Le succès fulgurant d'une inconnue, la romancière Virginie Grimaldi

Une libraire salue le don de la romancière pour «entretenir une communauté» sur Facebook et Instagram, où l'autrice plaisante beaucoup, et se laisse aller à la confidence..(Capture d'écran, Instagram)
Une libraire salue le don de la romancière pour «entretenir une communauté» sur Facebook et Instagram, où l'autrice plaisante beaucoup, et se laisse aller à la confidence..(Capture d'écran, Instagram)
Short Url
Publié le Samedi 29 mai 2021

Le succès fulgurant d'une inconnue, la romancière Virginie Grimaldi

  • En 2019, elle atteint la troisième place parmi les auteurs les plus lus en France avec 756 000 exemplaires au total
  • Ses romans dits «feel good» racontent tous la même chose

PARIS: Une notoriété faible, une présence discrète dans les médias et le silence de la critique n'empêchent pas l'écrivaine française Virginie Grimaldi de rencontrer un succès fou avec ses romans "qui font du bien". Et le phénomène n'en est qu'à ses débuts.

En 2019, elle atteint la troisième place parmi les auteurs les plus lus en France (756 000 exemplaires au total). En 2020, année de "Que ne durent que les moments doux", elle prend la deuxième (828 000 exemplaires), derrière l'écrivain Guillaume Musso. Elle est loin devant Marc Lévy ou Amélie Nothomb, à côté desquels elle passerait pour une inconnue.

Vu le démarrage de son roman paru le 12 mai en France, "Les Possibles", elle semble partie pour cartonner tout autant en 2021, sinon plus.

"Les auteurs qui se vendent très bien ne sont pas tous des stars. Elle n'en est pas une et elle n'en a pas besoin", dit son premier éditeur, Frédéric Thibaud, chez City Editions.

Il n'a publié qu'un seul livre, "Le Premier Jour du reste de ma vie" en 2015. "Elle avait été refusée par d'autres éditeurs, alors qu'il était évident qu'elle avait une plume. Ensuite on n'a pas pu la retenir, quand les grandes maisons ont commencé à s'intéresser au genre qui est le sien. Ça fait partie de la vie de l'édition'", se souvient-il.

«Comme les bonbons»

Depuis sa signature chez l'éditeur Fayard en 2016, les ventes ont décollé.

Le premier best-seller s'appelle "Le Parfum du bonheur est plus fort sous la pluie" (2017). "Les personnages sont assez caricaturaux", déplore à l'époque le journal Libération. Toutefois "Virginie Grimaldi a pour elle une certaine sincérité, une écriture parfois touchante, avec quelques scènes certes lacrymales mais qui fonctionnent".

"C'est comme les bonbons ou les doudous (...) Les gens ont envie d'entendre de chouettes histoires rassurantes", constate aujourd'hui Emmanuèle Peyret, la journaliste qui était préposée à ces critiques, forcément acerbes de la part d'un quotidien qui assume son élitisme culturel. Elle lui trouve comme atouts "une image médiatique simple et forte, un message clair", mais goûte peu sa "philo de comptoir empruntée souvent à ce pauvre Aristote".

Pour Marie-Aurélie Buffet, de la librairie Mollat à Bordeaux (sud-ouest), "de plus en plus des clients viennent avec une demande spécifique: des livres lumineux, qui leur permettent de s'élever au-dessus de la dureté de la vie. Le succès de Virginie Grimaldi est facile à comprendre, avec des romans qui s'adressent à tout le monde, et des émotions, des sentiments dans lesquels chacun peut se reconnaître".

La libraire salue aussi le don de la romancière pour "entretenir une communauté" sur Facebook et Instagram, où l'autrice plaisante beaucoup, et se laisse aller à la confidence. Comme, en avril, le souvenir d'une fausse couche.

«Identification optimiste»

Ses romans dits "feel good" (qui font du bien) racontent tous la même chose. La narratrice et héroïne, jeune femme moderne évoluant dans la classe moyenne, se sort d'une situation personnelle compliquée par son opiniâtreté et sa vivacité d'esprit.

Tout chez Virginie Grimaldi participe à se plonger dans la situation, avec une héroïne à la vie assez commune d'un point de vue sociologique, qui peut faire d'elle la voisine, la meilleure amie, la fille, la nièce de millions de Françaises... "Une identification optimiste", d'après Marie-Aurélie Buffet.

Son ascension a surpris les spécialistes. Dans "Best sellers, l'industrie du succès", livre de chercheurs paru en janvier chez Armand Colin, un chapitre sur "Les livres qui font du bien" évoque ses toutes les concurrentes de Virginie Grimaldi (Raphaëlle Giordano, Agnès Ledig, Anna Gavalda, Katherine Pancol, Agnès Martin-Lugand)... et pas elle. Pourtant, beaucoup de lecteurs trouvent qu'elle écrit mieux: moins de formules toutes faites, des rebondissements mieux amenés, des scènes et dialogues plus crédibles.

Michel Murat, agrégé et docteur en lettres, estime que le génie de ces autrices est de reprendre les thèmes du développement personnel "en les habillant d'une enveloppe romanesque".

"Il ne faut pas avoir de dédain pour ces livres. Mais pas les soumettre non plus à un jugement classiquement littéraire, sinon on ne voit que les clichés", explique-t-il. "Ils sont conçus et marketés en fonction d'attentes particulières. Je fais le parallèle avec les crèmes anti-rides: on essaie, ça ne coûte pas cher et ça réconforte".


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
Short Url
  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
Short Url
  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Short Url
  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".