« Vessel of Wreckage » : Basmah Felemban expose à Riyad sur le thème de l’identité et de la mémoire

"Je vois cette œuvre comme une ancienne machine utilisée par les poissons-chats pour collecter des données en écoutant les appels à la prière des pays situés autour de la mer Rouge. En les écoutant, les poissons peuvent mesurer les distances, étudier l'eau, etc". (Photo AN)
"Je vois cette œuvre comme une ancienne machine utilisée par les poissons-chats pour collecter des données en écoutant les appels à la prière des pays situés autour de la mer Rouge. En les écoutant, les poissons peuvent mesurer les distances, étudier l'eau, etc". (Photo AN)
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Publié le Vendredi 30 mai 2025

« Vessel of Wreckage » : Basmah Felemban expose à Riyad sur le thème de l’identité et de la mémoire

  • "À la maternelle, j'avais l'habitude de dire aux gens que j'étais une princesse parce que j'étais habituée à la famille al-Saud et à l'Arabie saoudite, et je me disais que puisque je suis Felemban de Palembang, je dois être une princesse »
  • En grandissant, Felemban pensait qu'ils n'avaient pas de famille saoudienne, jusqu'à ce que son frère découvre par hasard qu'ils avaient des cousins en ville

RIYAD: L’œuvre de l’artiste saoudienne chevronnée Basmah Felemban invite à la réflexion. Dans sa nouvelle exposition personnelle, « Vessel of Wreckage », présentée à la galerie ATHR de Riyad jusqu’au 26 juin, elle mêle des éléments profondément universels à une expression artistique résolument personnelle, sincère et authentique.

"Au cours des cinq ou six dernières années, ma pratique a consisté à enquêter sur les racines de ma famille indonésienne et - un peu comme si je m'étais mis à la science-fiction - à donner des explications imaginaires aux raisons pour lesquelles ils sont venus d'Indonésie en Arabie saoudite, parce que je n'ai pas réussi à faire des recherches factuelles", a confié Felemban, qui vit et travaille entre Londres et Djeddah, à Arab News.

« Quand ma famille a-t-elle déménagé ? C'est l'un des mystères - une partie du mythe de la famille. Je n'en ai aucune idée. Je dirais que mon grand-père est venu en Arabie saoudite pour travailler, probablement dans les années soixante-dix. Mais j'ai appris que Felemban, notre nom de famille, vient d'une île appelée Palembang. À la maternelle, j'avais l'habitude de dire aux gens que j'étais une princesse parce que j'étais habituée à la famille al-Saud et à l'Arabie saoudite, et je me disais que puisque je suis Felemban de Palembang, je dois être une princesse », a-t-elle expliqué. 

En grandissant, Felemban pensait qu'ils n'avaient pas de famille saoudienne, jusqu'à ce que son frère découvre par hasard qu'ils avaient des cousins en ville.

« Je me suis rendu compte que nous avions une grande famille ici, mais aucun véritable lien avec elle. Et cela fait aussi partie du mythe et de l’histoire de notre famille. Une fois que j’ai compris cela, j’ai réalisé qu’il importait peu que nos identités soient entièrement réelles ou non. Je ne pense pas que ma famille ait voulu mentir intentionnellement. Je crois simplement qu’elle pensait que c’était la vérité, » a-t-elle raconté. 

Tout cela fait partie de la construction du monde de Felemban.

Je pense qu'au Hejaz en général, les gens venaient de partout et qu'il y avait tout un parapluie sous lequel nous voulions nous identifier en tant que "Saoudiens" pour de nombreuses années. Si vous me parlez de quelque chose d'indonésien, je n'en ai aucune idée, parce que ma famille s'est vraiment assimilée", dit-elle, ajoutant qu'elle espère se rendre bientôt en Indonésie.

« Je ne dirais pas que j'ai l'impression de faire partie d'une diaspora, même si c'est le cas dans les faits. Mais je pense que l'Arabie saoudite est un cas très spécifique et particulier en termes d'identité. J'ai l'impression de m'intéresser davantage à l'histoire de la famille et aux raisons pour lesquelles ses liens sont ainsi », s’est-elle demandée. 

"Je n'ai pas grandi dans un environnement où notre histoire était bizarre", ajoute-t-elle. "Même mes amis bédouins sont encore éloignés de leur lieu d'origine.

Felemban nous parle ici de plusieurs œuvres de l'exposition.

« Il y a cinq fenêtres de bateau qui donnent sur cinq sujets différents sur lesquels j'ai fait des recherches, des faits aux histoires de science-fiction absurdes. Il s'agit de vidéos collectées sur YouTube - des trous de lapin dans lesquels je suis tombée. J'aime beaucoup documenter mes recherches et mes notes, et mon travail se développe alors comme une carte mentale - je relie des mots et j'essaie ensuite de relier des concepts entre ces mots et ces images. La première fenêtre commence par un documentaire de propagande sur l'histoire coloniale de l'Indonésie et son impact sur les danses et la musique folkloriques. Vient ensuite une scène sur laquelle repose une grande partie de mon univers : des pèlerins indonésiens récitant un chant religieux sur le prophète », a-t-elle révélé. 

« J'ai réalisé qu'un autre lien entre l'Indonésie et l'Arabie saoudite était le poisson-chat, une autre créature mythique. Il y a quelques années, les gens ont réalisé qu'il y avait beaucoup d'énormes poissons-chats dans le Wadi Hanifa et ils ont commencé à se demander comment ils étaient arrivés ici. J'aime ce mythe. En Indonésie, le poisson-chat est un atout considérable, mais il a aussi des connotations négatives », a-t-elle précisé. 

« Le poisson du sol »

fish

Cette œuvre traite du mythe du poisson-chat. Il s'agit d'une espèce envahissante qui a tendance à être très vicieuse et à s'adapter très rapidement. Ainsi, en moins de quelques centaines d'années, le poisson-chat est passé de la nage à la capacité de "marcher", presque sur la terre ferme. C'est probablement de là que vient le terme "pêche au chat".

« Wave Catcher »

wave

« Lorsque j'ai été contacté par la Biennale des arts islamiques (en 2023), je me suis dit : Mon travail est assez futuriste, très coloré et numérique, alors comment l'intégrer ? Je vois cette œuvre comme une ancienne machine utilisée par les poissons-chats pour collecter des données en écoutant les appels à la prière des pays situés autour de la mer Rouge. En les écoutant, les poissons peuvent mesurer les distances, étudier l'eau, etc. Cette idée était basée sur des recherches effectuées lors de conférences données par des scientifiques », a-t-elle affirmé. 

Le Gömböc, la tortue et l'évolution des formes

tortue

« Il s'agit d'un jeu basé sur une conférence donnée par un scientifique. Si vous mettez un casque, vous pouvez entendre la conférence et lorsque vous atteignez le sommet de cette montagne de poissons, il y a une pièce où se trouve une table qui existait également dans la conférence et avec laquelle vous pouvez interagir. C'est un jeu vidéo que j'ai créé avec mon mari. Il est économiste et m'aide donc beaucoup à conceptualiser ce que pourraient être les données - c'est l'aspect un peu geek de mon travail. C'est très expérimental et un peu loufoque - dans le meilleur sens du terme ! » a détaillé Felemban. 

Série « Elemental Sprite »

elemental

« Ces œuvres d'IA - "Sphere", "Rod", "Disc" et "Blade" (présentées ici) - sont basées sur certaines des mêmes recherches que "Wave Catcher", qui est une sorte d'étude mathématique des cailloux et de la façon dont les cailloux changent dans la nature. Mais aussi, si vous scannez l'un des carrés, il s'anime. Je suis un artiste numérique dans l'âme et l'IA m'intéresse beaucoup, mais je dois dire que je n'utilise pas l'IA dans les moteurs ; j'utilise une sorte d'"IA hors ligne". J'utilise les modules eux-mêmes, les interfaces. Tous les six mois, la qualité de l'IA change complètement parce qu'elle se développe vraiment, et j'en apprends davantage aussi. Il s'agit presque d'une documentation sur ma courbe d'apprentissage et sur la technologie elle-même » a-t-elle confié. 

Avant l'asphalte

asphalte

Ce sont des photos que j'ai volées à mon père avant qu'il ne décède. Il travaillait à la municipalité et ces photos datent des années 90. Elles documentent certains des nids-de-poule de Djeddah. J'aime considérer la ville comme une galaxie et les nids-de-poule comme des portails. Le jaune ressemble à de la bave - je suis vraiment une fille de dessin animé et cela ressemble à de la boue des Tortues Ninja (Teenaged Mutant). Je pense qu'il réapparaîtra peut-être dans une autre œuvre et que j'approfondirai cette idée de portail.
 


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".