«Le pop art, c'était trop facile»: à Sète, les leçons d'art et de vie de Martial Raysse

L'artiste français Martial Raysse pose devant son tableau intitulé «La Beauté» lors de la présentation de l'exposition consacrée à son oeuvre, le 12 mai 2014 au Musée national d'art moderne du Centre Pompidou à Paris. (AFP)
L'artiste français Martial Raysse pose devant son tableau intitulé «La Beauté» lors de la présentation de l'exposition consacrée à son oeuvre, le 12 mai 2014 au Musée national d'art moderne du Centre Pompidou à Paris. (AFP)
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Publié le Mardi 20 juin 2023

«Le pop art, c'était trop facile»: à Sète, les leçons d'art et de vie de Martial Raysse

  • «Pour moi, c'est le mal: un gros bête et méchant. La bêtise est toujours liée à la méchanceté», poursuit Martial Raysse lors d'une visite de presse
  • Martial Raysse s'est fait un nom dans les années 1960 en devenant l'une des figures du pop art français, réinterprétant joyeusement les oeuvres iconiques de la peinture classique

SETE: Discret depuis la rétrospective que lui a consacrée le Centre Pompidou en 2014, Martial Raysse expose depuis samedi ses oeuvres récentes dans le sud de la France, occasion pour l'un des doyens des peintres contemporains d'une méditation sur l'art et le monde.

"Je trouve le monde vraiment très violent et très affreux", explique l'artiste de 87 ans devant la statue de bronze haute de 2,45 m d'un homme nu et grimaçant, brandissant une longue hache, première de la centaine de ses oeuvres exposées au Musée Paul Valéry de Sète, dans l'Hérault.

"Pour moi, c'est le mal: un gros bête et méchant. La bêtise est toujours liée à la méchanceté", poursuit Martial Raysse lors d'une visite de presse.

L'exposition, qui s'est ouverte samedi dans ce musée niché sur la colline de Sète surplombant la Méditerranée, à côté de son célèbre cimetière marin, se tient jusqu'au 5 novembre.

Martial Raysse s'est fait un nom dans les années 1960 en devenant l'une des figures du pop art français, réinterprétant joyeusement les oeuvres iconiques de la peinture classique, telle la fameuse Odalisque d'Ingres.

Mais il s'est détaché de ce courant, auquel beaucoup le réduisent aujourd'hui encore, y compris sur le marché de l'art où il jouit d'une cote appréciable, pour aborder le dessin, la sculpture, la peinture, ou encore le cinéma, des formes d'expression "qui se vivifient entre elles", a souligné à ses côtés le directeur du musée Paul Valéry, Stéphane Tarroux.

«Courage, Martial»

"Le pop art, c'était trop facile à faire. En peinture, comme dans tous les métiers, il faut travailler. Je connais des balayeurs, quand ils balaient, ils dansent, et d'autres qui sont des brutes. Alors il faut danser, et pour danser, il faut travailler beaucoup", développe le peintre, qui reconnaît volontiers être un "moraliste".

"Il n'y a pas mystère: il faut regarder comment font les maîtres, et puis vous faites pareil", affirme également le natif de Golfe-Juan-Vallauris (Alpes-Maritimes), dont les toiles laissent transparaître des traits d'humour, tel son "Giotto renversé par un porc" de 1995.

Si les techniques ont évolué, Martial Raysse reste résolument attaché à l'art figuratif, portant peu dans son coeur le cubisme de Picasso et de Braque, l'abstraction de Mondrian et de Kandinsky ou les installations "des autres rigolos qui éparpillent des cailloux par terre".

Pour Raysse, "l'art n'a de sens que s'il devient un outil de compréhension de l'ordre des choses", dit d'ailleurs de lui, dans le riche catalogue de l'exposition, Stéphane Tarroux.

Quatre immenses compositions, jamais encore montrées au public --"La Peur", "La Tombée de la Nuit", "La Paix" et "Le Grand Jury"--, réalisées entre 2021 et 2023, illustrent sa vision d'un monde où beauté et mort se font face et où le bonheur et la tragédie ne sont jamais éloignés.

On s’attardera également sur un autoportrait de deux mètres de haut, datant de 2021, intitulé "Courage, Martial", montrant l'artiste le regard tourné vers l'avenir, les mains ouvertes au niveau de la ceinture, comme prêt à dégainer une fois de plus.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".