Comment les Saoudiens concilient-ils travail et spiritualité pendant le ramadan ?

Les musulmans concilient travail et spiritualité pendant le mois sacré du Ramadan. (SHUTTERSTOCK)
Les musulmans concilient travail et spiritualité pendant le mois sacré du Ramadan. (SHUTTERSTOCK)
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Publié le Lundi 10 mars 2025

Comment les Saoudiens concilient-ils travail et spiritualité pendant le ramadan ?

  • Les prières supplémentaires et le temps passé en famille restent des objectifs clés.
  • Faire de l'exercice est également une priorité pour beaucoup.

RIYAD : Si les heures de travail sont plus courtes, les listes de tâches à accomplir sont plus longues pendant le Ramadan, incluant les obligations familiales, les prières supplémentaires et les événements culturels attrayants. Il peut donc être difficile de trouver un équilibre stable pendant le mois sacré.

Plusieurs personnes ont fait part à Arab News de leur expérience et de leur approche de l'équilibre entre travail et spiritualité.

Raghad Altamimi, technologue créatif, explique que les premiers jours ont été « un mélange de spiritualité, de calme et de temps de qualité avec la famille et les amis ».

« En même temps, il a fallu expérimenter pour trouver la bonne routine et l'équilibre.

Mme Altamimi a adapté sa routine quotidienne en se réveillant une heure avant la prière obligatoire du matin, Fajr.

Cela lui permet d'accomplir la prière non obligatoire Qiyam Al-Layl (qui signifie littéralement « se tenir debout pendant la nuit »), de déguster un jus d'orange glacé et de se préparer pour la journée.

« Caféinée par le matcha, j'en profite pour lire, tenir un journal ou rattraper les cours avant de me rendre au travail vers 10 heures », explique-t-elle.

Après le travail, elle se prépare pour l'iftar avec sa famille.

Ils ont pris l'habitude de faire ensemble une promenade de 10 minutes dans le quartier après la rupture du jeûne, puis de se rendre à la salle de sport avant de s'arrêter vers 21 heures.

« Les gens trouvent ma routine inhabituelle, mais je suis prête à prendre le risque de consommer du jus d'orange et du matcha tôt le matin. Je fais souvent des siestes au hasard de la journée, parfois le matin, parfois en rentrant du travail. »

Au cours du mois, elle prévoit également d'approfondir ses connaissances religieuses, comme le tafseer, ou l'explication des versets du Coran.

« Mon objectif est de lire un juz'un (chapitre) par jour, mais en me concentrant vraiment, en absorbant sa signification plutôt qu'en lisant juste pour le plaisir de finir.

Elle tient également à affiner son comportement en pratiquant davantage d'actes de charité et de bonté, et espère poursuivre dans cette voie au-delà du mois.

« Le plus grand défi est la gestion de l'énergie. Lorsque l'on rentre du travail, on est épuisé et il est difficile de s'engager pleinement dans des pratiques spirituelles.

Le temps est compté et il est facile d'avoir l'impression qu'il n'y a pas assez d'heures pour concilier les deux engagements.

La clé réside dans la structuration de votre journée autour de ce qui compte vraiment pour vous. Pour moi, cela passe par ma routine matinale... Pour quelqu'un d'autre, cela peut être des réunions tardives ou des prières prolongées.

Il n'y a pas de bon ou de mauvais horaire, mais le fait de consacrer du temps à la spiritualité, aussi minime soit-il, peut complètement transformer la façon dont vous vivez le Ramadan. C'est un mois d'intention, alors quoi que vous fassiez, faites-le avec du sens. »

Mais certains ont un emploi du temps plus rigide que d'autres. Ali Saqqaf, infirmier, travaille par équipes de 12 heures et ne bénéficie pas de la réduction de six heures accordée aux autres travailleurs.

« Je me lève donc à 6 heures pour être au travail à 7 heures précises et je travaille la plupart du temps jusqu'à l'heure de l'iftar.

« Je prends un petit repas au travail, puis je rentre chez moi vers 20 heures. J'ai peu de temps pour ma famille et moi-même, puis je prends un repas plus copieux avant d'aller me coucher - pas de sahoor pour moi, car si je me lève, je ne dormirai pas à nouveau.

Son objectif est de lire l'intégralité du Coran ce mois-ci, et il essaie donc de consacrer des temps morts à cette tâche pendant ses heures de travail.

Sara Teymoor, chef d'entreprise et fondatrice de l'entreprise de mode d'occasion AMUSED, commence elle aussi sa journée à 6 heures du matin, et son emploi du temps est essentiellement consacré à son fils.

Après l'avoir emmené à l'école le matin, elle accomplit son propre travail jusqu'à ce qu'il soit temps d'aller le chercher vers 13 heures.

Elle consacre une plus grande partie de son travail pendant la sieste de de son fils l'après-midi, après quoi elle passe plus de temps avec lui ou fait de l'exercice. Elle essaie de s'entraîner trois ou quatre fois par semaine, en mélangeant des exercices de musculation et de cardio.

Après l'iftar et le coucher de son fils vers 20 heures, elle rattrape ses prières et ses lectures, et se couche à 22 heures.

« Cette année, je me concentre sur deux objectifs essentiels : veiller à prier à temps et prendre soin de mon corps et de mon esprit.

« Je n'ai pas toujours fait cela pendant le ramadan, mais cette année, c'est vraiment important pour moi, car j'ai beaucoup à faire : gérer une entreprise, avoir un enfant en bas âge, (gérer) la maison, les obligations familiales et amicales », a-t-elle déclaré avec assurance.

Elle a partagé un conseil précieux : donner la priorité à l'essentiel, et elle est convaincue que la spiritualité doit occuper une place centrale dans la vie de chacun, sous quelque forme que ce soit.

« Depuis que j'ai eu un fils, j'ai lutté avec le sentiment de ne pas en faire assez sur le plan spirituel, mais je sais aussi qu'élever un enfant est un travail spirituel en soi, et qu'être mère est sans aucun doute une expérience et un voyage spirituels.

« Je suis intimement convaincue que Dieu est d'une compréhension et d'une indulgence infinies, et qu'il ne cherche pas à nous causer des difficultés.

« Il veut nous donner de l'aisance dans notre vie, et c'est précisément pour cette raison que je me rappelle constamment à quel point il est miséricordieux. Cela m'aide à être moins dur avec moi-même », a déclaré Teymoor avec assurance.

Mohammad Al-Lahham, chef de projet chez JJG, a déclaré que le jeûne était plus facile après les premiers jours. Comme beaucoup, il s'efforce d'avoir un emploi du temps minimal pendant le ramadan.

Après le travail, il se consacre à la lecture jusqu'au coucher du soleil, puis il se rend dans son studio d'enregistrement.

« Il se trouve que je suis souvent invité à l'iftar, à des événements sociaux, à des clubs de lecture, par des musiciens et d'autres communautés ici, alors jour après jour, j'obéis et je vais à l'iftar avec eux », a-t-il déclaré avec assurance.

Il est déterminé à cultiver sa discipline, aussi bien sur le plan physique que mental. « Cela m'aide à maîtriser ma colère et à exprimer mes pensées avec une grande sagesse, au lieu de blesser ceux qui m'entourent.

Je suis convaincu que l'acte d'adoration élève mon niveau de spiritualité et me permet de me libérer des tourments de la terre.

Il donne le conseil aux autres de pratiquer également la discipline, ce qui, selon lui, peut être réalisé par le jeûne.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".