César: «La Nuit du 12» triomphe, remportant six prix et un rare doublé

Dominik Moll, en remportant sa deuxième statuette de réalisateur, 22 ans après «Harry un ami qui vous veut du bien», a eu «une pensée pour la vraie Clara, la vraie victime de l'affaire qui a donné lieu au film. Elle s'appelait Maud» (Photo, AFP).
Dominik Moll, en remportant sa deuxième statuette de réalisateur, 22 ans après «Harry un ami qui vous veut du bien», a eu «une pensée pour la vraie Clara, la vraie victime de l'affaire qui a donné lieu au film. Elle s'appelait Maud» (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 25 février 2023

César: «La Nuit du 12» triomphe, remportant six prix et un rare doublé

  • «La Nuit du 12» livre une galerie de suspects qui ne se rendent même pas compte de la misogynie de leurs propos, et s'attaque aussi au machisme dans la police
  • Le long-métrage a remporté six prix, dont un rare doublé, à cette cérémonie phare du cinéma français: César du meilleur film et du meilleur réalisateur pour Dominik Moll

PARIS: "La Nuit du 12", qui raconte l'enquête impossible sur un féminicide en France, a triomphé aux 48e César à Paris, lors d'une cérémonie où plusieurs voix ont déploré l'absence de femmes parmi les nommés pour la meilleure réalisation.

Le long-métrage a remporté six prix, dont un rare doublé, à cette cérémonie phare du cinéma français: César du meilleur film et du meilleur réalisateur pour Dominik Moll.

Les acteurs Bastien Bouillon et Bouli Lanners ont reçu le prix du meilleur espoir masculin et du meilleur acteur dans un second rôle, pour leur interprétation d'un duo d'enquêteurs de la PJ qui tentent d'élucider l'assassinat d'une jeune fille, sans témoins.

Inspiré d'un fait divers survenu à Saint-Jean-de-Maurienne dans le département de la Savoie en France, "La Nuit du 12" livre une galerie de suspects qui ne se rendent même pas compte de la misogynie de leurs propos, et s'attaque aussi au machisme dans la police.

Côté interprète masculin, Benoît Magimel a remporté pour la deuxième année d'affilée le César du meilleur acteur, avec "Pacifiction - Tourment sur les îles". Du jamais vu.

L'actrice franco-belge Virginie Efira a elle été sacrée du César de la meilleure actrice pour "Revoir Paris", d'Alice Winocour.

"L'Innocent", de Louis Garrel, qui était favori avec 11 nominations, est le grand perdant de la soirée, avec un seul autre trophée, pour son scénario.

Dominik Moll, en remportant sa deuxième statuette de réalisateur, 22 ans après "Harry un ami qui vous veut du bien", a eu "une pensée pour la vraie Clara, la vraie victime de l'affaire qui a donné lieu au film. Elle s'appelait Maud".

Il a rendu hommage au public français "qui a une appétence pour les films qui sortent des sentiers battus": son thriller franco-belge a bénéficié d'un solide bouche à oreille et rassemblé 509 000 spectateurs.

Le couronnement de "La nuit du 12" et son message féministe n'a toutefois pas masqué l'absence de réalisatrices parmi les nommés pour le trophée de la meilleure réalisation.

«Elles me manquent»

"Les cinéastes devaient s'emparer du récit" sur les violences faites aux femmes, a lancé l'une des productrices du film, Caroline Benjo. "Vive les femmes et vive les hommes qui rejoignent leur combat", a-t-elle ajouté dans un discours fort, écouté larmes aux yeux par l'actrice Judith Chemla, qui a dénoncé publiquement les violences domestiques qu'elle a subies.

Ce signal était d'autant plus attendu que les nominations avaient encore plus que les années précédentes laissé les réalisatrices de côté: aucune nommée pour la meilleure réalisation, une seule pour le meilleur film (Valéria Bruni Tedeschi).

Plusieurs lauréates ont profité de leurs remerciements pour les sortir de l'oubli.

Virginie Efira a ainsi dédié son César à sa réalisatrice Alice Winocour, et "l'étendre" à d'autres, dont Rebecca Zlotowski ("Les enfants des autres", également absente des nominations).

"On ne sera ni de passage, ni un effet de mode !", a promis la cinéaste Alice Diop, César du meilleur premier film pour "Saint Omer".

Tonie Marshall reste à ce jour la seule femme à avoir reçu un César du meilleur réalisateur avec "Venus Beauté (institut)" (2000).

Noémie Merlant a eu une pensée pour toutes celles "qui aurait dû être célébrées". "Elles me manquent" a déclaré l'actrice, César du meilleur second rôle féminin pour "L'Innocent".

Dans une toute autre catégorie, la star américaine Brad Pitt a fait une apparition surprise pour remettre un César d'honneur à l'un des cinéastes qui a forgé son jeu, David Fincher ("Seven", "Fight Club"..).

"Je salue la culture du cinéma français, votre engagement pour un cinéma qui reflète ce que nous sommes de plus petit et de plus simple, et pas seulement nos aspirations héroïques quand on a enfilé des collants", a lâché Fincher.

Les César n'ont pas oublié l'Ukraine, évoquée par Louis Garrel (ce pays "vit une tragédie depuis un an maintenant à cause de cette guerre folle et criminelle"), ni l'Iran, par Golshifteh Farahani ("Choisissez ce régime ou nous, le peuple iranien").

Une activiste pour le climat, soutenant le collectif Dernière rénovation et arborant un T-shirt "We have 761 days left" (il nous reste 761 jours) a brièvement interrompu le début de la cérémonie, avant d'être sortie. Cette séquence n'a pas été diffusée sur Canal+, diffuseur des César.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".