Chine: la «diplomatie des otages» inquiète les milieux d'affaires

Une foule attend le retour de la directrice financière de Huawei Meng Wanzhou à l'aéroport de Shenzhen, le 25 septembre 2021. Après être restée trois ans au Canada en instance d'extradition vers les Etats-Unis, qui la soupçonnent de fraude bancaire, Meng Wanzhou, la fille du fondateur du géant chinois des télécoms, est rentrée samedi en héroïne dans son pays. (Photo, AFP)
Une foule attend le retour de la directrice financière de Huawei Meng Wanzhou à l'aéroport de Shenzhen, le 25 septembre 2021. Après être restée trois ans au Canada en instance d'extradition vers les Etats-Unis, qui la soupçonnent de fraude bancaire, Meng Wanzhou, la fille du fondateur du géant chinois des télécoms, est rentrée samedi en héroïne dans son pays. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 01 octobre 2021

Chine: la «diplomatie des otages» inquiète les milieux d'affaires

  • L'affaire de la directrice financière de Huawei, retenue au Canada pendant trois ans, inquiète les entreprises étrangères installées en Chine
  • Car simultanément, deux Occidentaux ont été arrêtés en Chine sous l'accusation d'espionnage. Le régime assure que les deux affaires n'ont pas de lien entre elles

PEKIN : La libération simultanée de la directrice financière de Huawei par le Canada et de deux Canadiens par Pékin suscite l'inquiétude dans les milieux d'affaires étrangers en Chine, certains estimant que la "diplomatie des otages" a fonctionné. 


Après être restée trois ans au Canada en instance d'extradition vers les Etats-Unis, qui la soupçonnent de fraude bancaire, Meng Wanzhou, la fille du fondateur du géant chinois des télécoms, est rentrée samedi en héroïne dans son pays.


Simultanément, Michael Spavor et Michael Kovrig, arrêtés en Chine quelques jours après Mme Meng, retrouvaient le Canada après avoir connu les prisons chinoises sous l'accusation d'espionnage. Les médias de Pékin n'ont guère soufflé mot de leur arrestation ni de leur libération. 


Le régime chinois assure que les deux affaires n'ont pas de lien entre elles mais la simultanéité des libérations montre que "la diplomatie des otages a fonctionné dans une certaine mesure", relève le sinologue Jean-Pierre Cabestan, de l'Université baptiste de Hong Kong.


Dans ce contexte, certaines entreprises étrangères s'inquiètent de voir leur personnel expatrié servir à leur tour de monnaie d'échange lors de différends diplomatiques.


"Il semble de plus en plus que les entreprises sont les victimes de la politique", s'inquiète Steven Lynch, directeur de la Chambre de commerce britannique en Chine.


Certains patrons ont mis en place des plans d'urgence en cas de détention de leur personnel, d'après le chef d'une entreprise canadienne à Shanghai. 


"Il y a pas mal d'inquiétude de voir n'importe qui se faire arrêter en pleine rue du jour au lendemain", témoigne-t-il.

Effectifs en baisse

Les effectifs expatriés ont déjà beaucoup diminué en Chine du fait de l'épidémie de Covid-19 et des restrictions à l'entrée dans le pays mises en place par Pékin.


Avec la pression politique, certaines entreprises canadiennes ont décidé que les risques étaient trop élevés pour elles et ont commencé à réduire leurs activités dans la deuxième économie mondiale.


"Tout étranger en Chine doit savoir que ses heures sont comptées dans le pays", estime un chef d'entreprise canadien.


Outre le cas des "deux Michael", plusieurs étrangers employés en Chine ont été arrêtés ces dernières années, notamment un pâtissier français mis en cause et condamné dans une affaire de farine périmée. Il avait pu rentrer en France fin 2019.


Un homme d'affaires irlandais est en détention depuis 2019 après que son employeur a été impliqué dans un différend juridique. Et une journaliste australienne de la chaîne chinoise CGTN a été arrêtée l'an dernier au moment où les relations entre Pékin et Canberra tombaient au plus bas.


L'hypothèse d'une "diplomatie des otages" s'est accrue avec le retour aux Etats-Unis dimanche de deux jeunes Américains retenus en Chine depuis 2018, alors que leur père est poursuivi par Pékin pour "crimes économiques".


Outre les milieux d'affaires, des diplomates occidentaux s'inquiètent de devoir rentrer en Chine sans une immunité diplomatique totale.


"Le risque de se retrouver pris dans un différend similaire est trop élevé", déclare un diplomate à l'AFP.


Dans un contexte général de détérioration des relations entre la Chine et l'Occident, certaines multinationales se sentent de plus en plus dans le viseur de Pékin.


C'est le cas des grandes marques qui ont dû présenter des excuses ces derniers mois après avoir été accusées de partialité anti-chinoise sur des questions sensibles telles que Hong Kong, Taïwan, ou encore le traitement de la minorité musulmane ouïghoure dans le Nord-Ouest chinois.


"Les entreprises s'efforcent plus que jamais d'éviter la politique et de ne pas franchir les lignes rouges, où qu'elles soient", reconnaît un membre d'une chambre de commerce européenne à Hong Kong.


Et la condamnation internationale de la "diplomatie des otages" n'aura pas un grand impact sur le régime communiste. "Je pense que la Chine pourrait être tentée d'y recourir à nouveau", estime Jean-Pierre Cabestan, même si elle a "contribué à détériorer l'image de la Chine dans le monde".

Faire un usage politique des emprisonnements est «inacceptable», affirme Blinken

Mettre des personnes en prison pour les utiliser comme monnaie d'échange politique est "totalement inacceptable", a dit jeudi le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken, après que la Chine a relâché deux Canadiens détenus pendant presque trois ans.

"Nous sommes très heureux de voir que les deux Michael ont pu rentrer chez eux, tout comme nos deux citoyens américains", a dit M. Blinken à des journalistes à Pittsburgh, en Pennsylvanie, où il participait à des discussions commerciales entre les Etats-Unis et l'Union européenne.

"Mais un plus grand problème subsiste. Et il ne s'agit pas que de la Chine: d'autres pays s'adonnent à cette pratique qui consiste à détenir de manière arbitraire les citoyens d'autres pays dans un but politique. Et cela devrait être totalement inacceptable", a-t-il poursuivi.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.