivent se concentrer sur ce que cette administration (Biden) fait au pays ».

Favorable à la création d'une commission, la sénatrice républicaine de l'Alaska Lisa Murkowski s'est indignée jeudi soir devant des journalistes de la « décision » de ses chefs de « s'intéresser aux gains politiques à court terme plutôt que de reconnaître ce qu'il s'est passé le 6 janvier ». 

« On ne se soucie vraiment que de cela ? D'un cycle électoral après l'autre ? »

 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.