En Californie, le candidat républicain marche dans les pas de Trump

Le candidat républicain Larry Elder lors d'un meeting avec ses partisans en Californie: comme Donald Trump, Elder a dénoncé des "fraudes" avant même la tenue mardi du référendum contre le gouverneur démocrate de la Californie, signe que le réflexe du "grand mensonge" électoral de l'ex-président s'ancre aux Etats-Unis. (Photo, AFP)
Le candidat républicain Larry Elder lors d'un meeting avec ses partisans en Californie: comme Donald Trump, Elder a dénoncé des "fraudes" avant même la tenue mardi du référendum contre le gouverneur démocrate de la Californie, signe que le réflexe du "grand mensonge" électoral de l'ex-président s'ancre aux Etats-Unis. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 16 septembre 2021

En Californie, le candidat républicain marche dans les pas de Trump

  • «Ils vont tricher, nous le savons», avait déclaré Larry Elder avant même la tenue du référendum contre le gouverneur démocrate
  • Le réflexe du «grand mensonge» qui consiste à dénoncer des «fraudes» s'installe dans les élections américaines

WASHINGTON : S'il a finalement appelé ses partisans à être "bons perdants", le candidat républicain Larry Elder avait dénoncé, comme Donald Trump, des "fraudes" avant même la tenue mardi du référendum contre le gouverneur démocrate de la Californie, signe que le réflexe du "grand mensonge" électoral de l'ex-président s'ancre aux Etats-Unis. 

"Ils vont tricher, nous le savons", avait lancé à ses partisans M. Elder, un animateur de radio ultra-conservateur, une semaine avant le scrutin organisé pour tenter de révoquer le démocrate Gavin Newsom.

Financé par ses soutiens électoraux, un site "Stop à la fraude" appelait à dénoncer toute "irrégularité".

"Est-ce que quelqu'un croit vraiment que le referendum de révocation en Californie n'est pas truqué?" avait martelé Donald Trump lundi, avant de revenir à la charge mardi, alors que les électeurs votaient, pour dénoncer un "vote truqué".

Le gouverneur Gavin Newsom a finalement largement surmonté cette tentative de l'écarter du pouvoir dans ce grand Etat démocrate, et Larry Elder a reconnu sa défaite.

Mais la campagne a cristallisé une nouvelle ère dans la politique américaine, montrant qu'elle était désormais profondément marquée par les accusations infondées de fraudes électorales lancées par Donald Trump lors de la présidentielle de 2020, remportée par son rival Joe Biden.

"Trump n'a jamais cessé de contester l'élection de 2020 et cela sert plusieurs objectifs", souligne Richard Hasen, professeur spécialisé en droit électoral à l'université de Californie à Irvine.

"Cela galvanise la base et délégitime la présidence de Biden ainsi que les victoires démocrates en général", explique-t-il à l'AFP. "Et cela pourrait potentiellement servir à tenter de changer des résultats électoraux."

Déjà, son "grand mensonge" électoral, comme le décrivent ses détracteurs, a profondément affecté son camp: 78% des républicains affirment que Joe Biden n'a pas gagné la présidentielle dans un sondage publié par CNN mercredi, soit presque huit mois après l'arrivée du démocrate à la Maison Blanche.  

Et dans plusieurs Etats clés, qui pourront déterminer l'issue des prochaines élections parlementaires cruciales de 2022 et la présidentielle de 2024, l'influent milliardaire soutient des candidats défenseurs de son "grand mensonge" qui se présentent aux postes de... responsables de l'organisation des élections. 

Parmi les Trumpistes qui se présentent: Mark Finchem dans l'Arizona, Jody Hice en Géorgie, Jim Marchant dans le Nevada et Kristina Karamo dans le Michigan.

Le soutien de Donald Trump pourrait mener à "un tout autre niveau de politisation" de ces postes de secrétaires d'Etat, déjà partisans, estime Richard Hasen.

"Voilà, selon moi, le danger auquel nous faisons face désormais: des individus qui ne respectent pas l'intégrité du processus seront ceux qui compteront les bulletins".

Dès 2016 et malgré sa victoire, Donald Trump avait faussement affirmé que des migrants clandestins et des électeurs "morts depuis dix ans" avaient voté en masse pour sa rivale Hillary Clinton.

En Californie, les accusations de fraude martelées par Donald Trump et Larry Elder avant même le scrutin ont pu en partie affaiblir la participation de républicains découragés, se sont indignés certains dans leur camp.

"C'est l'acte le plus irresponsable que j'ai vu de la part d'un candidat en Californie en 20 ans passés en politique ici", s'est indigné sur Twitter Ron Nehring, ex-président du parti en Californie, à propos du site pour dénoncer des fraudes, promu par M. Elder.

Le "grand mensonge" de Donald Trump "s'est répandu et mine la confiance dans nos élections d'une façon très dangereuse", déplore Stephen Spaulding, un responsable de Common Cause.

Cette organisation américaine qui surveille les bonnes pratiques électorales défend donc un projet de loi démocrate qui interdirait le limogeage de responsables électoraux pour des raisons politiques.

Mais pour lui, explique-t-il à l'AFP, la meilleure façon de surmonter ce travail de sape est la mobilisation:

"Les électeurs doivent continuer à voter en nombre record."


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.