Tourisme: le coeur battant de Marrakech à bout de souffle avec la crise sanitaire

En attendant, pour épauler le secteur qui représente 7% du PIB, un plan de relance du tourisme a été dévoilé, avec une campagne tournée vers les touristes nationaux. (Photo, AFP)
En attendant, pour épauler le secteur qui représente 7% du PIB, un plan de relance du tourisme a été dévoilé, avec une campagne tournée vers les touristes nationaux. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 31 mai 2021

Tourisme: le coeur battant de Marrakech à bout de souffle avec la crise sanitaire

  • Beaucoup d'artistes «se retrouvent à mendier pour survivre» , confie, la gorge nouée et les yeux humides, cette musicienne professionnelle
  • «J'ai d'abord commencé par vendre mon frigo, ma machine à laver, avant de décider de changer de métier»

MARRAKECH: "Les serpents et les singes sont morts... bientôt on va les suivre", dit Mariam Amal, une musicienne qui se produisait sur la célèbre place Jemaa el-Fna, coeur battant de Marrakech, la capitale touristique du Maroc, jusqu'à la pandémie de coronavirus.

L'effervescence de l'emblématique esplanade, classée au patrimoine mondial de l'Humanité, a laissé place à un silence assourdissant depuis que les conteurs, musiciens et charmeurs de serpents en ont été chassés il y a plus d'un an, dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire. 

En 2019, trois millions de touristes avaient afflué dans la ville rouge. Mais, avec la fermeture des frontières et les restrictions sanitaires, Marrakech, et, avec, le tourisme national, ont plongé dans une crise sans précédent. 

"C'est la première fois de son histoire que la place est vide", assure Mariam qui jouait sur la place depuis l'âge de 10 ans. 

Beaucoup d'artistes "se retrouvent à mendier pour survivre", confie, la gorge nouée et les yeux humides, cette musicienne professionnelle de 55 ans.

Le conteur Hicham El Hench dit avoir échappé "de peu" à la mendicité mais sa situation reste "précaire".

«Abandonnés de tous»

"J'ai d'abord commencé par vendre mon frigo, ma machine à laver, avant de décider de changer de métier", relate le trentenaire, la tête ceinte d'un turban bleu et le corps, émacié, flottant dans une djellaba verte.

Ce père de deux enfants travaillait "depuis sa plus tendre enfance" sur la place et gagnait environ 10 euros par jour. Il a tenté de se recycler dans la vente de fruits et légumes, "mais ça n'a pas marché". 

"J'ai déposé les armes. Depuis trois mois, je ne travaille plus", confie-t-il, non loin de là où il contait des histoires tirées des "Mille et une nuits". 

Sur l'esplanade, voisine de la grande mosquée de la Koutoubia, l'ambiance est sinistre. 

"On fait l'effort de s'habiller pour faire honneur à notre métier mais on ne gagne presque rien", raconte Jilali. Ce "guerrab", coiffé du chapeau multicolore des porteurs d'eau, gagnait sa vie "grâce aux touristes" avant la pandémie.

"On se sent abandonnés de tous, alors que l'image touristique de Marrakech reposait sur nous", souffle le quinquagénaire qui dit vivre depuis un an de dons de "bienfaiteurs".

«Sauver la saison estivale»

L'an dernier, le royaume n'a reçu que quelque 2,2 millions de touristes, soit une baisse de 78% par rapport à 2019, selon les chiffres officiels. Pilier de l'économie marocaine, les recettes du secteur touristique, avoisinant les 80 milliards de dirhams en 2019 (environ 7,5 milliards d'euros), ont chuté de 65% jusqu'à début 2021, selon le ministère des Finances.  

"L'année 2020 a été catastrophique, 2021 le sera aussi si les frontières restent fermées", estime le responsable d'un grand hôtel, rappelant que la clientèle étrangère représente 70% du flux touristique à Marrakech.

La moitié des 200 hôtels de la ville est actuellement fermée, "et si nous n'avons pas de visibilité pour l'été, plusieurs mettront la clé sous la porte", assure ce professionnel sous couvert d'anonymat. Car les aides versées aux employés du secteur, 2.000 dirhams par mois depuis juillet 2020 ne compensent pas les pertes.

Hôteliers, restaurateurs et agenciers de la ville misent sur la prochaine saison estivale mais, "sans planning clair" de levée des restrictions, la reprise "est sérieusement menacée", affirme un autre opérateur touristique, également sous couvert d'anonymat. 

Le Maroc a récemment allégé les restrictions sanitaires, en réduisant les horaires du couvre-feu nocturne pour permettre aux restaurants de travailler le soir. Mais aucune nouvelle n'a filtré sur l'ouverture des frontières aériennes ni sur la reprise des vols spéciaux suspendus jusqu'au 10 juin vers 54 pays.

Parallèlement, l'arrivée des Marocains résidents à l'étranger reste incertaine. Ils étaient trois millions à rentrer au pays lors de l'été 2019, la plupart ne sont pas revenus depuis, tous attendent de savoir ce qui va se passer cet été.

En attendant, pour épauler le secteur qui représente 7% du PIB, un plan de relance du tourisme a été dévoilé, avec une campagne tournée vers les touristes nationaux. Mais "lever les restrictions, c'est la seule voie pour sauver le tourisme", estime un opérateur, en écho aux demandes de la profession.  


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.