Russie: contesté en ligne, le pouvoir vise TikTok et YouTube

Vue générale du bâtiment TikTok, à Culver City, Californie, le 17 novembre 2020. (VALERIE MACON / AFP)
Vue générale du bâtiment TikTok, à Culver City, Californie, le 17 novembre 2020. (VALERIE MACON / AFP)
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Publié le Samedi 23 janvier 2021

Russie: contesté en ligne, le pouvoir vise TikTok et YouTube

  • YouTube est devenue la plateforme privilégiée par de nombreux jeunes Russes pour s'informer. Les vidéos de star du web comme Iouri Doud, connu pour ses documentaires coup-de-poing, ou d'Alexeï Navalny, y connaissent des succès souvent croissants
  • La Russie bloque déjà avec un succès variable nombre de sites d'opposition ou ayant refusé de coopérer avec les autorités, comme la plateforme vidéo Dailymotion ou le réseau social LinkedIn

MOSCOU: Deux univers parallèles coexistent en Russie: les médias traditionnels - notamment télévisés - maîtrisés par le Kremlin et un internet où gronde la contestation contre les autorités, qui tentent dès lors de contenir voire remplacer les plateformes jugées dangereuses.

"I'm an American!", tonne en anglais la jeune Russe "Neurolera" sur la plateforme chinoise TikTok. Dans sa petite vidéo, elle explique comment se faire passer pour une touriste et éviter l'arrestation lors des manifestations de samedi, annoncées en soutien à l'opposant emprisonné Alexeï Navalny. 

Ces conseils décalés ont été vus plus d'un demi-million de fois, tandis que de multiples appels à manifester totalisent des centaines de millions de visionnages sur cette plateforme prisée des adolescents. 

Autre exemple marquant: la vaste enquête de M. Navalny accusant le président russe de s'être fait construire un palais fastueux. Cette vidéo a été visionnée plus de 60 millions de fois sur YouTube entre mardi et vendredi. 

YouTube est devenue la plateforme privilégiée par de nombreux jeunes Russes pour s'informer. Les vidéos de star du web comme Iouri Doud, connu pour ses documentaires coup de poing, ou d'Alexeï Navalny, y connaissent des succès souvent croissants. 

En réaction, les autorités ont commencé ces dernières années à donner un tour de vis sur le "runet" (internet russe) au nom de la lutte contre l'extrémisme, le terrorisme et la protection des mineurs. Des concepts fourre-tout selon les détracteurs du régime, qui y voient des tentatives de censure.

La Russie s'est en outre dotée en 2019 d'une loi pour le développement d'un internet souverain. Les autorités démentent vouloir bâtir un réseau national sous contrôle, comme c'est le cas en Chine, mais c'est exactement ce que craignent ONG et opposants.

Amendes et échecs

Le gendarme russe des télécommunications Roskomnadzor a réagi cette semaine à la vague de contenus pro-Navalny en menaçant les réseaux sociaux d'amendes au nom de la protection des moins de 18 ans.

A la veille de la manifestation, il a indiqué que TikTok avait "supprimé 38% des informations impliquant des mineurs dans des actions illégales dangereuses", ajoutant que VKontakte -- le Facebook russe -- avait effacé 50% de ces messages, Instagram 17% et YouTube 50%.

Pour sa part, Facebook qui détient Instagram a affirmé ne s'être pas plié à l'exigence des autorités.

"Comme ce contenu ne va pas à l'encontre de nos standards de la communauté, il reste sur notre plateforme", a déclaré une porte-parole de Facebook dans un commentaire envoyé à l'AFP vendredi soir.

L'amende, pour les plateformes ne respectant pas la loi, peut aller jusqu'à 4 millions de roubles (43.880 euros au taux actuel), selon Roskomnadzor. 

La Russie bloque déjà avec un succès variable nombre de sites d'opposition ou ayant refusé de coopérer avec les autorités, comme notamment le réseau social LinkedIn.

Mais interdire complètement YouTube, qui appartient à Google, semble plus compliqué. 

"Roskomnadzor n'a pas beaucoup de fonds", affirme Artiom Kozliouk, directeur de l'association de défense des libertés numériques Roskomsvoboda, "ils n'ont pratiquement aucun levier".

"Il est difficile de faire pression sur les réseaux sociaux occidentaux : en faisant des concessions à un régime politique, un coup serait porté à leur réputation à l'échelle mondiale", ajoute-t-il.

Concurrents locaux 

Dans le cas de TikTok, si les démarches pourraient être facilitées par une proximité avec la Chine, experte en matière de censure d'internet, Moscou se heurte néanmoins à une méconnaissance de ce réseau social populaire chez les plus jeunes.

La chaîne d'Etat RT rapportait mercredi que des cours seraient proposés aux fonctionnaires sur la compréhension de l'argot des adolescents et des sites comme TikTok.

L'année dernière, déjà, la Russie n'avait pas réussi à interdire la messagerie cryptée Telegram, après des mois de tentatives de blocage infructueuses.

Par conséquent, les autorités ambitionnent de bâtir des concurrents locaux, à l'instar de "RuTube", appartenant à la holding Gazprom-Media (contrôlée par le géant gazier russe), une plateforme vidéo qui présente des contenus aseptisés.

Jusqu'ici, le site fait pâle figure à côté de YouTube. 

Mais Gazprom-Media, désormais dirigée par Alexandre Jarov, ancien chef de Roskomnadzor, a annoncé qu'en 2021-2022, elle moderniserait RuTube et lancerait un "TikTok russe" développé avec le soutien de la fondation Innopraktika, dirigée par Katerina Tikhonova, fille présumée de Vladimir Poutine.

Mais selon Artiom Kozliouk, après plus de vingt ans d'internet libre, ces efforts arrivent bien trop tard. Les autorités ont "raté leur chance", dit-il. 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.