La soirée électorale du 3 novembre, défi inédit pour les télés américaines

Le logo « J’ai voté » sur un centre électoral de Californie, aux Etats-Unis (Photo, David McNew/AFP).
Le logo « J’ai voté » sur un centre électoral de Californie, aux Etats-Unis (Photo, David McNew/AFP).
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Publié le Dimanche 25 octobre 2020

La soirée électorale du 3 novembre, défi inédit pour les télés américaines

  • Comme à chaque élection, la pression sera sur les « décision desks », équipes de statisticiens et analystes assemblées par chaque grande chaîne
  • Votes par correspondance ou par anticipation en personne, qui gagnaient déjà en popularité avant la pandémie, ont été accélérés par le contexte sanitaire

NEW YORK: Les chaînes américaines se préparent à une soirée électorale sans précédent et sans doute à rallonge le 3 novembre, compliquée par l'ampleur du vote par correspondance et la défiance croissante envers les médias, avec le risque d'annoncer trop tôt un vainqueur.

Les chaînes ont toutes en tête le 7 novembre 2000 et la volte-face qu'il fallut faire après l'annonce prématurée d'une victoire du démocrate Al Gore dans l'Etat décisif de Floride. Un cauchemar pour leur crédibilité.

Comme à chaque élection, la pression sera sur les « décision desks », équipes de statisticiens et analystes assemblées par chaque grande chaîne et qui alimentent l'antenne d'estimations et de résultats.

Longtemps, ces équipes se sont appuyées essentiellement sur les sondages de sortie des urnes pour projeter un vainqueur avec fiabilité.

Mais « ce n'est plus le cas », prévient Costas Panagopoulos, professeur de sciences politiques à l'université Northeastern, qui travaille avec les équipes de la chaîne NBC. Car selon la plupart des estimations, au moins la moitié des votants se seront déjà exprimés avant le jour de l'élection, contre 14% environ en 2000.

Votes par correspondance ou par anticipation en personne, qui gagnaient déjà en popularité avant la pandémie, ont été accélérés par le contexte sanitaire.

« Nous sommes prêts à compter pendant des jours, voire des semaines. C'est ce que nous avons fait pour les primaires », annonce Joe Lenski, directeur général d'Edison Research, qui fournit aux chaînes ABC, CBS, NBC et CNN sondages, projections et comptages, matière première de leurs « decision desks ».

Joe Lenski, qui aura 3.000 personnes mobilisées le 3 novembre, rappelle ainsi que plusieurs Etats, dont les Etats-clé du Wisconsin et de Pennsylvanie, ne peuvent pas légalement commencer à dépouiller les votes anticipés avant le jour même de l'élection.

« Les médias américains annonceront-ils le bon vainqueur le soir de l'élection ? Ne comptez pas dessus », ont écrit, dans une tribune pour le Guardian, plusieurs anciens présidents de l'American Political Science Association.

« Malgré l'incertitude liée à un grand nombre de bulletins, les médias vont se faire concurrence pour donner le résultat et attirer l'attention des téléspectateurs le soir de l'élection », s'inquiètent-ils.

« Nous ne faisons pas la course », a assuré Sam Feist, chef du bureau de Washington de CNN, lors d'une table ronde organisée par l'association PEN America. « Ce serait contre-productif pour nous tous. Nous savons que nous devons attendre que les chiffres sortent. »

« Etre transparents »

Grand manitou du desk de Fox News, Arnon Mishkin sait qu'au cours de la soirée, des déclarations pourraient être faites sur les résultats provisoires, par l'une ou l'autre équipe de campagne, « qui nous compliqueraient la vie », a-t-il dit lors de la table ronde.

En pareil cas, « vous vous concentrez sur ce que montrent les chiffres », sans écouter le bruit médiatique, dit-il.

Vanita Gupta, présidente de l'association de défense des droits humains Leadership Conference on Civil and Human Rights, s'est même publiquement inquiétée que Fox News, chaîne d'information la plus regardée aux Etats-Unis et à tendance conservatrice, ne cède à l'équipe Trump et n'annonce prématurément une victoire.

« L'intégrité de notre desk est sans faille », a déclaré Fox News qui, depuis 2018, s'est doté de son propre système statistique, conçu en collaboration avec l'agence Associated Press.

Comme la plateforme conçue par Edison Research, la chaîne a intégré à ses modèles des enquêtes poussées auprès des électeurs ayant voté par anticipation, une nécessité cette année d'autant que ces bulletins s'orientent massivement vers le candidat démocrate Joe Biden.

Malgré ces efforts, les chaînes sont conscientes que cette élection sous le signe de la pandémie intervient sur fond de défiance croissante vis-à-vis des médias, et après des mois de déclarations du camp Trump sur le risque supposé - mais jamais documenté - de fraude sur les votes anticipés.

Dans ce contexte, les médias grands publics en général ont tous « l'obligation d'être transparents » et pédagogues, selon Sam Feist.

« S'il n'y a pas de vainqueur le soir de l'élection, cela ne veut pas dire que quelque chose ne tourne pas rond », dit-il.

« Toutes les élections ne donnent pas leur résultat le soir du scrutin, même en temps normal », abonde Joe Lenski, qui rappelle qu'en 2004, George Bush n'avait été déclaré vainqueur qu'au lendemain de l'élection.

« Cette année », dit-il, « il va falloir encore plus de patience. »


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.