Si l'IA devait détruire l'humanité, comment s'y prendrait-elle ?

Le cauchemar, inspiré par d'innombrables films de science-fiction, débute lorsque les machines voient leurs capacités dépasser celles des humains et échappent à tout contrôle. (Photo, AFP)
Le cauchemar, inspiré par d'innombrables films de science-fiction, débute lorsque les machines voient leurs capacités dépasser celles des humains et échappent à tout contrôle. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 28 juin 2023

Si l'IA devait détruire l'humanité, comment s'y prendrait-elle ?

  • «A partir du moment où nous aurons des machines qui cherchent à survivre, nous aurons des problèmes», a récemment affirmé le chercheur canadien Yoshua Bengio, l'un des pères de l'apprentissage automatique
  • Un scénario moins évident prévoit que soit utilisée l'intelligence artificielle pour créer des toxines ou des nouveaux virus, dans le but de les répandre dans le monde

PARIS: L'intelligence artificielle menace l'humanité d'"extinction", préviennent des experts et entrepreneurs de ce secteur en plein essor, appelant à une prise de conscience. Mais ce scénario catastrophe encore lointain est-il crédible ?

Trombones de la mort 

Le cauchemar, inspiré par d'innombrables films de science-fiction, débute lorsque les machines voient leurs capacités dépasser celles des humains et échappent à tout contrôle.

"A partir du moment où nous aurons des machines qui cherchent à survivre, nous aurons des problèmes", a récemment affirmé le chercheur canadien Yoshua Bengio, l'un des pères de l'apprentissage automatique.

Selon une variante imaginée par le philosophe suédois Nick Bostrom, le moment décisif surviendra lorsque les machines sauront fabriquer elles-mêmes d'autres machines, provoquant une "explosion de l'intelligence".

Selon sa "théorie du trombone", si une IA avait par exemple pour but ultime d'optimiser la production de cet accessoire de papeterie, elle finirait par couvrir "d'abord la Terre puis des morceaux de plus en plus importants de l'Univers avec des trombones", illustre-t-il.

Nick Bostrom est un personnage controversé, après avoir affirmé que l'humanité pouvait être une simulation informatique, ou soutenu des théories proches de l'eugénisme. Il a aussi dû s'excuser récemment pour un message raciste envoyé dans les années 90, qui avait refait surface.

Pourtant, ses idées sur les dangers de l'IA restent très influentes, et ont inspiré à la fois le milliardaire Elon Musk, patron de Tesla et SpaceX, et le physicien Stephen Hawking, décédé en 2018.

Terminator 

L'image du cyborg aux yeux rouges de "Terminator", envoyé du futur par une IA pour mettre fin à toute résistance humaine, a particulièrement marqué l'inconscient collectif.

Mais selon les experts de la campagne "Stop Killer Robots" ("Non aux robots tueurs"), ce n'est pas sous cette forme que s'imposeront les armes autonomes dans les années à venir, écrivaient-ils dans un rapport en 2021.

"L'intelligence artificielle ne confèrera pas aux machines le désir de tuer des humains", rassure la spécialiste de la robotique Kerstin Dautenhahn, de l'université de Waterloo au Canada, interrogée par l'AFP.

"Les robots ne sont pas diaboliques", affirme-t-elle, tout en concédant que leurs développeurs pourraient les programmer pour faire du mal.

Armes chimiques 

Un scénario moins évident prévoit que soit utilisée l'intelligence artificielle pour créer des toxines ou des nouveaux virus, dans le but de les répandre dans le monde.

Un groupe de scientifiques qui utilisait l'IA pour découvrir de nouveaux médicaments a ainsi mené une expérience au cours de laquelle ils l'ont modifiée pour qu'elle recherche plutôt des molécules nocives.

En moins de six heures, ils ont réussi à générer 40 000 agents potentiellement toxiques, d'après un article de la revue Nature Machine Intelligence.

Grâce à ces technologies, quelqu'un pourrait enfin trouver le moyen de répandre plus rapidement un poison tel que l'anthrax, a déclaré Joanna Bryson, experte en IA à la Hertie School de Berlin.

"Mais ce n'est pas une menace existentielle, juste une arme épouvantable", dit-elle à l'AFP.

Une espèce dépassée 

Dans les films d'apocalypse, la catastrophe arrive soudainement et partout à la fois. Mais quid si l'humanité disparaissait progressivement, remplacée par des machines ?

"Dans le pire des cas, notre espèce pourrait s'éteindre sans successeur", anticipe le philosophe Huw Price dans une vidéo de promotion du centre pour l'étude des risques existentiels de l'université de Cambridge.

Il existe cependant des "possibilités moins sombres", où des humains augmentés par une technologie avancée pourraient survivre. "L'espèce purement biologique finit alors par s'éteindre", poursuit-il.

En 2014, Stephen Hawking avait argumenté que notre espèce ne serait plus un jour en capacité de rivaliser avec les machines, déclarant à la BBC que cela "sonnerait le glas de la race humaine".

Geoffrey Hinton, un chercheur qui tente de créer des machines ressemblant au cerveau humain, dernièrement pour Google, a évoqué en des termes similaires des "superintelligences" supérieures aux humains.

A la chaîne américaine PBS, il a affirmé récemment qu'il était possible que l'"humanité ne soit qu'une phase passagère dans l'évolution de l'intelligence".


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".