Deux voyages, une seule destination : le pèlerinage à La Mecque à travers le regard des jeunes et des personnes âgées

The paradox of Hajj 2025, where generations decades apart walk the same sacred path in remarkably different ways. (Abdulrahman bi Shalhoub)
The paradox of Hajj 2025, where generations decades apart walk the same sacred path in remarkably different ways. (Abdulrahman bi Shalhoub)
The paradox of Hajj 2025, where generations decades apart walk the same sacred path in remarkably different ways. (Abdulrahman bi Shalhoub)
The paradox of Hajj 2025, where generations decades apart walk the same sacred path in remarkably different ways. (Abdulrahman bi Shalhoub)
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Publié le Mardi 10 juin 2025

Deux voyages, une seule destination : le pèlerinage à La Mecque à travers le regard des jeunes et des personnes âgées

  • Mina était animée ces derniers jours par les pas de millions de personnes, mais chaque pèlerin racontait une histoire différente.
  • Des personnes de générations différentes, séparées par plusieurs décennies, empruntent le même chemin sacré.

MINA : Mina était animée ces derniers jours par les pas de millions de personnes, mais chaque pèlerin racontait une histoire différente. Certains avaient attendu des décennies pour vivre ce moment, tandis que d'autres le capturaient en temps réel.

Dans la ville de tentes de Mina, deux pèlerins se reposaient côte à côte : l'un reprenait son souffle, l'autre prenait un selfie. L'un consultait les heures de prière sur son smartphone, l'autre ajustait la sangle de sa sandale orthopédique. L'un s'appuyait sur une canne, l'autre survolait les écrans. Mais tous deux portaient le même ihram blanc et suivaient les mêmes étapes.

C'était le paradoxe du hadj 2025 : des générations séparées par plusieurs décennies parcouraient le même chemin sacré de manière remarquablement différente. Ils ne partageaient aucune langue commune, si ce n'est celle, tacite, de la foi.

Pour Moinuddin, 73 ans, originaire du Pakistan, le pèlerinage était un rêve longtemps attendu, gravé dans son cœur après des décennies de supplications.

Il a déclaré : « J'ai ce désir et je demande à Dieu de m'aider à trouver le courage et la force d'accomplir ce Hajj pour l'Isaal-e-Sawaab,offrande de récompenses spirituelles, pour ma mère. » 

Il s'arrêtait souvent, non seulement pour se reposer, mais aussi pour réfléchir — à Arafat, à Muzdalifah et entre les piliers de Jamarat.

Quelques rangées derrière lui, Mustafa, 22 ans, originaire du Danemark, documentait son pèlerinage à l'aide de clichés rapides et de clips vidéo. Il avait emporté un appareil photo pour immortaliser ces moments pour ses amis et sa famille restés au pays. Il a déclaré : « Je suis reconnaissant d'être venu ici en tant que jeune. Je vois beaucoup de personnes âgées et c'est difficile ; il faut beaucoup travailler. »

Alors que Mustafa s'appuyait sur la navigation numérique pour suivre son groupe, Moinuddin s'appuyait doucement sur l'épaule d'un jeune compagnon. Les deux pèlerins ont enduré le même soleil, les mêmes foules et les mêmes rituels puissants, mais le prisme à travers lequel ils ont vécu le pèlerinage était façonné par leur étape dans la vie.

Comme la majorité des pèlerins étaient âgés, beaucoup sont arrivés en fauteuil roulant, avec des déambulateurs ou avec le soutien de toute leur famille. Leur présence était traitée avec respect : les bénévoles leur offraient volontiers de l'eau, des éventails et des prières silencieuses à leur passage.

En revanche, la jeune génération a apporté un rythme différent : celui de la documentation, de la découverte, de l'engouement pour le numérique, avec des codes QR aux points de contrôle, des applications de traduction en temps réel et des guides virtuels, rendant le pèlerinage de cette année plus accessible que jamais.

Mais au-delà de la technologie, les jeunes pèlerins ont su savourer des moments de calme.

Ce qui lie les deux extrémités du spectre d'âge, c'est l'abandon brut et partagé à quelque chose de plus grand. Dans un espace où la nationalité, le statut et la langue s'estompent, l'âge s'estompe également. Que l'on ait 18 ou 81 ans, on se tourne toujours vers la même qibla. 

À Mina, où l'on lançait des cailloux en signe de défi symbolique contre l'ego, un jeune homme a gentiment soutenu le bras d'un vieil homme avant de lancer les siens. Un échange discret, mais qui en disait long.

Alors que les pèlerins ont fait une dernière fois le tour de la Kaaba avant de partir, la distance entre les générations s'est encore estompée. Certains marchaient rapidement, d'autres étaient poussés doucement dans des fauteuils roulants, mais tous ont accompli le même Tawaf Al-Wadaa (tawaf d'adieu).

Au final, le voyage ne s'est pas mesuré en pas ou en vitesse, mais en abandon. Et dans la vallée de La Mecque, tous les pèlerins parlaient cette langue. 

 


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.