Traquées par les hommes qu'elles ont emprisonnés, les juges afghanes cherchent à s'évader

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Publié le Samedi 04 septembre 2021

Traquées par les hommes qu'elles ont emprisonnés, les juges afghanes cherchent à s'évader

  • «Quatre ou cinq membres des talibans sont venus dans ma maison et ont demandé à ma famille: «Où est cette femme juge ? C'étaient des gens que j'avais mis en prison»
  • Deux femmes juges de la Cour suprême ont été abattues par des hommes armés non identifiés en janvier, tandis qu'un porte-parole des talibans a nié toute implication

LA HAYE : En sécurité en Europe après s'être échappée de Kaboul, une femme juge afghane décrit comment elle a été pourchassée par des hommes qu'elle avait autrefois emprisonnés, ils sont maintenant libérés par les combattants talibans qui ont pris le contrôle du pays.

Quatre ou cinq membres des talibans sont venus dans ma maison et ont demandé à ma famille: «Où est cette femme juge ? C'étaient des gens que j'avais mis en prison», a déclaré à Reuters une femme juge afghane dans une interview depuis un lieu tenu secret, demandant à ne pas être identifiée.

L'Afghanistan compte environ 250 femmes juges. Quelques-unes ont pu fuir ces dernières semaines, mais la plupart ont été laissées pour compte et tentent toujours de sortir, ont révélé des collègues internationaux et des militants qui ont formé des réseaux travaillant sans relâche pour les aider à s'échapper.

Les talibans, qui ont accédé au pouvoir le mois dernier lorsque les États-Unis ont retiré leurs troupes, ont interdit aux femmes la plupart des professions lorsqu'ils ont dirigé le pays pour la dernière fois il y a 20 ans.

Lors d'une conférence de presse peu après la prise de Kaboul le 15 août, un porte-parole des talibans a déclaré que les droits des femmes seraient protégés conformément à la loi islamique. Elles seraient également autorisées à travailler dans des secteurs importants de la société, a-t-il souligné.

Les puissances occidentales ont déclaré qu'elles étaient prêtes à travailler avec les talibans mais qu'elles souhaitaient voir des actions, pas seulement des promesses, dans le but de protéger les droits humains.

Les femmes qui travaillent dans le secteur de la justice ont déjà été des cibles potentielles. Deux femmes juges de la Cour suprême ont été abattues par des hommes armés non identifiés en janvier. Un porte-parole des talibans a déclaré à l'époque que le groupe n'était pas impliqué.

Présentement, les talibans ont libéré des prisonniers à travers tout le pays, ce qui «met vraiment la vie des femmes juges en danger», a averti la juge afghane.

Elle a été en contact avec des collègues en Afghanistan : «Leurs messages sont remplis de peur et de terreur totale. Elles me disent que si elles ne sont pas secourues, leurs vies sont en danger direct».

La femme juge s'est échappée avec l'aide d'un collectif de volontaires des droits humains et de collègues étrangers de l'Association internationale des femmes juges (AIFJ).

En plus des juges, il y a environ un millier d'autres femmes défenseures des droits humains qui pourraient également être dans la ligne de mire des talibans, a avoué Horia Mosadiq, une militante afghane des droits humains.

Les prisonniers libérés «menacent de mort les femmes juges, les femmes procureures et les policières, disant «nous viendrons vous chercher», a-t-elle soutenu.

Le ministre britannique de la Justice, Robert Buckland, a déclaré la semaine dernière que Londres avait évacué neuf femmes juges et s'efforçait de fournir un passage sûr à un plus grand nombre de «personnes très vulnérables».

«Beaucoup de ces femmes juges étaient chargées d'appliquer l'état de droit et, à juste titre, elles craignent les conséquences qui pourraient désormais leur faire face avec le règne des talibans», a-t-il expliqué.

Mais plusieurs militants des droits humains et des juristes militants impliqués dans l'effort pour sauver les femmes juges et défenseures des droits de l’homme ont révélé que les pays occidentaux n'avaient pas fait de leur évacuation une priorité absolue dans le chaos qui a suivi la chute de Kaboul.

«Les gouvernements occidentaux n'avaient aucun intérêt à évacuer les personnes qui n'étaient pas leurs propres ressortissants », a déclaré Sarah Kay, avocate spécialisée dans les droits humains basée à Belfast et membre du réseau Atlas Women d'avocats internationaux.

Elle travaille avec un groupe en ligne d'anciens combattants volontaires connu sous le nom de «Dunkerque numérique», du nom de l'évacuation des troupes britanniques de la Seconde Guerre mondiale de la France occupée par les nazis. Le groupe a aidé des centaines de personnes à s'échapper à l'aide de groupes de discussion et de contacts personnels.

Au sein de l'Association internationale des femmes juges, une équipe de six juges étrangers a de plus coordonné l'information, fait pression sur les gouvernements et organisé les évacuations.

«La mission que nous assumons est presque insupportable pour le moment car nous sommes l'une des rares personnes à assumer la responsabilité de ce groupe», a déclaré à Reuters Patricia Whalen, une juge américaine, l'une des responsables de l’initiative, qui a aidé à former des femmes juges afghanes dans le cadre d'un programme de 10 ans.

«Je suis furieuse à ce sujet. Aucune de nous ne devrait être dans cette situation».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.