Biden contre Trump, une rude bataille pour le vote ouvrier

A Detroit, elle sera rude, la bataille que se livrent Donald Trump et Joe Biden pour le vote des ouvriers et de l'électorat populaire blanc (Photo d'illustration, AFP).
A Detroit, elle sera rude, la bataille que se livrent Donald Trump et Joe Biden pour le vote des ouvriers et de l'électorat populaire blanc (Photo d'illustration, AFP).
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Publié le Jeudi 28 septembre 2023

Biden contre Trump, une rude bataille pour le vote ouvrier

  • Joe Biden et Donald Trump se battent pour «séduire l'électorat ouvrier, en particulier blanc», qui sera décisif l'an prochain, analyse Jefferson Cowie
  • Boudant le débat des autres prétendants à la candidature républicaine, Trump se rend mercredi dans une petite usine automobile proche de Detroit

DETROIT: Comment on vote, quand on fabrique des voitures qu'on ne peut pas se payer? A Detroit, elle sera rude, la bataille que se livrent Donald Trump et Joe Biden pour le vote des ouvriers et de l'électorat populaire blanc.

"Acheter une nouvelle voiture, ce serait la moitié de mon salaire annuel", assène Curtis Cranford.

Cet ouvrier de 66 ans vient de serrer la main du président américain, qui s'est brièvement joint à un piquet de grève mardi, devant une usine General Motors à Belleville, dans la grande banlieue de Detroit (Michigan, nord-est).

Il a remercié Joe Biden pour sa venue, mais à cause de la transition énergétique qui "coûtera des emplois", et surtout à cause des positions démocrates sur l'avortement et l'immigration, il "votera probablement républicain" l'an prochain.

Et donc potentiellement pour Donald Trump, grand favori de la primaire du parti conservateur.

Boudant le débat des autres prétendants à la candidature républicaine, l'ancien président se rend mercredi dans une petite usine automobile proche de Detroit, qui n'est pas dans le giron du grand syndicat automobile, l'UAW.

Ce dernier a lancé une grève historique contre les trois grands constructeurs américains: General Motors, Ford et Stellantis.

Joe Biden et Donald Trump se battent pour "séduire l'électorat ouvrier, en particulier blanc", qui sera décisif l'an prochain, analyse Jefferson Cowie, professeur à l'université Vanderbildt, dans un entretien avec la radio NPR.

"Seront-ils séduits par la rhétorique habituelle de Trump, notamment autour de la race et du nationalisme? Ou verrons-nous un mouvement davantage tourné vers (...) la vision un peu rooseveltienne de Biden, c'est vraiment la question centrale", résume-t-il.

Joe Biden, qui mise énormément sur le soutien des syndicats, et qui vante à la moindre occasion ses grands plans de relance en faveur de la classe moyenne, est désormais le premier président américain à avoir jamais rejoint un piquet de grève.

En empoignant un mégaphone pour encourager les grévistes, le démocrate de 80 ans a voulu frapper un grand coup dans la campagne pour sa réélection.

Carolyn Nippa, 51 ans dont 26 ans à travailler pour GM, n'en revient toujours pas de l'avoir salué: "C'était surréaliste."

«Cuits»
"Je ne suis pas pour Trump. Je le dis tout net. Je pense qu'il a travaillé pour les multinationales et les milliardaires", déclare cette ouvrière, qui a changé plusieurs fois d'usines au gré des fermetures de sites.

"Si je ne gagne pas l'élection, les ouvriers de l'automobile sont cuits", a pour sa part assuré l'ancien président sur son réseau Truth Social.

Arrivé bien en avance à l'usine où parlera mercredi soir le ténor républicain, Gerry Henley, un machiniste de 33 ans, confie son désir de voir l'ex-président revenir à la Maison Blanche.

Si Trump gagne, dit-il, "je vois déjà les baisses d'impôt". Alors que, actuellement, "je regarde mon bulletin de salaire et je me demande: où est passé mon argent? Ils l'envoient tout simplement en Ukraine".

Alors, Joe Biden ou Donald Trump, lequel est le champion des ouvriers?

"C'est difficile à dire", souffle Kristy Zometsky, 44 ans, qui travaille elle aussi dans cette usine de pièces détachées de General Motors, comme son père et son oncle avant elle.

"Cette grève ce n'est pas vraiment une affaire politique", assure l'ouvrière.

Ses préoccupations sont les mêmes que celles de tous les grévistes rencontrés: la vie trop chère, les salaires qui ne suivent pas, malgré les sacrifices consentis en 2009 pour renflouer les multinationales.

C'est à ce moment, lors de la grande crise économique et financière, que Sarah Polk s'est demandé: "Mais qui nous soutient vraiment?"

Cette graphiste de 53 ans, rencontrée au centre de Detroit, n'est pas ouvrière dans l'automobile, mais, en tant qu'employée de l'assureur Blue Cross, n'en est pas moins syndiquée auprès de l'UAW, et donc gréviste.

La venue de Biden, comme de Trump, "c'est une opération de comm", dit cette mère de trois enfants, dont elle s'occupe seule, avec "toujours un mois de retard" pour payer ses factures.

Comme électrice, avant, elle "était plutôt démocrate". Elle voterait bien pour Robert F. Kennedy Junior ou Marianne Williamson, deux candidats qui n'ont aucune chance ou presque de figurer sur le bulletin de vote de novembre l'an prochain.

Alors, qui aura sa voix en 2024? "Je ne sais pas."


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.